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QUE DEVIENT LA FAMILLE DECAVALCANTE ? - PARTIE 1

18 Juillet 2021, 07:59am

Publié par Xav

Sam DeCavalcante
Sam DeCavalcante

A la fin des années 1990, les fédéraux avaient un très bon aperçu sur la composition de la famille DeCavalcante, ainsi que sur leurs activités criminelles. A cette époque, nous savions, que Giovanni “John The Eagle” Riggi, était le Parrain et que malgré son incarcération, avait composé un panel de trois Capitaines expérimentés pour gérer le business des DeCavalcante dans la rue : Vincent “Vinny Ocean” Palermo, Girolamo “Jimmy” Palermo et Charles “Big Ear” Marjuri. Mais en Décembre 1999, le FBI lança une opération de grande envergure contre la famille DeCavalcante, arrêtant une multitude de ses membres, dont une partie de sa hiérarchie, tous inculpés d’un large panel d’accusations fédérales tenant de la loi RICO, dont le racket et le meurtre. Pour certains d’entre eux, la pression était trop forte et afin d’éviter une condamnation à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle, décidèrent de collaborer avec la justice, le témoignage de ces repentis, en particulier celui de Vincent Palermo, scellera pour de bon l’avenir de certains membres de cette famille, qui seront pour la plupart condamner à des peines allant de vingt ans à la prison à vie. En 2003, Giovanni Riggi qui devait bientôt être libérable, fut accusé du meurtre d’un ancien partenaire d’affaire de John Gotti, Fred Wess. Face à la perspective de terminer sa vie derrière les barreaux, Giovanni Riggi plaida coupable et avoua même devant un tribunal fédéral avoir donné l’ordre de tuer l’ancien entrepreneur : « Nous avons convenu qu’il devait être assassiné. Face à cet accord, il a été tué » déclara t’il. Devenant très malade, le juge sera indulgent et repoussera sa date de sortie en 2012. Libéré de prison en Novembre 2012, Giovanni Riggi décédera de cause naturelle en Août 2015. A sa sortie, Giovanni Riggi se retira des affaires familiales, la famille étant dirigée à cette époque par l’un de ses anciens bras droit, Francesco “Frank” Guaracci qui décédera d’un cancer en 2016. 

Francesco Guaracci
Francesco Guaracci

Une année avant le décès de Francesco Guaracci, le FBI arrêta une dizaine de membres et Associés de la famille DeCavalcante. Parmi ces arrestations, il y avait le Capitaine Charles “Beeps” Stango, un Capitaine de la famille DeCavalcante âgé à cette époque de 71 ans, qui gérait son business depuis Las Vegas. Son fils, le Soldat Anthony Stango, et le Consigliere en exercice, Frank “Sheep” Nigro. Ces inculpations ont permis aux fédéraux d’en apprendre davantage sur une famille qui avait chamboulé son organisation et donc sa hiérarchie depuis quelques années. Charles Stango aurait été enregistré en train de planifier le meurtre d’un Soldat de la famille DeCavalcate, dénommé Luigi Oliveri, pour seul motif d'avoir manqué de respect à l’ancien à Francesco Guaracci. Pour Charles Stango, l’individu en question devenait « hors de contrôle » et il devait soit « mourir » ou terminer « sa vie dans un fauteuil roulant », et en lui jetant par la même occasion de « l’acide sur le visage ». Charles Stango révéla une information très intéressante pour les enquêteurs fédéraux, la famille DeCavalcante serait sous la « coupe » de la famille Gambino de New-York : « Nous travaillons avec les Gambino » déclara t-il à son fils par téléphone, un peu exaspéré. La famille de New-York est dirigée en ce moment par des Siciliens, et la famille DeCavalcante à la même particularité, Francesco Guaracci l’ancien Acting Boss était d’origine Sicilienne. Ce dernier, qui est arrivé aux États-Unis en 1980 en provenance de sa Sicile natale, a très vite rejoint les rangs de la famille DeCavalcante, en ouvrant le Ribera Social Club à Elizabeth dans le New-Jersey. De nature discrète, Francesco Guaracci ne fait que parler de lui en 2011, quand il est reconnu coupable et condamné à six mois de détention à domicile pour avoir essayé d'extorquer une pizzeria dans le New-Jersey. Quant-à Charles Stango, il plaidera coupable et sera condamné à dix années prison, une peine qu'il purge actuellement dans le pénitencier fédéral. Aujourd’hui et après le décès de Francesco Guaracci, le Parrain de la famille DeCavalcante n’est pas connu, mais une chose est sûre, celle-ci comporte encore une quarantaine de membres rattachés à au moins quatre Capitaines, éparpillés dans tout le New-Jersey.

Dernièrement, un ancien agent fédéral, Giovanni Rocco, ayant infiltré la famille DeCavalcante et permis les arrestations en 2015 de plusieurs membres dont Charles Stango et Frank Nigro, vient de publier un livre sur sa vie, dénommé : “Giovanni's Ring: My Life Inside the Real Sopranos”. Après avoir participé à l’enquête de fraude financière contre Nicodemo Scarfo Jr et Salvatore Pelullo, qui se soldera par des peines de trente années de prison pour les deux compères, Giovanni Rocco fut affecté par la suite à suivre un trafiquant de drogue, Associé à la famille DeCavalcante et ayant des liens avec les Bloods, James Heeney. Ce dernier opérait depuis la ville d’Elizabeth dans le New-Jersey, un fief de la famille DeCavalvante qui, à ce jour, garde une présence très significative. James Heeney était affilié au Soldat Luigi “Dog” Oliveri et le but de Giovanni Rocco était d’utiliser l’Associé de la famille DeCavalcante pour remonter vers des plus gros poissons. Giovanni Rocco demanda alors à “tester” un échantillon de deux cent grammes de cocaïne et pour prouver sa “bonne foi”, offrit à James Heeney plusieurs sacs de vêtements de luxe volés, contrefaits en réalité, que le FBI avait saisis et stockés dans un entrepôt. Cette subtile manœuvre permit à Giovanni Rocco d'avoir la confiance des mafieux et de monter un à un les échelons de la famille DeCavalcante, jusqu’à arriver à côtoyer Charles Stango. La suite nous la connaissons, grâce au formidable travail de Giovanni Rocco, plusieurs membres de la famille DeCavalcante seront inculpés et condamnés, mais l’ancien agent fédéral garde un goût assez amer de cette expérience. En effet, après cette opération, les agences gouvernementales ont mis un certains temps avant de faire déménager Giovanni Rocco d'Elizabeth, lieu ou se cacher l'agent fédéral avec famille avant de rentrer dans le programme de protection des témoins. Comme tout agent infiltré pendant plusieurs années dans une organisation criminelle, comme Joseph D. Pistonne chez les Bonanno, Giovanni Rocco se lia d’amitié avec Charles Stango et déclara qu’il avait eu pitié de lui en sachant qu’il allait l’envoyer en prison pendant des années. Il raconta aussi le stress au quotidien de cette infiltration et le risque permanent que ce dernier prenait pour éviter que sa famille se fasse repérer par les mafieux du coin. En 2014, soit un an avant la fin de cette opération, Giovanni Rocco se fait apostropher par Danny "Gooms" Bertelli, un Soldat de la famille Gambino qui effectuait la liaison avec la famille DeCavalcante. Giovanni Rocco avait caché sa vie familiale, se prétextant célibataire et voilà que Danny Bertelli le voit accompagné de plusieurs membres de sa famille, lors d’un match de football de sa fille. Pour essayer de se sauver, il raconta au Soldat de la famille Gambino, qu’il aidait une amie qui avait une fille dont le père était en prison. 

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QUAND LA MAFIA ALBANAISE VOULAIT FAIRE LA GUERRE A LA COSA NOSTRA

14 Juillet 2021, 17:20pm

Publié par Xav

Alex Rudaj
Alex Rudaj

La Cosa Nostra n'a plus la même "splendeur" d’antan, il n’empêche que cette dernière reste encore une organisation criminelle très structurée, qui effraie bon nombre de truands qui voudraient marcher sur ses plates de bandes. En effet, la Cosa Nostra Italo-Américaine a encore bon nombre de familles implantées un peu partout aux États-Unis et même si cette dernière utilise de moins en moins le meurtre pour arriver à ses fins, elle peut compter sur des membres qui ont prêté serment d’allégeance, de commettre des crimes pour le bien de cette organisation. Même si son influence à diminuer, la Cosa Nostra, arrive à garder son aura, et traite assez facilement avec d’autres mafias voire des gangs de rue implantées sur leur territoire. Malgré cela, certaines organisations criminelles ont tenté par le passé de tester les limites de différentes familles de la Cosa Nostra, pour savoir si cette dernière, qui a changé radicalement de stratégie ces dernières années, préférant prospérer dans l’ombre, serait prête à déclencher une guerre pour défendre ses positions, petit retour en arrière. Au début des années 1990, une organisation criminelle Albanaise dénommée « The Corporation » a commencé à prendre le contrôle de plusieurs clubs sociaux contrôlés certaines familles New-Yorkaise. Cette « mini mafia », était dirigée par Alex Rudaj  un individu déjà connu des services de police et identifié comme un ancien Associé de la famille Gambino.

Rao's restaurant
Rao's restaurant

Mais arrivé à un moment de sa carrière criminelle, Alex Rudaj voulait prendre son indépendance, et s’inspira de l’organisation hiérarchique mise en place par la Cosa Nostra, pour fonder sa propre famille. Généralement l’entente avec les Albanais et les mafieux Italiens a toujours été très cordiales. Ces derniers, de par leur influence avaient l’habitude d’utiliser les Albanais comme une force de frappe dans différentes affaires. Durement mais surement, Alex Rudaj accompagné par des individus d’origine Albanaise mais aussi Italiennes, la plupart Associés à des familles de la Cosa Nostra, commencèrent à se former pour tenter quelque chose d’invraisemblable, attaquer des clubs sociaux ou des lieux détenus par des membres de la Cosa Nostra. Au départ, ils commencèrent à travailler dans le comté de Westchester, avant de s’étendre dans le Queens et dans le Bronx, des endroits ou la Cosa Nostra a et encore aujourd'hui, une très grande influence. Pendant plusieurs années, ce qui était au début une petite équipe de truands, se transforma en une organisation criminelle gagnant son argent grâce au racket et à la violence. A l’été 2001, Alex Rudaj accompagné d’au moins six hommes, rentrèrent dans une salle de jeux contrôlée par la famille Lucchese, frappèrent le gérant à la tête et déclarèrent aux clients qui étaient en train de jouer clandestinement dans ce tripot : «Messieurs désormais cet établissement est fermé. Je le jure devant Dieu, que si je vois encore une personne ici, je le frapperais à mort ». Bizarrement, la famille Lucchese ne réagit pas tout de suite, ce sont plus les familles Bonanno et Gambino, qui étaient plus inquiétées de l’influence grandissante que prenait cette organisation criminelle. La tension fut à son paroxysme quand les Albanais essayèrent de rentrer de force dans le restaurant Italien Rao’s , connu pour avoir été le lieu de prédilection de l’ancien Parrain de la famille Gambino, John Gotti. Alex Rudaj était venu au départ manger, mais en raison des dernières altercations avec les mafieux Italiens, il fut rejeté par le personnel car selon eux, le restaurant était plein. Ce dernier ne se dégonfla pas et revint quelques heures après avec près d'une douzaine d'hommes, prêt à rendre des comptes pour ce manque de respect. Pris de panique, le propriétaire lui trouva finalement une place de premier choix. Cet incident fut un message fort adressé aux mafieux Italiens. En attaquant un lieu « sacré », les Albanais leur disaient clairement « Montrez nous un peu de respect, ou on ira encore plus loin ». La famille Gambino comprit immédiatement le message.

Arnold « Zeke » Squitieri
Arnold « Zeke » Squitieri

A cette époque, l'Underboss de la famille Gambino, un membre de la vieille école dénommé, Arnold « Zeke » Squitieri, était visiblement très énervé et excédé que ces « malfrats de bas étage » puissent s’en prendre à une organisation aussi tentaculaire que la sienne et demanda un rendez-vous à Alex Rudaj pour résoudre ce conflit, qui pouvait à juste titre dégénérait en guerre dans les rues de New-York. La réunion se déroula dans une station essence, en pleine nuit. Arnold Squitieri ramena près de vingt hommes, tous armés de battes de baseball, barres de fer ou d'armes automatiques. Devant eux, Alex Rudaj était en infériorité numérique avec ses six hommes, se rendant compte qu’il avait devant lui une petite partie des effectifs de la Cosa Nostra et que si ces derniers déclaraient la guerre, son clan allait tout droit vers une défaite certaine. Arnold Squitieri commença à déclarer que désormais la « partie était terminée » pour les Albanais, qu’ils « étaient allés trop loin ». Mais l’un des lieutenants de The Corporation, braqua son arme sur l’Acting Boss de la famille Gambino et menaça par la même occasion de tirer sur les jerricanes d’essence. Prêt à tout faire sauter, les deux organisations criminelles reculèrent et décidèrent de quitter les lieux sans accord possible, la guerre allait bientôt éclater. Finalement c’est le FBI qui mit fin aux hostilités, en arrêtant une bonne partie de la famille Rudaj. Alex Rudaj et plusieurs des ses hommes furent inculpés de charges tenant de la loi RICO et condamnés à de longue peine de prison. En une seule arrestation, la famille Albanaise fut complètement détruite et n’existe plus au jour d’aujourd’hui. Arnold Squitieri fut lui aussi arrêté et condamné à sept ans de prison pour extorsion, jeux illégaux et évasion fiscale, mais contrairement à Alex Rudaj, la famille Gambino avait assez de membres « compétents » pour pouvoir le remplacer à son poste.

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