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LE CONSIGLIERE DE LA FAMILLE BONANNO DEMANDE L'ABANDON DES POURSUITES

26 Janvier 2019 , Rédigé par Xav Publié dans #Bonanno

John Zancocchio
John Zancocchio

Inculpé il y a près d’un an, John « Porky » Zancocchio, l’actuel Consigliere de la famille Bonanno n’a désormais que deux objectifs : faire annuler les poursuites à son encontre et humilier par la même occasion l’équipe de procureurs. Le jour de son arrestation et lors de sa première comparution devant un juge fédéral, John Zancocchio avait eu la chance de pouvoir être libéré sous caution, alors que l’Acting Boss en service, Joseph Cammarano Jr restait quant-à lui, enfermé au Métropolitan Center. Mais le Consigliere de la famille Bonanno n’a jamais tellement voulu respecter les règles imposées par le magistrat, qui lui imposait un confinement à domicile, en plus de la surveillance électronique. John Zancocchio était certes cloitré chez lui, mais le confort d’une maison était plus appréciable qu’une cellule du Métropolitan Center et cela pouvait lui permettre aussi de pouvoir préparer sa défense plus sereinement. Mais John Zancocchio avait d’autres idées en tête, il voulait gouter de nouveau à la liberté. L’occasion se présenta quand il fut autorisé exceptionnellement à sortir de chez lui, pour assister à la veillée funéraire de sa tante décédée. Cette sortie fut acceptée, mais sous certaines conditions. Le Consigliere de la famille Bonanno devait se présenter à l’église puis au funérarium pour y présenter ses hommages et retourner directement par la suite à son domicile. Mais pendant cette journée, John Zancocchio transgressa très largement les règles imposées. Ce jour là, des agents fédéraux avaient été postés, pour surveiller les moindres faits et gestes du gangster. Ces derniers connaissaient parfaitement la personnalité de John Zancocchio et ils étaient persuadés que le gangster allait profiter de cette occasion pour saluer certains membres de la famille Bonanno et ils ont eu raison. Les photographies prises ce jour là furent édifiantes. John Zancocchio fut surpris à plusieurs reprises en train de quitter son domicile de Staten-Island, pour y aller faire des courses, se promener avec des membres de sa famille, mais aussi, pour visiter des endroits fréquentés par des membres de la Cosa Nostra. Par exemple, à l’heure du déjeuner, John Zancocchio en profita pour aller manger an Denino’s, un restaurant très apprécié de membres de la famille Bonanno ou pour aller boire un verre, en fin de soirée, au Bella Mama Rose. Face à autant d’éléments à charge, John Zancocchio se retrouva devant un juge fédéral, en comparution immédiate et sa caution fut révoquée. Mais après quelques semaines d’incarcération, le Consigliere de la famille Bonanno commença à se plaindre de ses conditions de détention, jugeant qu’elles n’étaient pas adaptées à ses problèmes de santé.

Par le biais de ses avocats, il déclara aussi que la nourriture servie en prison était remplie de « sucre » et de « sel » et que cela pouvait aggraver nettement sa condition physique. Après une nouvelle demande de libération sous caution, le juge fédéral accepta à la surprise générale de libérer une nouvelle fois sous caution John Zancocchio, qui très heureux après avoir retrouvé sa liberté, en profita dès sa sortie du tribunal, pour manger un hot-dog bien garni. Aujourd’hui, John Zancocchio a compris la leçon et se fixe désormais sur sa défense. Avec l’aide de ses avocats, il demanda au juge fédéral d’annuler tout simplement les poursuites à son encontre, après avoir appris que les procureurs fédéraux avaient transmis à l’un des futurs témoins du gouvernement, des enregistrements et certains documents jugés confidentiels. Ces informations ne concernaient pas John Zancocchio, mais plutôt Peter « Pug » Lovaglio, qui viendra témoigner lors de ce procès. Ce dernier n’est pas n’importe qui et connaît parfaitement John Zancocchio. Ancien Capitaine de la famille Bonanno, considéré comme un individu violent et paranoïaque, Peter Lovaglio avait déjà témoigné lors du procès de Joseph Merlino, mais son témoignage n’avait pas été jugé crédible par les jurés. Les procureurs fédéraux savent pertinemment que Peter Lovaglio est un témoin « peu fiable » et veulent sans nul doute, le préparer le mieux possible, en lui donnant des informations sur ses anciennes condamnations, afin de pouvoir adapter son témoignage le moment voulu. Le gouvernement fédéral sait que les avocats de la défense vont jouer sur la personnalité assez contrastée de Peter Lovaglio, condamné à plusieurs reprises pour divers rackets et faits de violence. Pour les avocats de la défense, la « conduite » du bureau du procureur est « inacceptable » et ne permet pas à leur client d’avoir un « procès équitable ». Les procureurs fédéraux, dans l'embarras, ont jugé que cette procédure était « classique » dans une affaire concernant des membres de la Cosa Nostra. 

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LE CONSIGLIERE DE LA FAMILLE DE DÉTROIT VIENT DE DÉCÉDER

18 Janvier 2019 , Rédigé par Xav Publié dans #Detroit

Anthony Palazzolo
Anthony Palazzolo

Il était l’un des derniers mafieux encore en vie à pouvoir apporter des éléments de réponse sur le meurtre de James « Jimmy » Hoffa, mais finalement, il se peut que cette disparition encore non résolue, restera pour toujours dans les annales de la Cosa Nostra. Anthony « Tony Pal » Palazzolo, qui occupait le poste de Consigliere de la famille de Détroit, vient de décéder de causes naturelles, il avait soixante dix huit ans. Il faut savoir une chose, aux Etats-Unis, la famille de Détroit reste une organisation criminelle respectée et très cloisonnée. La plupart de ses membres sont tenus par des liens très étroits, de sang ou de mariage, laissant la possibilité de collaborer avec les autorités très difficile. Anthony Palazzolo était avant tout un criminel à col blanc, connu des autorités fédérales pour une multitude d’infractions et soupçonnés dans plusieurs assassinats. Tony Pal, comme il était surnommé dans le milieu, préférait rester dans l’ombre, faire son son business sous le radar du FBI, un gangster de la vieille école, discret et capable de monter des rackets de plusieurs centaines millions de dollars. Mais en 2012, coup de tonnerre pour la famille de Détroit, une organisation criminelle peut habituée à faire la une des médias. L’ancien Underboss, Anthony « Tony Z » Zerilli, qui était tombé en disgrâce depuis sa sortie de prison en 2008, revendiquait à certains médias Américains, connaître l’emplacement du corps de Jimmy Hoffa et sous-entendait par la même occasion, qu'Anthony Palazzolo avait participé à ce meurtre. Après ce témoignage, Anthony Palazzolo fut alors marqué au fer rouge par les autorités fédérales qui ont accentué sa surveillance. Par la suite, Anthony Zerilli, déclara qu’Anthony « Tony Jack » Giacalone, l’Oncle de l’actuel Parrain, Jack « Jackie « The Kid « Giacalone, lui avait certifié qu’Anthony Palazzolo faisait parti de « l’équipe » pour assassiner le célèbre syndicaliste des Teamsters, qu'il servait ce jour là en tant que chauffeur. La parole d‘Anthony Zerilli, avait certes fait la une de certains médias Américains, mais elle avait été jugée peu crédible par le gouvernement fédéral, jugeant que le mafieux aigri de sa situation, n'avait pas accepté sa rétrogradation après sa sortie de prison et qu'il voulait se venger. Cette exposition temporaire n'aura finalement pas eu d'impact réelle sur cette organisation criminelle. Gérant ses activités depuis le Sud de Détroit, Anthony Palazzolo était aussi connu sous le surnom de « Butterly » pour sa nature à être très difficile à attraper, ce qui avait conduit le FBI à infiltré l’une de ses équipes au début des années 1990. Cette infiltration permettra au gouvernement fédéral de faire condamner Tony Pal à quelques années de prison pour blanchiment d'argent et permettront aussi de cerner plus en profondeur le personnage, en levant certains doutes. A la base, les agents fédéraux pensaient avoir fait le plus difficile, en mettant un système d'enregistrement sur un membre de l'équipe d'Anthony Palazzolo. Ils pensaient surement que les enregistrements audio allaient permettre au FBI d'en savoir plus sur ce personnage jugé très discret et ne communiquant qu'avec des gestes de la main. Il aura fallut attendre plusieurs mois et une soirée festive pour en apprendre plus sur Anthony Palazzolo. Ce soir là, l'ancien Consigliere de la famille de Détroit alla droit au but et déclara que la ville de Détroit lui « appartenait » et que « personne » ne pouvait faire quelque chose « sans que ses gars n’en soient informés ». Un agent du FBI, qui surveilla la famille de Détroit pendant des années, qui est désormais en retraite, désigna Anthony Palazzolo comme un individu « difficile à cerner » et que son éventuelle participation dans la disparition de Jimmy Hoffa, donnait un aperçu du respect que la « vieille garde » de la Cosa Nostra pensait à son sujet.

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UN SOLDAT DE LA OUTFIT PLAIDE COUPABLE

13 Janvier 2019 , Rédigé par Xav Publié dans #Outfit

Robert Panozzo Sr
Robert Panozzo Sr

En Août 2014, plusieurs Associés de la Outfit, dont le Soldat, Robert Panozzo Sr avaient été inculpés de cambriolages, tentative d’assassinat et de trafic de drogue. La spécialité de Robert Panozzo Sr était l’invasion de domicile. Il arrivait la nuit avec son équipe dans des maisons ou il avait par avance fait un repérage pendant plusieurs jours et séquestrait les personnes à l’intérieur. Le problème est que le soldat de la Outfit a un tempérament très violent et certains cambriolages pouvaient mal se terminer. Un jour, alors que le Soldat de la Outfit cambriolait une maison d’un membre d’un cartel, Robert Panozzo Sr dégoupilla et arracha l’oreille à l’un des individus. Le motif ?, le Soldat de la Outfit n’avait pas apprécié que le dealer puisse répondre à ses questions en Espagnol. Après avoir lui arraché l’oreille, l’individu fut forcément plus conciliant et répondit rapidement aux questions de Robert Panozzo Sr, en indiquant les différentes cachettes de la maison, ce qui lui permit de récupérer près de vingt cinq kilos de cocaïne et deux voitures de grosses cylindrées. L’enquête pour pouvoir arrêter Robert Panozzo Sr et ses complices dura près de dix mois et fut possible grâce à un informateur infiltré dans le groupe du Soldat de la Outfit. En effet, c’est lors de ce dernier cambriolage et grâce aux informations de leur informateur, que Robert Panozzo Sr fut arrêté en flagrant délit par les autorités, qui en avaient même profité pour les filmer et les enregistrer pendant leur cambriolage. Lors de son arrestation, Robert Panozzo Sr refusa à plusieurs reprises les sirènes du gouvernement, qui lui proposa de coopérer contre les membres de son organisation criminelle en échange de sa liberté : « Il nous a dit clairement d’aller se faire foutre. On a eu quatre ou cinq conversations avec lui qui ont duré moins de cinq minutes » déclara un agent du FBI. Car même si Robert Panozzo était un suspect intéressant pour le FBI, au vu de son statut criminel et de son affiliation avec la Outfit de Chicago, le gouvernement fédéral voulait un « plus gros morceau », en la personne d’Albert « Albie The Falcon » Vena. A l’époque de ces arrestations, il était le Capitaine de Robert Panonzzo Sr et supervisait les opérations de la Outfit depuis Grand Avenue. Considéré comme une version améliorée d’Anthony Spilotro, il est pour les autorités fédérales, l'un des individus

Albert Vena
Albert Vena

les plus dangereux de Chicago. Pendant l'enquête contre Robert Panozzo Sr, il avait été photographié à plusieurs reprises avec son Soldat, en train de manger lors de leur réunion hebdomadier au restaurant La Scrola. Albert Vena est un individu violent, qui a une haine féroce envers toute forme d'autorités et soupçonné dans plusieurs assassinats. Pour justifier

de sa dangerosité, les autorités avaient rappelé l’arrestation d’Albert Vena quand il fut accusé du meurtre de Sam Taglia, un Associé de la Outfit. En arrivant chez lui en voiture, Albert Vena avait foncé sur les policiers présents devant son domicile. Cela fait désormais quatre années que Robert Panozzo Sr est incarcéré au Métropolitan Center de Chicago, une attente assez longue qui montre sans doute la volonté des procureurs fédéraux de vouloir négocier un accord de plaidoyer avec le Soldat de la Outfit, plutôt que de lancer un nouveau procès contre un membre de la Cosa Nostra. Robert Panozzo Sr est un habitué de ce genre de procédé, quand en 2006, après avoir plaidé coupable, il avait été condamné à sept années de prison pour plusieurs cambriolages orchestrés dans des maisons luxueuses de la banlieue Nord de Chicago. Aujourd’hui, Robert Panozzo Sr a plaidé coupable des mêmes faits et forcément en acceptant l’accord des procureurs, la peine est plus importante, mais elle évite au Soldat de la Outfit de terminer sa vie derrière les barreaux. Robert Panozzo Sr accepta alors de recevoir une peine de dix huit années de prison, mais en raison de son incarcération depuis son arrestation et des réductions de peine, ce dernier pourrait être libéré sous caution dans quatre ans et demi.

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IL NE FAUT JAMAIS TRANSGRESSER LES RÈGLES DE LA COSA NOSTRA

5 Janvier 2019 , Rédigé par Xav Publié dans #Bonanno

Anthony Seccafico
Anthony Seccafico

Juillet 2009, Anthony « Little Anthony » Seccafico, attendait un bus près de son domicile sur Illssa Way à Staten-Island, quand un individu non-identifié ouvrit le feu. Les témoins présents ce jour là, ont déclaré aux policiers du NYPD avoir entendu près de sept coups de feu. Anthony Seccafico venait d’être touché à plusieurs reprises et essaya de prendre la fuite avant de s’écrouler par terre, il décédera quelques heures plus tard. Anthony Seccafico n’est pas n’importe qui, et quand la police du NYPD l’identifia formellement, l’enquête sera transférée au FBI, aux agents en charges de la surveillance du crime organisé. Avant ce meurtre, Anthony Seccafico avait un casier judicaire datant de 1984, année de son arrestation pour possession d’armes et stupéfiants. Pour ces délits, il servira moins d’un an de probation avant de continuer lentement, mais efficacement, son avancée au sein de la famille Bonanno. Anthony Seccafico finira par être intronisé dans la Cosa Nostra, et sera installé dans l’équipage du célèbre Capitaine, Patrick « Patty From the Bronx » DeFilippo, un membre influent de la famille Bonanno, opérant depuis le Bronx, soupçonné dans l’assassinat de Gerlando « George From Canada » Sciascia. L’itinéraire d’Anthony Seccafico n’était pas tellement difficile à suivre. Sur le coup d’une enquête fédérale, le Soldat de la famille Bonanno se rendait tous les jours, à la même heure, vers 4h30 du matin, à un arrêt de bus qui le menait directement vers Manhattan, lieu de son travail ou Anthony Seccafico était membre d’une section locale. Les assassinats liés à la Cosa Notra sont désormais rares, heureusement, mais à cette époque, les enquêteurs se sont posés plusieurs questions. Pourquoi ce meurtre en pleine rue ? Cet assassinat était-il lié à l’extradition récente de l’Acting Boss, Salvatore « Sal The Iron Workeer » Montagna vers le Canada ?, pour les agents du FBI le moment était en effet « curieux ». En réalité, cet assassinat remontait à des différends qui remontaient à plusieurs années. La Cosa Nostra à de la mémoire et peut être très patiente avant de vouloir rendre ses comptes : « Ce sont des gens très gentils » déclareront ses propres voisins mais pour la hiérarchie de la famille Bonanno, Anthony Seccafico avait franchi la ligne rouge, il fallait en faire un exemple. Tout commença quand au début des années 2000, suite aux inculpations de Patrick De Filippo et de John Spirito pour racket et meurtre, Anthony Seccafico fut chargé de remettre l’argent aux épouses des différents membres de la famille Bonanno inculpés. Mais cette mission, qui est habituelle pour les Soldats de la Cosa Nostra, afin d’aider financièrement les épouses et les enfants des membres incarcérés, ne se passa pas correctement. A l’été 2003, Little Anthony, comme il était souvent surnommé dans la famille Bonanno, arriva au domicile du Soldat, John « Johnny Joe » Spirito, un tueur à gage redoutable, condamné à vingt ans de prison pour sa participation dans le meurtre de Gerlando Sciascia. A son arrivée au domicile, Anthony Seccafico fut interpellé par le fils de John Spirito, dit Johnny Boy, qui deviendra quelques années plus tard un membre intronisé dans la famille Bonanno. Ce dernier demanda à Anthony Saccafico s’il donnait les bonnes sommes à sa mère, le soupçonnant de garder une partie pour lui. Le Soldat de la famille Bonanno vit rouge et gifla le fils de John Spirito : « Moi je suis dans les parages actuellement, pas ton père. Si tu as un problème, demande à ton père de venir me voir quand il rentrera à la maison ». John Spirito qui venait de plaider coupable à une accusation de meurtre, avait été condamné à vingt ans de prison et sera libérable en 2021. Pour Anthony Seccafico, cet acte d'insubordination signifiait le début de la fin et même si Johnny Boy, n’était pas encore à cette époque, un Soldat de la Cosa Nostra, frapper le fils d’un membre aussi respecté que John Spirito, n’était pas envisageable. De plus, certains membres incarcérés de la famille Bonanno, se plaignaient qu’Anthony Seccafico passait « un peu trop de temps » avec leurs épouses respectives. Au même moment, son Capitaine, Patrick DeFilippo tentait sa chance dans un procès fédéral. Agé à cette époque de soixante deux ans, ce dernier ne pouvait pas se permettre un accord de plaidoyer, qui aurait signifié sans nul doute une condamnation à mort, il préféra alors de « jouer un coup de poker » et tenter sa chance dans un procès. Le problème, c’est que Patrick DeFilippo qui avait une corpulence assez importante avait perdu beaucoup de poids en très peu de temps et il avait demandé à Anthony Seccafico, de lui acheter de beaux costumes, pour paraitre de manière convenable lors de son procès. Mais le Soldat de la famille Bonanno se garda bien de respecter les ordres de son supérieur et lui acheta des costumes beaucoup trop grands et de mauvaises qualités, dans un but, encore une fois , de garder une partie de l’argent. Le contrat virtuel qui planait depuis quelque temps au dessus de sa tête, fut acté suite à cet évènement, qui scella pour de bon le sort d’Anthony Seccafico.

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