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ANALYSE DE LA COSA NOSTRA ITALO-AMÉRICAINE - PARTIE 1

14 Mars 2015 , Rédigé par Xav Publié dans #Divers

ANALYSE DE LA COSA NOSTRA ITALO-AMÉRICAINE - PARTIE 1

A la fin des années 1960, la justice Américaine était dans l’impasse, et ne savait plus quoi faire pour lutter contre les familles de la Cosa Nostra. Il faut dire qu’à cette époque, le FBI était encore dirigé par John Edgar Hoover jusqu’à sa mort en 1972, et la lutte contre les familles de la Cosa Nostra n’était pas en réalité sa priorité. Les Parrains des différentes organisations géraient leurs familles d’une main de fer et engendraient des millions de dollars par an, grâce au racket et aux meurtres. La puissance des ces organisations criminelles étaient tellement forte que le gouvernement décida de lancer son arme secrète, la loi RICO. Crée spécialement pour lutter et démanteler le crime organisé et en particulier les familles de la Cosa Nostra. Cette loi définit le racket d'une manière très large en englobant le meurtre, l'enlèvement, le jeu etc... Le fait qu’un individu appartient à une entreprise criminelle, constitue un crime sous la loi RICO, et de ce fait les Parrains des différentes familles qui étaient tellement intouchables autrefois, peuvent désormais être condamnés pour des charges fédérales commises par leurs différents Soldats. Une fois que la loi RICO est devenue une loi fédérale au début des années 1970, les familles mafieuses qui étaient très bien implantées dans la plupart des Etats Américains, ont commencé à subir une pression considérable de la part de la justice Américaine. Les Parrains de la Cosa Nostra qui avaient structurés leur famille de façon très hiérarchisée pour éviter les condamnations, ont du revoir leur méthode de fonctionnement pour éviter des arrestations massives au sein de leur organisation. Une famille de la Cosa Nostra fonctionne de façon pyramidale. Le Parrain qui se trouve tout en haut de cette pyramide, supervise les activités criminelles de sa borgata, accompagné d’un Underboss et d’un Consigliere. En dessous, plusieurs Capitaines qui sont dispatchés dans plusieurs secteurs, gèrent quant-à eux les Soldats, les membres initiés de cette organisation, qui eux supervisent les Associés, les membres non-initiés, qui ne sont pas obligatoirement d’origine Italienne, et qui peuvent être plusieurs centaines. Les membres initiés prêtent serment d’allégeance à l’organisation, respectant des règles très strictes, qui peuvent être, si elles ne sont pas honorées, entrainer la mort sans le moindre avertissement. En agissant de manière pyramidale, les Soldats qui sont en bas de l’échelon, protègent ainsi leurs supérieurs de toutes poursuites pouvant les faire condamner à de lourdes peines de prison. L’avantage d’une loi fédérale pouvant entrainer des importantes condamnations et que la Cosa Nostra a vu la plupart de ses membres commencer à collaborer avec la justice Américaine, ce qui entraina une meilleure connaissance de cette Mafia, jugée encore impénétrable il y a encore des dizaines d’années. Dans les années 1980, la Cosa Nostra a subi deux grosses déconvenues, qui démontra que cette Mafia était de plus en plus hermétique. Pendant plusieurs années, l’agent du FBI, Joseph D. Pistonne, infiltra deux familles de la Cosa Nostra. Il commença son infiltration par l’intermédiaire de Jilly Greca de la famille Colombo, puis par la suite avec Benjamin « Lefty » Ruggiero, de la famille Bonanno, jusqu'à être à la porte de devenir un membre initié de la Cosa Nostra. Sa mission une fois révélée par les autorités judiciaires, entraina une série de meurtres au sein de la famille Bonanno, ces derniers voulant effacer la honte de s’être fait infiltrer pendant des années par un agent fédéral. Cette opération fut un énorme coup de massue pour la famille mafieuse, qui perdit par la suite sa place dans la Commission, (Organe comprenant les différents chefs de la Cosa Nostra aux États-Unis, qui règlent les affaires des différentes familles implantées et encore actives). En 1985, les inculpations dans le procès dit de « La Commission » furent aussi dévastatrices pour la Cosa Nostra, car pour la première fois dans l’histoire de la Mafia Américaine, les différents Parrains des cinq familles de New-York, accompagnés de leur bras droit furent inculpés et condamnés à des longues peines de prison, mettant ainsi fin au mythe du Parrain intouchable, trônant en haut de la pyramide et qui ramassait des millions de dollars grâce au meurtre et au racket. La famille Bonanno qui venait de subir de nombreuses arrestations face à l’opération Donnie Brasco, fut curieusement épargnée par cette enquête et en profita pour se réorganiser tranquillement, une grossière erreur de la part de la justice Américaine. Ces déconvenues ont poussé les différentes familles à changer de manière très stricte le « recrutement » des nouveaux membres initiés. Les futurs Soldats sont aujourd’hui triés sur le volet, mais cela n’empêche pas certains de devenir très rapidement des collaborateurs de justice. Car le problème est qu’une ancienne génération de mafieux, de la vieille école, a été remplacés par une nouvelle génération, moins susceptible de suivre à la lettre les règles de la Cosa Nostra. Au début des années 1990, la famille Gambino par l’intermédiaire de John Gotti, le Parrain emblématique qui fit la couverture du « Times », décida de « changer » l’image de cette organisation criminelle. Les conséquences pour la famille Gambino furent dramatiques et entraina la chute de John Gotti, mais aussi de plusieurs de ses membres en raison du témoignage de son ancien Underboss, Salvatore « Sammy The Bull » Gravano. La Cosa Nostra, cette organisation qui « vivait » dans l’ombre, n’avait pas l’habitude d’être exposée en plein jour, sous le feu des projecteurs et il fallut attendre la fin de « l’ère Gotti » pour que la famille Gambino puisse reprendre de sa « splendeur d’antan ». Comment ces familles mafieuses qui ont subi pendant des années des attaques répétées du gouvernement fédéral ont pu au jour d’aujourd’hui se reconstruire ? La raison est simple. La Cosa Nostra a su se restructurer petit à petit en profitant allégrement de la baisse des effectifs destinée à sa surveillance, transféré vers le contrôle du terrorisme international. La plupart des familles de la Cosa Nostra ont su s’adapter très facilement aux nouvelles méthodes de racket et sont devenues de plus en plus cloisonnées, pour éviter que la hiérarchie soit affectée par les arrestations. Par exemple, quand Joaquin Garcia, un agent spécial du FBI qui infiltra pendant les années 2000, la famille Gambino et le Capitaine Gregory « Greg » DePalma sous le pseudonyme de Jack Falcone, il raconta que les autres Capitaines (plus d’une dizaine au total) n’étaient pas au courant des activités criminelles des différentes équipes. Cette technique orchestrée par les nouveaux Parrains évitent de ce fait que si un mafieux décidait de collaborer, les informations soient extrêmement limitées.

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