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L'ANCIEN UNDERBOSS DE LA FAMILLE LUCCHESE CONDAMNÉ À LA PRISON À PERPÉTUITÉ

30 Août 2020 , Rédigé par Xav Publié dans #Lucchese

Steven Crea
Steven Crea

Dix mois après avoir été reconnu coupable et près d’un mois après la condamnation de Christopher Londonio et Matthew Madonna, l’ancien Underboss de la famille Lucchese, Steven « Wonderboy » Crea, a été condamné à la prison à perpétuité pour le meurtre de Michael Meldish. Après un procès de plusieurs semaines, qui avait vu défiler des témoins du gouvernement plus ou moins convainquant, les procureurs fédéraux avaient réussi à convaincre un jury de la culpabilité des accusés dans cet assassinat. Pourtant la tâche était loin d’être simple. Lors de la préparation de ce procès, la juge fédérale avait averti les procureurs fédéraux à plusieurs reprises, remettant clairement en doute la sincérité des témoins du gouvernement, qu’elle jugeait peu crédible. Pourtant, loin de démontrer clairement la culpabilité des accusés dans l’assassinat de Michael Meldish, les procureurs fédéraux ont joué très fortement sur le passé criminel des prévenus, une stratégie gagnante qui se soldera par des lourdes condamnations. Steven Crea est le dernier accusé à passer devant un tribunal pour recevoir son verdict. Christopher Londonio et Matthew Madonna ont étaient au même endroit le mois dernier, et le verdict fut expéditif pour les deux mafieux qui n’ont eu guère de chance d’essayer de convaincre une dernier fois le magistrat. Après ce verdict, rien ne laisser présager une situation favorable pour l’ancien homme fort de la famille Lucchese. Pour les avocats de la défense, une condamnation à perpétuité était inéluctable, tout devait se jouer désormais sur l’amende prévue dans ce verdict. Les procureurs demandaient 1,34 millions de dollars, la défense quant-à elle essayait de sauver les meubles, mais la juge fédérale au lieu de statuer rapidement, voulait profiter de ce dernier moment pour faire passer un message aux membres de la Cosa Nostra. Cathy Seibel est loin d’être une novice dans ce genre de procès. Les membres de la Cosa Nostra, elle les connaît pas cœur et après avoir demandé aux deux parties de se mettre d’accord sur la montant de l’amende, qui au final sera d’un million de dollars, la juge fédérale mis fin à la carrière criminelle de Steven Crea en quelques minutes. Tout d’abord, elle le condamna à la prison à perpétuité pour l’assassinat de Michael Meldish, à dix ans pour avoir comploté dans un projet d’assassinat et surtout, elle condamna une nouvelle fois Steven Crea à la prison à perpétuité pour le délit « d’utilisation d’une arme à feux avec volonté d’entrainer la mort », un délit qui au général prévoit une peine maximale de cinq ans derrière les barreaux. Mais dans ce genre de situation, un juge fédéral à tous les droits et peut très bien augmenter la peine d’un accusé, en prenant en compte par exemple son passé criminel. 

 

A la base, les procureurs voulaient faire condamner Steven Crea d’avoir planifié le meurtre de trois individus liés à la Cosa Nostra, des accusations qui se solderont au final par un acquittement pour l’ancien Underboss de la famille Lucchese,

Joseph Datello
Joseph Datello

mais qui démontreront bien la stratégie opérée par le gouvernement fédéral pendant ce procès. Les témoins étaient défaillants, il fallait donc ternir l’image des accusés. Les procureurs fédéraux démarrèrent le procès, en déclarant que Steven Crea avait menacé de tuer au moins trois personnes : Carl Ulzheimer, Joseph Datelo et Sean Richard. Le premier est un Associé de la famille Bonanno. En 2012, les deux familles étaient en conflits sur certains sujets et la famille Bonanno pour impressionner un peu la famille Lucchese, avait effectué une descente dans un club social détenu par Steven Crea. A l’intérieur les esprits se sont vite échauffés, les langues aussi et Carl Alzheimer n’hésita pas, malgré son statut, de manquer de respect à Steven Crea. Dans la Cosa Nostra, manquer de respect à un membre intronisé, équivaut à une condamnation à mort et même si les mentalités ont bien changé, il y a des choses qui ne passent pas : « Je me souviendrai de votre visage » aurait déclaré Steven Crea à Carl Ulzheimer.  Selon les procureurs, Steven Crea demanda à son fils, le Capitaine, Steven Crea Jr, de s’en occuper, qui le sous-traita alors à un Soldat de son équipe Vincent Bruno, qui se déplaça au domicile de Carl Alzheimer pour l’assassiner, fort heureusement pour l’Associé de la famille Bonanno, celui-ci n’était pas présent. Quand le gouvernement fédéral lancera son opération contre la famille Lucchese, Vincent Bruno trouvera rapidement un accord de plaidoyer. Il plaidera coupable de complot, de racket et sera condamné à onze années derrière les barreaux. La deuxième personne est Joseph Datello, un Soldat de la famille Lucchese et un proche de Steven Crea. Comme pour Vincent Bruno, Joseph Datello a lui aussi été inculpé et a rapidement accepté de plaider coupable de racket avant d’être condamné à quatorze ans de prison. Alors pourquoi Steven Crea aurait voulu tuer un membre de sa famille ?. Pour les procureurs fédéraux la raison est simple, Steven Crea était énervé de voir Joseph Datello ne pas rembourser ses dettes. En réalité, les procureurs n’avaient jamais entendu parler de cette histoire auparavant et c’est grâce seulement au témoignage de Robert Spinelli, un Associé de la famille Lucchese, qui n’a jamais été intronisé dans la Cosa Nostra en raison d’une déficience mentale, que le gouvernement fédéral a eu l’idée d’ajouter cette tentative de meurtre sur le dos de Steven Crea. Lors de sa collaboration, Robert Spinelli déclara que Joseph Datello et Sean Richard étaient des partenaires en affaire dans une entreprise de construction dans les années 1990. Mais en 1999, l’entreprise éprouvait des difficultés financières et pour aider son ami, Steven Crea aurait injecté près de deux cent mille dollars afin de renflouer les dettes. Après le témoignage de Robert Spinelli, les procureurs fédéraux ont eu la certitude que, près de vingt ans après avoir accordé un prêt à Joseph Datelo, Steven Crea aurait décidé de se venger. Lors du procès, la défense a très vite ironisé sur ce « contrat », en déclarant que leur client aurait mis « près de vingt ans » pour se rendre compte que Joseph Datelo n’avait pas rembourser une dette. 

 

Sean Richard avait la particularité d’être le beau fils de l’ancien Parrain de la famille DeCavalcante, Giovanni « The Eagle » Riggi. Dès l’été 1999, les agents fédéraux perquisitionnaient la maison et la société détenus par Sean Richard. Ce dernier voyant les soucis avec la justice arrivaient, sombra dans une forte dépression. En Automne 1999, la famille Lucchese inquiète surement de la tournure que prenait cette affaire, se réunit à deux reprises avec le beau-fils de Giovanni Riggi. La première réunion eut lieu dans un restaurant à Yonkers. Sean Richard était accompagné du Soldat Joseph Datello pour rencontrer Steven Crea. Ce dernier était à la tète du « Lucchese Construction Groupe», mais de part sa position Underboss, il transmettait aussi les ordres de Vittorio Amuso, Parrain de la famille Lucchese incarcéré à vie. Selon Sean Richard, Steven Crea était très en colère et pendant près d’une heure, il parla des rackets en cours entre les deux familles. Toujours selon ce dernier, l’ancien Underboss doutait visiblement de la « sincérité » du beau-fils de Giovanni Riggi. Une deuxième rencontre s’imposait. Toujours avec le Soldat Joseph Datello, mais cette fois-ci avec son Capitaine Dominic « Crazy Dom » TruscelloLa peur commençait à envahir Sean Richard. Lui qui se sentait tellement intouchable aupravant, commença à se poser des questions quand Joseph Datello lui demanda d’attendre devant le Tick Tock Diner dans le New-Jersey, stipulant qu’une camionnette allait venir le chercher. Sean Richard se demanda alors pourquoi les mafieux utilisaient une camionnette et non une voiture habituelle ? Pour cacher un corps ? Le tuer sans se faire voir ?, tant de questions sans réponse qui fit que Sean Richard s'arma pour aller à ce rendez-vous, chose qui est normalement strictement interdite dans les règles de la Cosa Nostra. Le trajet sa passa sans violence, mais pendant la réunion, Dominic Truscello le fixa droit dans les yeux et lui demanda : « Vous avez des péchés à avouer ? ». Cette rencontre scella le destin de Sean Richard qui quelques jours plus tard décida de se livrer au FBI pour collaborer. 

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ARNAQUE A LA LOTERIE POUR DES MEMBRES DE LA COSA NOSTRA

28 Août 2020 , Rédigé par Xav Publié dans #Genovese, #Colombo

Christopher Chierchio
Christopher Chierchio

Cela pourrait faire l’affiche d’un futur film. Un avocat spécialisé dans la gérance des gagnants de la loterie, s’associe avec des membres de la Cosa Nostra afin de soutirer de l’argent d’individus devenus millionnaire en quelques minutes. Jason Kurland faisait appeler « l’avocat de la loterie », développant une réputation nationale afin d’aider les gagnants dans leurs futurs investissements, leur promettant de sécuriser leur richesse pour des dizaines d’années et surtout de les protéger des escrocs. Mais en réalité, Jason Kurland fut inculpé de s’être associé avec des membres de la Cosa Nostra et d’avoir escroqué, selon le gouvernement fédéral, des centaines de millions de dollars. Les individus inculpés avec ce célèbre avocat ne sont pas n’importe qui. Il y a d’abord Christopher Chierchio considéré comme un Soldat de la famille Genovese. Ce dernier a toujours eu un parcours atypique, ayant un casier judiciaire pratiquement vierge, avec une seule condamnation en 2004 pour falsification et un acquittement l’année dernière sur des accusations de « truquage d’offres ». La spécialité de Christopher Chierchio ce sont plutôt les crimes en col blanc. Navigant sous le radar du FBI, il vit actuellement dans un appartement de luxe à Manhattan, payant près de onze mille dollars de loyer, conduit une Cadillac Escale avec chauffeur de près de soixante treize mille dollars, tout en se faisant passer auprès des autorités comme le propriétaire d’une entreprise de plomberie. La troisième personne inculpée c’est Frangesco Russo, neveu d’Andrew « Andy Mush » Russo, considéré comme l’actuel Acting Boss de la famille Colombo. Alors un Soldat de la famille Genovese qui s’associe avec un membre affilié à la famille Colombo et un avocat véreux, ce n’est pas courant, mais quand on parle de plusieurs millions de dollars, les rivalités entre familles sont vite oubliées. Le stratagème était assez simple. La plupart des gagnants de la loterie devenaient millionnaire du jour au lendemain et n’avait aucune mesure de la fortune qu’ils venaient de gagner. Pour les aider, l’avocat demandait dès le départ entre soixante quinze mille et deux cent milles dollars et faisait payer mensuellement les individus entre quinze mille et cinquante mille dollars en conseils divers, qui étaient en réalité des investissements frauduleux permettant à lui et ses Associés de s’en mettre plein les poches. Au fur et à mesure, Jason Kurland demanda à ses clients d’investir dans différentes sociétés, selon lui c’était des « valeurs sures », qui aurait assuré, selon ce dernier », des revenus importants à ses clients. En réalité, les individus investissaient bien dans des sociétés, mais des entreprises qui étaient gérés par Christopher Chierchio, qui par la suite profitait de cet argent fraichement arrivé pour le dépenser dans des restaurants haut de gamme, des voitures de luxe ou encore des adhésions à des clubs de Golf. Mais dans ce genre d’histoire, toutes les bonnes choses ont généralement une fin et au fil des mois, Jason Kurland fit part de ses inquiétudes à ses collègues mafieux, leur demandant de ne pas trop « jouer avec le feu ». Des inquiétudes que le Soldat de la famille Genovese balaya d’un revers de la main, ironisant sur la prétendue enquête du FBI : « Le FBI qui s’en soucie ? ils m’ont toujours harcelé ». Mais Christopher Chierchio avait sans doute une « carapace plus dure » que Jason Kurland, qui sentait l’étau se resserrer petit à petit, surtout qu’en plus de récolter de l’argent facilement, les mafieux n’hésitaient pas une seule seconde à menacer les mauvais payeurs. Dans des enregistrements dévoilés par les procureurs fédéraux, Frangesco Russo, menaçait ouvertement des mauvais payeurs de leur « tirer entre les deux yeux », si ces derniers ne remboursaient pas leur dette. Les procureurs ont certifié que les mafieux profitaient de l’argent récolté par Jason Kurland pour avoir un contrôle quasi total sur les prêts usuraire dans certains quartiers de New-York. Alors que Jason Kurland et Christopher Chierchio ont pu profiter d'une libération sous caution, Frangesco Russo, qui avait détaillé, dans plusieurs enregistrements, les armes qu'il utiliserait pour faire du «  mal » aux individus récalcitrant, a été maintenu en détention.

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UN ANCIEN CAPITAINE DE LA OUTFIT DEMANDE UNE LIBÉRATION ANTICIPÉE

8 Août 2020 , Rédigé par Xav Publié dans #Outfit

Michael Sarno
Michael Sarno

Elle est loin l’époque ou Michael « The Large Guy » Sarno géré l’équipe de Cicero d’une main de fer. Désormais âgé de soixante deux ans, ce dernier qui purge actuellement une peine de vingt cinq années de prison dans le pénitencier fédéral de Petersburg dans l’État de la Virginie, n’est plus, selon son avocat, que l’ombre de lui même. Accumulant les divers problèmes de santé et ne se déplaçant plus qu’en fauteuil roulant, Michael Sarno cherche par tous les moyens possibles de terminer sa peine de prison chez lui, en raison de la pandémie de coronavirus. Depuis que le virus s’est propagé aux quatre coins des Etats-Unis, la plupart des mafieux incarcérés inondent les tribunaux fédéraux de diverses requêtes et autres demandes de libération. Alors que les demandes concernent généralement les familles New-Yorkaise, ce fut le cas aussi pour les membres de la Outfit, ou après, une demande rejetée pour James Marcello, un juge fédéral avait accepté la libération du Soldat, Mario Raimone, alors qu’il était libérable en 2028. Michael Sarno quant-à lui, est libérable en 2032, mais alors que Mario Raimone avait décidé de coopérer avec les autorités avant de se rétracter, le comportement de Michael Sarno n’a jamais joué en sa faveur. Quand on gère le crew de Cicero on est considéré dans la Outfit de Chicago comme une personnalité importante, influente. Cicero c’est Al Capone, Rocky Infelice, les frères Calabrese, une équipe réputée violente et pour sa faculté à transgresser très « légèrement » les règles en vigueur.  

 

Le 31 Août 2006, Anthony Zizzo, surnommé « Little Tony », considéré par le FBI

comme l’Underboss de la Outfit disparait mystérieusement. Rapidement Michael Sarno fut suspecté, surtout que les deux hommes se détesteraient mutuellement, mais Michael Sarno était un Capitaine et de part sa position au sein de la Outfit, il devait le respect à Anthony Zizzo. Rapidement, le FBI se concentra sur les activités de l’équipe de Cicero

Anthony Zizzo
Anthony Zizzo

après une anecdote macabre qui confirma la suspicion des fédéraux sur Michael Sarno. Quelques semaines après sa disparition, Gerald Dhamer un plombier n’ayant aucune affiliation avec la Outfit de Chicago, aucun casier judiciaire, aucun ennemi connu, fut abattu devant son domicile. La police d’État, puis par la suite les fédéraux, ont tout de suite compris que l’assassinat de Gerald Dhamer était une « incroyable erreur » venant du tueur, qui par ailleurs ne sera jamais identifié. En effet, Gerald Dhamer est un individu sans problème, sauf qu’il habitait le 623 Broadway à Park Ridge et que l’un de ses voisins, le bras droit de Michael Sarno, Salvatore Cataudella, habitait quant-à lui le numéro 632. Pour les fédéraux, il était évident que le tueur s’était trompé de cible en abattant la mauvaise personne et que cet assassinat était lié à un complot des loyalistes d’Anthony Zizzo pour abattre un fidèle de Michael Sarno. Aujourd’hui, l’avocat de Michael Sarno fait tout son possible pour le faire libérer de prison. Justifiant sa demande sur les nombreux problèmes de santé  de son client, il déclara aussi que Michael Sarno « n’est plus une menace pour la société », mieux encore, il précise que Michael Sarno n’a jamais été « une personne violente ». Quant-à Michael Sarno, il stipula que si « il était libéré », il retournerait vivre avec sa femme, ses enfants et ses petits enfants dans la banlieue de Chicago, sans mentionner une seule fois son retrait de la Outfit de Chicago.

 

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PROCÈS LUCCHESE : UN TÉMOIN DU GOUVERNEMENT REMERCIÉ PAR LES PROCUREURS

4 Août 2020 , Rédigé par Xav Publié dans #Lucchese

Christopher Londonio
Christopher Londonio

Après avoir effectué une offre qu’il ne pouvait pas refuser à Frank Pasqua III, la justice Américaine a remercié David Evangelista pour son témoignage envers des membres de la famille Lucchese, avec une peine de trente huit mois derrière les barreaux. A la base, ce dernier risquait près de vingt ans de prison pour braquage, mais le fait de se retrouver dans la même cellule que le Soldat, Christopher Londonio, a offert à David Evangelista une chance inespérée de pouvoir sortir plus rapidement de prison. Pourtant son témoignage n’a pas été décisif, pire encore, les jurés n’ont pas cru un seul mot de son histoire. En effet, David Evangelista s’était présenté à la barre des témoins pour raconter que Christopher Londonio avait tenté de s’évader du Métropolitan Center. Dans son récit, il expliqua comment le Soldat de la famille Lucchese était furieux de voir libérer sous caution Steven Crea et son fils, Steven Crea Jr, et aurait, avec l’aide de sa famille, organisé une évasion rocambolesque digne des meilleurs films d’évasion. Selon David Evangelista, Christopher Londonio avait entamé depuis plusieurs semaines des exercices physique lui permettant de perdre du poids et ainsi pouvoir passer à travers les barreaux, à moitié sciés grâce à du fil dentaire, plus facilement. A l’extérieur, le père de Christopher Londonio se serait occupé de la logistique, en trouvant des armes, une cachette pour son fils, mais à la dernière minute, Christopher Londonio aurait voulu changer le trajet d’origine pour « régler ses comptes ». Selon David Evangelista, le Soldat de la famille Lucchese a été très vexé de voir Matthew Madonna, lors des différentes audiences, saluait tout le monde dans la salle, même des agents fédéraux, tout le monde sauf la famille de Christopher Londonio, un manque de respect que le Soldat de la famille Lucchese qu'il ne voulait pas laisser passer. En sortant de prison, il aurait prévu d’aller sonner au domicile de Matthew Madonna et d’assassiner sa femme, mais c'est là que tout se gâte dans le témoignage de David Evangelista. Lors de la préparation du procès, le juge fédéral doutait un peu des paroles de ce dernier, ne comprenant pas comment un Soldat de la Cosa Nostra, pouvait autant se confier envers une personne qu’il connaissait seulement que depuis quelques semaines. De plus son témoignage sur la prétendu tentative d’évasion de Christopher Londonio, David Evangelista certifia que le Soldat de la famille Lucchese lui aurait avoué, la par même occasion, qu’il était impliqué dans l’assassinat de Michael Meldish. Lors du procès, les avocats de la défense ont très vite remis en cause les déclarations de David Evangelista, déclarant que ce dernier avait déjà essayé plusieurs fois par le passé, de balancer des prisonniers de son bloc cellulaire ou en donnant des informations sur des détenus affiliés à des organisations criminelles afin de pouvoir conclure un marché avec le gouvernement fédéral, sans succès. Sans succès, car les procureurs fédéraux connaissaient déjà la réputation de David Evangelista, considéré comme un toxicomane, dont sont témoignage aurait pu être très vite renversé par la défense lors d’un procès. Alors pourquoi l’avoir choisi dans un procès impliquant des membres de la famille Lucchese ?, car les procureurs fédéraux étaient partis dans une stratégie d’accumuler les témoins pour essayer de discréditer le plus possible les accusés pendant le procès.

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JOHN FRANZESE : LA COSA NOSTRA AVANT TOUTE CHOSE - PARTIE 4

2 Août 2020 , Rédigé par Xav Publié dans #Colombo

Lawrence Iorizzo venait d’être reconnu coupable de fraude postale et Michael Franzese était nerveux, connaissant la personnalité de son Associé, il savait qu’il allait finir par craquer : « J’ai tout de suite compris. Ce gars là pèse plus de deux cent kilos, vous le voyez dans une cellule ? il ne pouvait tout simplement pas faire de prison ». Très vite, Michael Franzese pris contact avec Lawrence Iorizzo, qui était en liberté sous caution en attendant de recevoir son verdict, afin de lui indiquer de « changer d’air », qu’il quitte les Etats-Unis pour un pays n’opérant pas les pratiques d’extradition, comme le Panama. Cela tombe bien le pays était géré par Manuel Noriega, un hostile des Etats-Unis qui cherchait par tous les moyens à le faire juger. A la base, Lawrence Iorizzo n’était pas très enclin à accepter les demandes des mafieux de la famille Colombo, mais vu que le père était récalcitrant, Michael Franzese convoqua son fils à son bureau : « S’il ne part pas, on vous tuera tous ». Le message était bien passé et Lawrence Iorizzo pris le premier avion, avec son faux passeport, vers le Panama, mais son voyage sera de courte durée. En effet, les agents fédéraux l’avaient suivi à la trace et en Septembre 1984, il sera kidnappé et extradé de force par les Américains vers la Floride. Sur place les procureurs fédéraux ont très vite « retourné » Lawrence Iorizzo qui décidera alors de collaborer avec la justice. Les jours de liberté de Michael Franzese étaient comptées et très vite, il fut inculpé et présenté devant un juge fédéral à New-York. Au tribunal, les procureurs fédéraux ont déclaré que Michael Franzese était une « menace pour la société » déclarant que l’agent de transition, qui surveillait la libération conditionnelle de son père, avait reçu des menaces de mort par téléphone, deux jours après le retour derrière les barreaux de John Franzese. Il était clair dans l’esprit des procureurs qu’il fallait démontrer que derrière Michael Franzese, il avait une organisation criminelle, les Colombo et des personnes influentes, comme son père, qui pouvait prendre des décisions à distance. Les arguments du gouvernement fédéral ont convaincu le juge de la nécessité de laisser Michael Franzese derrière les barreaux, sans caution possible, au moins jusqu’au début de son procès. Se retrouver derrière les barreaux c’était quelque chose de nouveau pour Michael Franzese. Avant d’être intronisé dans la Cosa Nostra, il savait que l’incarcération faisait partie de la vie d’un mafieux et que le nombre d’années passées derrière les barreaux pouvait augmenter considérablement le respect envers sa famille. Alors que son père John, passa plus de la moitié de sa vie en prison, Michael Franzese analysa sa situation et se rendit compte qu’il risquait au moins vingt ans, si tout allait bien, une chose qu’il voulait à tout pris éviter. Quelques semaines après son incarcération, Michael Franzese décida d’accepter un accord de plaidoyer avec les procureurs fédéraux. Cet accord prévoyait une peine de dix ans dans un pénitencier fédéral assorti d’une amende de plusieurs millions de dollars. En 1987, Michael Franzese purgeait sa peine à Terminal Island, une prison fédérale de faible sécurité en Californie. A l’intérieur des murs de la prison, la vie était supportable pour Michael Franzese, mais peu de temps après son incarcération, ce dernier a eu des discussions assez avancées avec Edward McDonald, un procureur fédéral. Vous vous souvenez forcément du film « Les Affranchis », Edward McDonald joue son propre rôle d’un procureur essayant de convaincre Henry Hill et sa femme Karen d’intégrer le programme de protection des témoins. Edward McDonald c’est une pointure, qui faisait parti d’une « Strike Force » luttant contre le crime organisé et en particulier les familles de la Cosa Nostra. A la base, les procureurs fédéraux étaient intéressés par la relation que pouvait entretenir Michael Franzese et Norby Walters un agent sportif accusé de racket et Edward McDonald était prêt à réduire la peine de prison de Michael Franzese si celui-ci collaborait avec la justice Américaine. Pour le gouvernement fédéral, il était improbable que le fils de John Franzese puisse avoir l’intention de venir témoigner dans un procès fédéral, mais à la surprise générale, Michael Franzese accepta l’offre, mettant ainsi fin à sa vie dans la Cosa Nostra, à la famille Colombo et à sa propre famille, humiliée de sa décision. 

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JOHN FRANZESE : LA COSA NOSTRA AVANT TOUTE CHOSE - PARTIE 3

1 Août 2020 , Rédigé par Xav Publié dans #Colombo

Dans une famille de la Cosa Nostra, il faut distinguer deux types d’individus : Les salariés, des personnes qui vont apporter énormément d’argent grâce à des fraudes sophistiquées et des crimes dit en « col blanc ». La deuxième catégorie correspond aux « gros bras », des Soldats pour la plupart du temps, qui agressent les mauvais payeurs ou exécutent des contrats pour l’intérêt de la famille. Michael Franzese faisait parti quant-à lui de la première catégorie. De part sa notoriété et en étant le fils d’un personnage emblématique de la famille Colombo, Michael Franzese a très vite compris les rouages et les principes de fonctionnement de la Cosa Nostra, fermer sa bouche, gagner de l’argent et dans cette organisation criminelle, il n’y a pas de ticket plus rapide pour monter les échelons que d’être considéré comme un « gagnant », une personne qui rapporte énormément d’argent. Étant un Soldat actif, qui ratissait tout New-York dans le but de trouver les meilleurs plans, sa vie changea radicalement après avoir fait la connaissance d’un Associé de la famille Colombo, Lawrence « Sal » Iorizzo. Lawrence Iorizzo était un personnage atypique. Mesurant plus d’un mètre quatre vingt pour plus de deux cent kilos, il pouvait manger près de neuf pizzas dans la même journée, tout en s’occupant de ses deux femmes, qui avait chacun un domicile distinct à Long-Island. Nous étions en 1981 et Michael Franzese était encore un simple Soldat, il tournait un peu en rond et Lawrence Iorizzo le contacta pour lui parler d’un stratagème pouvant lui rapporter des centaines de millions de dollars, frauder le gouvernement fédéral sur les taxes relatives à l’essence. Le but était simple : A New-York, si vous êtes un détaillant et que vous souhaitez acheter ou vendre de l’essence, vous devez payer une taxe. Cette taxe, qui est une taxe d’État, n’est payée qu’une seule fois dans la transaction, mais dans les années 1980, l’État de New-York était très « lent » pour collecter les impôts et le système était de plus en plus défaillant, ce qui ne manqua pas à certains mafieux de s’engouffrer dans la brèche. Avec l’aide de son père et de Lawrence Iorizzo, Michael Franzese créa plusieurs sociétés écrans, des entreprises fictives, comme la Galleon Holdings qui comprendra par la suite des centaines de stations services, des terminaux de stockage et des flottes pétrolières, permettant de vendre des millions de bidons d’essence à New-York, mais aussi dans d’autres États Américains, comme le New-Jersey et la Floride. Les entreprises achetaient en masse des galons d’essence à Galleon Holdings, qui centralisait les taxes pour le gouvernement fédéral, pour au final ne jamais les payer et quand l’État s’en rendait compte, la société n’existait plus. Avec ce stratagème, Michael Franzese et Lawrence Iorizzo ont pu vendre de l’essence à un prix imbattable à des stations service comme Texaco, Chevron ou encore Shell. Quant-à Michael Franzese, il gérait un peu la main d’œuvre et envoyait des Associés dans chaque stations services, des « muscles », qui lui servait à repousser la concurrence, ce qui agaçait un peu Lawrence Iorizzo qui intégrera par la suite le programme de protection des témoins : « Il menaçait tout le monde car derrière il y avait son père et tout le monde avait peur. Sans son père, il aurait été vulnérable et aurait été tabassé plusieurs fois ». Pourtant Michael Franzese a pris des décisions permettant de multiplier ses revenus en quelque semaines. En 1983, Michael Franzese pris contact avec un Michael Markowitz, un mafieux d’Europe de l’Est, qui faisait un peu le même trafic. Très rapidement, les deux hommes se mirent d’accord pour gérer ensemble ce buisiness dans son intégralité, avec un pourcentage des bénéfices plus conséquents pour la famille Colombo, forcément. Avec des centaines de millions de dollars qui arrivaient directement dans les poches de Michael Franzese, celui-ci vivait la grande vie, voitures de luxe, propriétés dans plusieurs États, une vie haut de gamme qui bascula soudainement avec l’arrestation de Lawrence Iorizzo, nous étions en 1984 et Michael Franzese était devenu un Capitaine de la famille Colombo.

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