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LE TRACEUR GPS D'UN CAPITAINE DE LA FAMILLE COLOMBO ENTRAINE UNE SERIE DE CONDAMNATIONS

28 Février 2021 , Rédigé par Xav Publié dans #Colombo

Joseph Amato Jr et Joseph Amato Sr
Joseph Amato Jr et Joseph Amato Sr

Joseph Amato, un Capitaine de la famille Colombo, est en passe d’accepter un accord de plaidoyer avec les procureurs, qui le verra passer une bonne partie de l’actuelle décennie derrière les barreaux. Dans cette enquête, tout a commencé par une vulgaire scène de ménage entre un Capitaine de la Cosa Nostra et sa petite-amie. Joseph Amato était jaloux et suspectait sa maîtresse de voir quelqu’un d’autre et pour se "rassurer", décida de placer un dispositif GPS sous la voiture de sa maîtresse afin de pouvoir suivre le moindre de ses déplacements. Selon le FBI, qui se saisira de cette affaire plusieurs mois plus tard, ce dispositif était retiré régulièrement par le Capitaine de la famille Colombo afin de pouvoir le recharger et le placer de nouveau discrètement sous le véhicule. Sauf qu’un jour, le GPS avait disparu et Joseph Amato, paniqué, appela le fournisseur pour essayer de le localiser. Après quelques recherches, celui-ci fut capté curieusement dans un dépôt de bus à Manhattan et c’est là que tout commença. En réalité, la petite amie de Joseph Amato avait remarqué, par hasard, ce dispositif accroché à son véhicule et le plaça volontairement sous un bus New-Yorkais. Le problème est que l’un des chauffeurs, apercevant quelque chose accroché sous son véhicule, panique, pense à une bombe et appelle de suite la police de New-York et le FBI. Ce remue-ménage paralysera une bonne partie de la journée le réseau New-Yorkais. Rapidement, les fédéraux s'aperçoivent que ce traceur appartenait à Joseph Amato et demanda alors à un juge fédéral, la possibilité de pouvoir surveiller le téléphone du Capitaine de la famille Colombo ainsi que ceux des membres de son équipe et quelques adresses mails. Au niveau de la boite mail, rien de transcendant. Le plus souvent des échanges entre un homme jaloux qui harcèle de questions sa petite amie sur ses éventuelles relations. Les échanges téléphoniques, en revanche, furent plus fructueux. 

Dominick Ricigliano
Dominick Ricigliano

Les fédéraux se rendirent très vite compte que Joseph Amato et son équipe de Soldats prospéraient, grâce au racket, à l’extorsion et aux menaces afin de sauvegarder leur territoire. Dominick Ricigliano, dénommé “The Lion”, qui n’est pas référencé comme un Associé de la famille Colombo, mais qui marche en “indépendant”, s’est senti menacé quand le Soldat de la famille Colombo, Thomas “The Plumber” Scorcia, avait lancé un business de prêt sur “son” territoire. Rapidement, Dominick Ricigliano se présenta dans les bureaux de Thomas Scorcia et vandalisa les locaux, menaçant aussi les “clients” présents à l’intérieur de lui verser des paiements hebdomadaires. Furieux, Thomas Scorcia et l’un de ses Associés, se rendirent dans un Diner de Staten-Island ou il avait préparer un “plan d’attaque” contre Dominick Ricigliano, qui finalement sera arrêter quand le Soldat de la famille Colombo se rendit compte que le Diner était bondé et remplit de familles mangeant avec leurs enfants. Thomas Scorcia voulait alors effectuer un règlement de compte directement au domicile de Dominick Ricigliano, mais le Soldat de la famille Colombo fit machine arrière quand il vit la présence de caméras tout autour de son domicile. Les fédéraux ont aussi suivi à distance une intronisation d’un membre de la famille Colombo. Tout commença d’un appel du Capitaine, Joseph Amato, demandant à CC1 (nom de code donné par le FBI), de “repasser” ses vêtements afin qu’il ressemble à “Barzini” (référence à Emilio Barzini dans le film Le Parrain). Le lendemain de l’appel, Joseph Amato, Thomas Scorcia et CC1 se rendirent à un café Italien de Browklyn, puis à un restaurant Italien à proximité, le Panino Perfetto (désormais fermé) ou le FBI pense que l’intronisation a eu lieu. De nouveau le lendemain, Thomas Scorcia appela Joseph Marra, un Associé de la famille Colombo, lui racontant un peu la journée de la veille : “Tu sais, une fois que tu es membre, quand tu es convoqué, tu dois venir”.

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PETER GOTTI PARRAIN DE LA FAMILLE GAMBINO EST DÉCÉDÉ EN PRISON

26 Février 2021 , Rédigé par Xav Publié dans #Gambino

Peter Gotti, Parrain de la famille Gambino, est décédé à l’âge de 81 ans, dans la prison fédérale de Butner dans l’État de la Caroline du Nord. Peter Gotti a toujours suivi les traces de son frère. Né dans le Bronx en Octobre 1939, Peter est issu d'une famille de treize enfants. Comme la plupart de ses frères, John, Gene, Richard et Vincent, Peter commencera très rapidement à travailler pour le compte de la famille Gambino et deviendra l'un de ses Associés dans les années 1960. En plus de ses activités criminelles, Peter Gotti travaillait par la même occasion dans une entreprise d'assainissement, avant de prendre sa "retraite" et de toucher une pension d'invalidité en raison d'un accident de travail. Cette supposée invalidité ne l’empêcha pas pour autant d’arrêter son activité au sein de la famille Gambino, bien au contraire, Peter Gotti s’y consacra désormais à 100%. Après l’assassinat de Paul Castellanno, la famille Gambino est dirigée par son frère, John et Peter qui n’avait encore que le statut de simple Associé vit une possibilité de devenir, enfin, un membre intronisé. Ce fut le cas à la fin des années 1980, Peter Gotti devient un Soldat de la famille Gambino et en récompense, deviendra une année plus tard, un Capitaine.  Peter Gotti était un Capitaine loyal et respecté, qui avait pour rôle de collecter l'argent pour le compte de la famille Gambino. Surnommé « One Eyed Pete » car il était aveugle d'un oeil, Peter Gotti sera aussi appelé par la suite, par les membres, de la famille Gambino, « The Dumbest Don », ou le « Parrain stupide » en raison de son incapacité à pouvoir gérer convenablement une famille de la Cosa Nostra. Au début des années 1990, John Gotti fut condamné à la prison à vie. Depuis l'USP Marion, ce dernier gardait le rôle de Parrain, mais il était évident que dans les rues de New-York, il fallait qu'un Gotti gère les activités sur le terrain. Son fils John Jr fera alors office d'Acting Boss, puis Peter prendra le relais à la fin des années 1990.

A la mort de John Gotti en 2002, il fut évident que Peter Gotti était le candidat le mieux placé pour reprendre les rênes de la famille Gambino. Pourtant, au sein de la famille, les Capitaines étaient un peu sceptiques sur sa capacité à pouvoir gérer une famille aussi importante que les Gambino. Peter Gotti était certes loyal à la Cosa Nostra, mais intellectuellement, il n’était pas aussi “rusé” que son frère. Selon Michael “Mickey Scars” DiLeonardo, Peter Gotti était un “bon Capitaine”, mais il n’avait pas “les compétences et les qualifications nécessaires pour devenir un bon Parrain”. Michael DiLeonardo précisant qu’il aurait refusé le poste de Consigliere quand Peter Gotti arriva au pouvoir. Sa “promotion” au poste de Parrain sera officialisée en 2002,  mais son règne sera de courte durée. Peter Gotti sera très vite inculpé de racket fédéral et de tentative d’extorsion sur l’acteur de films d’action, Steven Seagal. L’acteur, septième dam d'aïkido, en avait assez d’être catalogué toujours aux mêmes rôles, un ex-flic ou ex-militaire en proie à des terroristes ou à des gangsters. Voulant changer définitivement de registre, il demanda à l’un de ses producteurs, Julius Nasso, un Associé de la famille Gambino, de le faire apparaître dans d’autres catégories, mais celui-ci refusa. Ne se laissant pas faire, la situation dégénéra très rapidement et Steven Seagal se fera menacé par le Capitaine de la famille Gambino Anthony “Sonny”  Ciccone et le Soldat Richard "The Lump" Bondi. Pour cette affaire, Peter Gotti sera condamné à neuf ans et demi. Une année après sa condamnation pour racket et extorsion, Peter Gotti sera, grâce au témoignage d’un ancien Associé de la famille Gambino, Sal Mangiavillano, inculpé de complot d’assassinat sur l’ancien Underboss de la famille Gambino, Salvatore Gravano. Peter Gotti venait de signer son arrêt de mort et le juge fédéral sera intransigeant en condamnant le Parrain de la famille Gambino à près de vingt-cinq années de prison, une peine qu’il purgera au départ dans la prison fédérale de Terre-Haute dans l’État de l’Indiana. 

Au début de sa condamnation, Peter Gotti raisonnait comme un Parrain et suivait la même stratégie que son frère, John, ne jamais collaborer de près ou de loin avec les autorités. Mais au fil du temps et les ennuis de santé se dégradant petit à petit, Peter Gotti, essaya, par le biais de ses avocats, de formuler des demandes de libération. Selon ses avocats, Peter Gotti essayait de faire une croix sur son passé criminel, de "réévaluer sa pensée et de considérer ses valeurs morales''. Il ne tente pas de justifier ses actes, ni de se défendre ses choix qui l’ont amené à terminer en prison, il veut maintenant dire à qui veut l’entendre, qu’il n’y a vraiment aucun bénéfice à effectuer une activité illégale”. Cette technique, surprenante pour un individu ayant encore l’étiquette de Parrain sur le dos, n’aura aucune influence sur le juge en charge de ce dossier, qui rejettera une à une ses demandes. En Janvier dernier, les avocats de Peter Gotti formulèrent un énième et dernier appel, suppliant un juge fédéral de laisser leur client terminer sa peine dans la maison de sa fille, à Howard Beach. Les avocats stipulèrent par la même occasion, que les problèmes de santé de Peter Gotti étaient incompatibles avec une incarcération, mais l’étiquette de Parrain de la Cosa Nostra lui collait encore trop à la peau. Malgré son inactivité certaine en prison et malgré le fait, que Peter Gotti n’a pratiquement plus aucune influence dans la famille Gambino, un membre de la Cosa Nostra reste un individu du crime organisé, avec ses réseaux et peut très bien ordonner de commettre un délit voire un meurtre par le biais de quelqu’un d’autre et le juge fédéral décidera, une nouvelle fois, de rejeter cette demande. Suite à son décès, la question que tout le monde se pose désormais est : Qui va devenir le nouveau Parrain de la famille Gambino ?.

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NOUVELLE DEMANDE DE LIBÉRATION REJETÉE POUR UN CAPITAINE DE LA OUTFIT

20 Février 2021 , Rédigé par Xav Publié dans #Outfit

Michael Sarno
Michael Sarno

Michael “Fat Mike” ou encore “The Large Guy” Sarno, ancien Capitaine de la Outfit qui opérait depuis la ville de Cicero, s’est vu rejeté une nouvelle demande de libération anticipée par un juge fédéral de Chicago. Michael Sarno purge actuellement une peine de vingt cinq ans pour une multitude de délits fédéraux, une peine qu’il purgeait dans le pénitencier fédéral de Petersburg dans l’État de la Virginie, avant d’être transféré ces dernières semaines au MC Missouri, un centre de détention, qui fait office d’hôpital pour les prisonniers fédéraux. Comme en Août dernier, les arguments de la défense n’ont pas bougé d’un iota. Pour ces derniers, l’état de santé de Michael Sarno est incompatible avec une incarcération de longue durée, surtout en pleine épidémie de coronavirus. Souffrant de plusieurs pathologies et se déplaçant, suite à des problèmes aux genoux, en fauteuil roulant, les avocats de la défense ont donc demandé, à un juge fédéral, de laisser Michael Sarno purger les onze années restantes, confinées chez lui à domicile. Mais pour le juge fédéral, il n’est pas raisonnable de faire libérer Michael Sarno, sous prétexte d'un risque lié au coronavirus, en sachant que ce dernier vient de se faire administrer la deuxième dose d'un vaccin, le protégeant ainsi de ce virus. Une énième audience de libération est prévue ce week-end, en attendant, Michael Sarno a toujours une date de libération prévue en 2032.

Ernest Infelise et James Marcello
Ernest Infelise et James Marcello

Michael Sarno est loin d’être un enfant de chœur. Originaire de Cicero, ancien repaire du célèbre Al Capone, Michael Sarno s’est servi des conseils de son mentor, l’ancien Capitaine, Ernest “Rocky” Infelise pour monter un à un les échelons de la Outfit. Condamné, au début des années 1990, à six années pour racket, il recevra une peine de deux années supplémentaires, en 1993, après une condamnation, cette fois-ci, pour extorsion. Libéré en 1999, Michael Sarno, profitera de l’incarcération d’Ernest Infelise pour reprendre le flambeau et devenir le nouveau Capitaine de Cicero. Avec son équipe de Soldats et en organisant des alliances assez surprenantes, comme avec le gang de motards, les Outlaws, Michael Sarno se lancera dans les jeux et le bookmaking, et planifiera de nombreux braquages à main armés, dans plusieurs bijouteries, dispersés dans différents États Américain. En 2016, il aurait été impliqué dans la disparition de l’ancien Underboss, Anthony “Little Tony” Zizzo. Selon le FBI, les deux hommes étaient depuis un moment en conflit ouvert sur des opérations de racket liées à la Outfit de Chicago. En 2017, avec l’incarcération de James “Jimmy The Man” Marcello à la prison à vie, Michael Sarno aurait été promu au poste d’Acting Boss.

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DEMANDE DE LIBÉRATION REJETÉE POUR UN CAPITAINE DE LA FAMILLE GENOVESE

7 Février 2021 , Rédigé par Xav Publié dans #Genovese

Pasquale Parrello
Pasquale Parrello

Dans l'opération East Coast, Pasquale Parrello est celui qui a reçu la plus longue peine de prison, sept ans pour racket. Alors que Joseph Merlino est désormais libéré et coule des jours heureux à Boca Raton et que Eugène ONofrio a été libéré il y a un plus d’un an, le Capitaine de la famille Genovese végète encore dans une prison fédérale du New-Jersey, à Fort-Dix, ou sa date de sortie est toujours prévue pour Juillet 2022. Âgé de soixante seize ans, le propriétaire du Pasquale’s Rigoletto Restaurant essaye tant bien que mal de convaincre le juge fédéral, Richard Sullivan, connu pour son extrême sévérité envers les membres de la Cosa Nostra, de le laisser purger le reste de sa peine, chez lui, confiné à domicile. Période de coronavirus oblige, Pasquale Parrello, avec l’aide de ses avocats, ont essayé de s'engouffrer dans la brèche, en demandant une libération anticipée pour des raisons médicales, certes avérées, mais qui n’ont pas convaincu le juge fédéral d’une éventuelle possibilité de sortie. Lors de sa condamnation, en 2017, Richard Sullivan avait déjà averti Pasquale Parrello de la possibilité qu’il puisse terminer sa vie derrière les barreaux : “Bon nombre de Capitaines de la Cosa Nostra sont décédés en prison, Vous auriez dû réfléchir aux conséquences de cette vie  lors de votre dernière condamnation. Le juge fédéral campa sur sa décision et rejeta fermement cette demande et malgré le fait que Pasquale Parrello souffre d’un cancer de la prostate et de différentes pathologies cardiaques, laissant le Capitaine de la famille Genovese derrière les barreaux pour au moins une année et demi supplémentaire. Pour Richard Sullivan, Pasquale Parrello est un criminel “endurci”, qui n’a jamais appris de ses précédentes condamnations : ”Malgré le fait que Pasquale Parrello ait une attitude exemplaire en prison, je continue à croire qu’une peine inférieure à sept ans, serait une erreur” déclara t’il. 

Concernant cette épidémie de coronavirus, qui sévit aussi dans une bonne partie des prisons fédérales aux États-Unis, le juge fédéral estime que “la menace du virus est commune à tous les détenus” et que des libérations “humanitaires” doivent rester "exceptionnelles". Depuis le début, les tribunaux fédéraux sont ensevelis de différentes de demandes de libération. Du côté de la justice, des juges fédéraux ont, pour la plupart, accepté des demandes de libération anticipée à des membres de la Cosa Nostra, qui souffraient de pathologies pouvant s’aggraver en cas de contamination au coronavirus et c’est sur ce point précis que le juge fédéral appuie sa décision. Selon le juge fédéral, c’est à la défense d’apporter des réels motifs afin qu’un détenu puisse être libéré et ainsi terminer sa peine à domicile. Aujourd’hui, les prisons fédérales ont essayé de s’adapter, en augmentant leurs mesures sanitaires. Désormais, un détenu qui souffre de gros problèmes médicaux et qui court le risque d’être contaminé, peut être placé en cellule, seul, à l’écart des autres détenus. En attendant, Pasquale Parrello peut, grâce à de nombreuses lettres de soutien, essayer de garder le moral, mais il est difficile de dire, si à sa sortie, Pasquale Parrello se rangera, pour de bon, des affaires de la famille Genovese

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THOMAS ET ROSEMARIE UVA

5 Février 2021 , Rédigé par Xav Publié dans #Gambino

Thomas et Rosemarie Uva
Thomas et Rosemarie Uva

Ils étaient appelés les "Bonnie and Clyd" des temps modernes. En 1992, Thomas Uva âgé de 32 ans venait de sortir de prison et avait trouvé un travail dans une société de recouvrement à New-York. Rosemarie Uva était aussi connue par la police pour avoir participé à plusieurs cambriolages. Elle avait épousé Thomas en 1987 après son incarcération. Le couple logeait tous les deux dans un appartement à Ozone Park, lieu ou John Gotti célèbre parrain de la famille Gambino tenait, avec ses frères, le club social "Bergin Hunt and Fish Club". Pendant quelques mois, le couple commença à braquer des clubs sociaux de la Famille Bonanno et Gambino, chose inconcevable pour la plupart des criminels de New-York, que de s'attaquer à la mafia. Thomas Uva exposa son plan à sa compagne Rosemarie. Celui ci était simple, elle attendait dans la voiture prête à partir, pendant que Thomas se précipitait à l'intérieur des clubs sociaux armé d'un "Uzi" pour aller braquer les mafieux. A l'intérieur d'un club social, on retrouve généralement des membres du crime organisé en train de jouer aux cartes ou de boire tranquillement un verre et Thomas Uva savait que les mafieux avaient toujours sur eux beaucoup de liquidité. Après avoir menacé les "clients", il leur demanda de mettre leur argent et leur bijoux dans son sac. Un jour, Thomas Uva rentra au Liberty Cafe à Ozone Park, un club social appartenant à Dominick "Skinny Dom" Pizzonia, Soldat de la famille Gambino. Pendant qu'il dépouillait les mafieux, il profita de l'occasion pour baisser leur pantalon, puis il quitta précipitamment les lieux. Il monta dans la voiture de sa compagne qui démarra à toute vitesse pour filer le plus loin possible. Pendant le braquage un Capitaine de la famille Gambino lança à Thomas Uva "Tu vas mourir, si on te retrouve on va te découper en rondelle". "On doit tous mourir un jour" répliqua calmement Thomas Uva. Les mafieux déshabillés ne pouvaient pas sortir du club pour essayer de noter la plaque d'immatriculation du véhicule et généralement les membres de la Cosa Nostra ne vont pas au poste de police pour porter plainte.

Dominick Pizzonia
Dominick Pizzonia

Le Liberty Café fut braqué une deuxième fois et Thomas Uva profita de l'occasion cette fois ci pour décoiffer un Soldat de la famille Gambino devant ses supérieurs. Dominick "Skinny Dom" Pizzonia, le propriétaire du club social était fatigué de leurs actes. Il demanda à John Gotti Jr, Acting Boss de la famille Gambino à cette époque l'autorisation de se venger en lançant un contrat contre le couple. La Cosa Nostra ne s'attaque jamais aux "civils", mais Thomas et Rosemarie Uva avaient franchi la "ligne rouge". Un plan fut mis au point pour retrouver le couple et pendant l'un des braquages, un mafieux réussit à s'échapper et nota la plaque d'immatriculation de la voiture de Rosemarie Uva. Le 24 décembre 1992, le couple profita de l'heure matinale pour faire leurs derniers achat de Noël. Leur voiture s'approcha à l'intersection de Woodhaven Boulevard près de Ozone Park, ils furent exécutés tous les deux de trois balles dans la tête. La police retrouva dans leur voiture, plus de 1000 $ en liquide ainsi qu'une quantité non négligeable de montres et de bijoux cachés dans la boite à gant du véhicule. Après le meurtre, les enquêteurs fouillèrent l'appartement du couple à Ozone Park. A l'intérieur, ils découvrirent un portefeuille appartenant à Joseph "Joe Brewer" Delmonico un associé de la famille Gambino. Dans ce portefeuille, une liste pliée contenait les numéros de téléphone de plusieurs membres importants de mafieux plus ou moins gradés. La police comprit tout de suite que le meurtre était lié à la famille Gambino et essaya de renouer les liens par rapport à cette liste. Pour la police et pour plusieurs spécialistes, cela était logique, les criminels avaient généralement plusieurs milliers de dollars dans leur poche et ils n'iront jamais se plaindre à la police. Mais les enquêteurs furent incapables de retrouver la trace des meurtriers et décidèrent de classer l'affaire.

Michael DiLeonardo
Michael DiLeonardo

Le 22 septembre 2005, le FBI arrêta Dominick "Skinny Dom" Pizzonia chez lui grâce au témoignage d'un ancien capitaine de la famille Gambino Michael "Mickey Scars" DiLeonardo. Dominick Pizzonia prétextant ne sachant ni lire ni écrire, plaida non coupable et fut incarcéré sans caution possible en attendant son jugement. Le FBI utilisa aussi le témoignage de Salvatore Vitale, l'ancien Underboss de la famille Bonanno pour essayer de retrouver les meurtriers de Thomas et Rosemarie Uva. Selon les informations de Salvatore Vitale, John Goti Jr, Acting Boss de la famille Gambino à cette époque, avait certifié à Joseph Massino Boss en exercice de la famille Bonanno, que la famille Gambino avait exécuté le contrat. "C'est "Skinny Dom" (en référence à Dominick Pizzonia) qui a effectué le contrat. Ce couple c'est notre "trophée" déclara John Gotti Jr lors d'une réunion. En effet des membres de la famille Bonanno s'étaient attribués le meurtre de Thomas et Rosemarie Uva, ce qui avait entrainé plusieurs réunions pour essayer de régler le litige entre les deux familles. Dominick Pizzonia était déjà connu des autorités, il avait déjà été accusé d'avoir tué Franck Bocia, un truand de bas étage, beau fils d'Angelo "Fat Andy" Rugierro un puissant capitaine des Gambino. Franck Bocia avait frappé la femme d'Angelo et John Gotti avait ordonné la liquidation de ce dernier lors d'une réunion. Le contrat avait été effectué dans la cour du club social de Dominick Pizzonia et comble de l'ironie, ce dernier avait été initié dans la famille Gambino la veille de Noël en 1988 en récompense de ce meurtre. A l'ouverture du procès, le procureur fédéral Paige M. Petersen déclara au jury que "Thomas et Rosemarie Uva avait été exécutés en pleine rue la veille de Noël et leurs corps abandonnés aux yeux de tous". Le procureur déclara que Ronald Trucchio et Dominick Pizzonia avaient exécute le contrat et que ce dernier avait demandé à John Gotti Jr son autorisation pour tuer le couple. Dominck Pizzonia était selon les témoins visiblement très énervé que son club social le Liberty Café ait été cambriolé deux fois de suite.

La défense joua sur le fait que Dominick "Skinny Dom" Pizzonia était un homme fidèle, dévoué, grand père de six petits enfants, un chauffeur de camion qui travaillait dur pour faire vivre sa famille. Mais le procureur essaya de montrer un autre visage du mafieux, en démontrant que celui-ci était un criminel endurcit, un bookmaker, un escroc, un assassin, membre d'une des organisations criminelles les plus puissantes des États-Unis. "D'un côté, vous avez une personne bien habillée, à la voix douce, polie, aimée de ses voisins. Et de l'autre vous avez un criminel, prêt à commettre des actes odieux, avec un passé criminel de plus de 20 ans" déclara le procureur Le patron de Thomas et Rosemarie Uva témoigna aussi lors du procès. Le couple travaillait tous les deux dans une entreprise de recouvrement à New-York. Michael Schüssel déclara à la barre que le couple avait pris une journée de congé pour assister au procès de John Gotti le parrain de la famille Gambino en 1992. Pour le chef d'entreprise, le couple était intrigué par la mafia, Thomas et Rosemarie avaient grandi tous les deux à Ozone Park et Thomas avait connu beaucoup de mafieux dans son quartier. Il précisa aussi qu'un jour ou les tabloïds Américains faisaient les gros titres du cambriolage d'un club social appartenant à la mafia, le couple s'était disputé et en était même venu aux mains dans son entreprise. Rosemarie de plus en plus stressée avait fait un malaise et le couple avait été licencié quelques semaines plus tard. Le 11 Mai 2007, Dominick "Skinny Dom" Pizzonia fut déclaré coupable d'avoir comploté pour tuer le couple, mais le jury ne l'a pas reconnu coupable des meurtres. Il ne fut pas non plus reconnu coupable du meurtre de l'associé de la famille Gambino Frank Boccia. A l'énoncé du verdict Dominick Pizzonia se retourna pour esquisser un léger sourire aux personnes venues le soutenir au tribunal. La plupart était des personnes âgées, très bien habillées, chaussées de mocassins. Plusieurs d'entre eux réagirent à la sortie du tribunal, "Les imbéciles qui ont témoigné contre lui étaient des criminels endurcis, Dominick a beaucoup aidé les gens et surtout l'église". Plusieurs jurés s’interrogèrent encore des actions menées par le couple "Pourquoi ont-ils fait ça? c'était du suicide...". Pour la mère de Rosemarie c'est un drame qu'elle vivra au quotidien "Ma fille adorait Noël, pour moi il n'y aura plus de fête pendant cette période". Dominick Pizzonia purgea la totalité de sa peine dans la prison fédérale de Butner dans l'État de la Caroline du Nord. Il fut libéré en Mai 2019. 

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