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L'ASSASSINAT DE THOMAS DESIMONE - PARTIE 2

23 Octobre 2020, 08:32am

Publié par Xav

Le problème de Thomas DeSimone, c’était son tempérament sulfureux, prêt à tuer n’importe qui sur un coup de colère. Une fois énervé, il pouvait devenir incontrôlable. Pendant toutes ces années à travailler pour la famille Lucchese, Thomas DeSimone tua à plusieurs reprises, souvent sans autorisation préalable de la famille. Assassiner une personne sans l'accord de son supérieur, pouvait entrainer des conséquences importantes sur la famille Lucchese, mais aussi entre les familles New-Yorkaise. Cela pouvait aussi poser des problèmes sur la vie de Thomas DeSimone, ce qui le mena finalement à sa perte. Un soir, alors que Thomas DeSimone jouait aux cartes avec ses collègues mafieux, dont Vincent Asaro, un membre de la famille Bonanno, un jeune Associé de la mafia dénommé Michael « Spider » Gianco (Interprété par Michael Impérioli) fut pris en grippe par Thomas DeSimone. Ce dernier lui reprochait de ne pas servir les verres assez rapidement et qu’il ne voulait pas danser pour amuser la gallérie. Sur un coup de colère, surement agacé d’être toujours pris pour cible et surtout énervé d’être humilié devant les Affranchis qui rigolaient de vive voix, Michael Gianco rétorqua à Thomas DeSimone d’aller « se faire foutre ». Surpris de se faire manquer de respect de la sorte et surtout devant ses amis, il fallut attendre plusieurs secondes avant que Thomas DeSimone ne puisse sortir son arme et de l’abattre à bout portant. C’était son tempérament, il démarrait au quart de tour et ne réfléchissait surement pas aux conséquences de ses actes. Mais l’assassinat qui signa sans nul doute son arrêt de mort fut celui de William « Billy Batts » DeVino.

Initié dans la famille Gambino en 1961, William DeVino était devenu un Soldat dans l’équipe du célèbre Capitaine, Carmine Fatico. En 1964, pendant une transaction liée aux stupéfiants, le Soldat de la famille Gambino se fit arrêter par les fédéraux et par la suite condamné à six années de prison, qu’il purgea au pénitencier fédéral de Danbury et même si Danbury est considéré par la plupart des mafieux comme une sorte de « country club », William DeVino avait fait son « temps », il méritait le respect, mais pas pour tout le monde. Pendant son incarcération James Burke et Thomas DeSimone en profitèrent pour reprendre, sans l’autorisation de la famille Gambino, ses activités d’usurier. En 1970, William DeVino célébra sa sortie dans le bar dénommé The Suite, contrôlé par James Burke et les mafieux de la famille Lucchese. Généralement, quand un Affranchi sort de prison, il est accueillit comme « un roi » par les autres membres de sa famille. Nourritures, boissons et femmes sont généralement de rigueur pour que ce dernier puisse passer une bonne soirée. Mais ce soir là, il y avait Thomas DeSimone et les anecdotes entre les deux hommes allèrent bon train. William DeVino se moqua à plusieurs reprises de l’Associé de la famille Lucchese pour son passé de « cireur de chaussures » quand il était un simple adolescent. Thomas DeSimone prenait sur lui, lui simple Associé, il ne pouvait ni être malhonnête ou pire encore frapper sur un membre initié de la Cosa Nostra,  sous peine de mort. Mais ce soir là, Thomas DeSimone n’était plus le même, il accumulait les railleries de William DeVino, il allait bientôt exploser. En plus des provocations subies par le Soldat de la famille Gambino, il devait aussi subir les reproches faites par ce dernier, qui accusait les deux Associés de la famille Lucchese d’avoir reprit ses activités d’usurier pendant son absence, il voulait que James Burke et Thomas DeSimone lui rendent des comptes. A la fermeture du bar, Thomas DeSimone passa à l'acte et commença avec l’aide de James Burke à frapper à mort avec son pistolet William DeVino avant de se débarrasser du corps dans un terrain vague. La famille Gambino ne soupçonna pas tout de suite l’Associé de la famille Lucchese, mais elle le surveilla de près, elle savait que William DeVino avait passé sa dernière soirée dans un repère des Lucchese et à un moment ou un autre, quelqu’un devra rendre des comptes.

Paul Vario (au centre)
Paul Vario (au centre)

En 1974, Thomas DeSimone sortait avec la sœur de Ronald « Foxy » Jerothe, un Associé de la famille Gambino et proche collaborateur de John Gotti  De sa nature violente, Thomas DeSimone avait l’habitude de frapper sa femme, ce qui énerva profondément Ronald Jerothe, qui n’hésita pas à menacer de mort l’Associé de la famille Lucchese. En entendant les menaces à son encontre, Thomas DeSimone se précipita à l’appartement de Ronald Jerothe pour demander des explications. En arrivant à son domicile, l’Associé de la famille Gambino le frappa au visage. Thomas DeSimone sorti alors son arme et lui tira à trois reprises dans la tête. Les tensions entre John Gotti et Paul Vario étaient à son paroxysme et elle s’accentuèrent quand Paul Vario proposa à Thomas DeSimone de venir un membre à part entière de la Cosa Nostra. John Gotti demanda des comptes au Capitaine des Lucchese, lui rappelant les doutes sur les assassinats de William DeVino et de Ronald Jerothe. John Gotti rappela à Paul Vario qu’il ne faisait plus aucun doute que Thomas DeSimone avait transgressé à plusieurs reprises les règles de la Cosa Nostra et lui demanda son feux vert pour exécuter le contrat. Paul Vario ne pouvait plus « couvrir » les agissements de Thomas DeSimone, de plus il n’était qu’un « simple » Associé et malgré sa réputation de tueur, Thomas DeSimone avait fait enrager Paul Vario, quand il apprit qu'il avait tenté de « violer » la femme d’Henry Hill quand ce dernier était incarcéré (Paul Vario aurait aussi eu une liaison avec Kareen Hill). Certaines sources disaient que le meurtrier de Thomas DeSimone était Thomas « Tommy A » Aggro, un Soldat de la famille Gambino, un tueur à gages de surcroit, qui adorait tabasser les gens et qui avait déjà assassiné l’un des frères de Thomas DeSimone. En réalité, John Gotti aurait participé lui-même à cet assassinat. Une nuit, l'Associé de la famille Lucchese fut appelé, c’était le grand soir, il allait enfin devenir un membre à part entière de la Cosa Nostra. L’intronisation devait avoir lieu dans un restaurant Italien basé dans le Bronx. En arrivant sur les lieux, Thomas DeSimone fut accueillit par plusieurs individus tous âgés, qui étaient assis autour d’une table. La salle était assez obscure et seule quelques bougies éclairaient la pièce. Thomas DeSimone fut surpris de voir John Gotti présent, lui membre de la famille Gambino alors qu’il devait être initié dans la famille Lucchese, mais la joie de devenir un Affranchir fut plus forte que tout et ce dernier alla s’assoir à la table. Quand il fut assis, John Gotti aurait sortit un pistolet muni d’un silencieux et tira à trois reprises à l’arrière du crane de Thomas De Simone, il venait de « payer sa dette » à la famille Gambino.

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L'ASSASSINAT DE THOMAS DESIMONE - PARTIE 1

20 Octobre 2020, 16:55pm

Publié par Xav

Thomas DeSimone
Thomas DeSimone

Thomas DeSimone (voir photo) était un Associé de la famille Lucchese, connu pour avoir été interprété par Joe Pesci dans le célèbre film de Martin Scorsese, Les Affranchis. Dans ce film, Tommy DeSimone est renommé en Tommy DeVito, mais le caractère du personnage est très bien retranscrit, car en réalité, Tommy DeSimone était un criminel endurci, connu des autorités pour de nombreux délits et soupçonné dans plusieurs meurtres. Petit-fils de Rosario Simone ancien membre de la famille (défunte) de Los Angeles, Tommy DeSimone, s’affilia plutôt aux familles de la côte-Est et en particulier à la famille Lucchese, dont il fut un proche collaborateur du célèbre Associé James Burke (Interprété par Robert DeNiro) et du Capitaine Paul Vario (Interprété par Paul Cicero). Thomas DeSimone avait deux frères, Robert DeSimone et Anthony DeSimone, tous les deux étaient des Associés de la famille Gambino (Ils seront assassinés par la suite). Contrairement à ces derniers, Thomas DeSimone commença à travailler pour les Lucchese dès 1965, il commit, d’après le FBI, son premier contrat à l’âge de dix sept ans. Assassiné en 1990, son corps ne fut jamais retrouvé et sema le doute sur les réels motifs de sa disparition. Dans le livre Wiseguy écrit par Nicholas Pillegi avec la collaboration d’Henry Hill (Interprété par Ray Liotta), un ancien Associé de la famille Lucchese qui collabora avec la justice, ce dernier révéla que Thomas DeSimone avait été assassiné par la famille Gambino pour avoir participé au meurtre du Soldat de la famille Gambino, William « Billy Batts » Bentvena dit William DeVino, mais sans plus rentrer dans les détails. En réalité dans le livre, Henry Hill ne s’attarda pas tellement sur le sort de son ancien compère, car le vrai meurtrier dans cette affaire aurait été John Gotti, ancien Parrain de la famille Gambino. Henry Hill connaissait en faite les vrais raisons de cet assassinat, il avait eu vent de tous les détails par un ancien Associé de la famille Gambino, rentré lui aussi dans le programme de protection des témoins, Sal Polisi, un ancien ami et confident de John Gotti. Publié en 1986, le livre Wiseguy fut un franc succès, mais il sortit pendant une période assez trouble dans la Cosa Nostra.

William « Billy Batts » Bentvena
William « Billy Batts » Bentvena

John Gotti venait d’être nommé nouveau Parrain de la famille Gambino après avoir fait assassiner Paul Castellano et Henry Hill avait peur que de révéler des détails sur le meurtre de Thomas DeSimone, mettant en cause directement John Gotti, pouvait avoir des représailles importantes sur sa vie. Petit retour en arrière. En 1978, l’aéroport JFK où eut lieu le braquage était en partie contrôlé par la famille Bonanno et le Soldat Vincent Asaro, mais aussi par la famille Gambino avec l’aide du Capitaine John Gotti. Pour que le braquage puisse se passer tranquillement, ce dernier aurait demandé près de deux cent mille dollars sur les cinq millions de dollars récoltés. Le fameux casse fut orchestré directement par la famille Lucchese et en particulier par James Burke qui était le « cerveau » dans cette affaire. L’Associé de la famille Lucchese, aurait rencontré personnellement John Gotti avec Henry Hill, dans un restaurant Italien du Queens. John Gotti promit de fournir un entrepôt ou le butin pouvait être déposé en toute sécurité, mais aussi un véhicule de l’aéroport pour que les braqueurs puissent repartir sans éveiller les soupçons des policiers. L’argent récolté par John Gotti aurait été entièrement dépensé dans les hippodromes, l’ancien Parrain de la famille Gambino dépensant généralement des centaines de milliers de dollars dans les paris sportifs et n’aurait pas redistribué un seul dollar à la hiérarchie de la famille Gambino. John Gotti commençait à cette époque à être en froid avec le Parrain de la famille Gambino, Paul Castellano. Pendant le hold-up, Tommy DeSimone s'était caché le visage avec un masque de ski, qu'il enleva quelques secondes pour s’essuyer le front, ce qui permit à un des otages de faire un portrait robot assez détaillé à la police. Cet évènement rendit furieux James Burke et Paul Vario, mais les compétences de tueurs de Tommy DeSimone étaient trop importantes pour la famille Lucchese, par contre pour les personnes liées à ce braquage, leur présence n’était plus nécessaire.

James Burke n’admettait pas de partager son argent avec des individus qui l’auraient sans doute trahi par la suite. Donner de l’argent à des membres initiés de la Cosa Nostra qui géraient l’aéroport c’était normal, à Paul Vario aussi, mais aux autres non merci. Le premier à en subir les conséquences fut Parnell « Stacks » Edwards. Son boulot consistait à conduire la camionnette dans une décharge que détenait John Gotti. Au lieu de cela, Parnell Edwards, sans doute éméchait par une soirée bien arrosée, gara la voiture à côté d’une bouche d’égout dans une rue de Brooklyn, qui sera deux jours plus tard repérés par les policiers. Identifié grâce à ses empruntes laissées dans tout le véhicule, il n’y avait plus tellement d’options possibles pour l’ancien Associé de James Burke. Se faire attraper par les policiers, se faire tuer par la famille Lucchese ou collaborer avec la justice. Parnell Edwards se cacha dans un appartement à Ozone Park. Paul Vario lança un contrat contre ce dernier et promit à Thomas DeSimone, qui n’était pas tellement d’accord au départ pour commettre cet assassinat, qu’il deviendrait un membre à part entière de la Cosa Nostra et de la famille Lucchese. Face à cette future promotion, Thomas DeSimone se présenta avec Angelo Sepe, et tira à cinq reprises sur Parnell Edwards. Le contrat fut exécuté avec succès, Thomas DeSimone allait devenir un Affranchi.

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« COUSIN EDDIE » UN SOLDAT DE LA FAMILLE GAMBINO VIENT DE DÉCÉDER

11 Octobre 2020, 06:40am

Publié par Xav

Edward Garafola
Edward Garafola

Vous vous souvenez d’Edward Garafola surnommé « Cousin Eddie » dans le milieu ? Pour les autorités, il était soupçonné d’être un Soldat dans la famille Gambino, mais aussi d’avoir été l’ex beau-frère de Salvatore « Sammy The Bull » Gravano. C’est un peu grâce à ce dernier d’ailleurs qu’Edward Garafola se fit une place dans la famille Gambino. « Combinard », « tricheur », « comploteur », les diminutifs ne manquaient pas au sein des proches de Salvatore Gravano pour cataloguer son beau-frère. Certains le conseillant même de l’assassiner, avant qu’Edward Garafola ne lui fasse un « coup tordu », ce qui arrivera finalement. Quand au début des années 1990, Salvatore Gravano fut arrêté avec John Gotti et Frank Locascio, les trois membres de la direction de la famille Gambino furent incarcérés au Métropolitan Center de New-York. A l’intérieur, John Gotti devenait de plus en plus paranoïaque et son égo démesuré créait des tensions avec les membres de sa hiérarchie. Quelques mois plus tard, Edward Garafola rendit visite à Salvatore Gravano et très vite, le Soldat de la famille Gambino conseilla à Salvatore Gravano de coopérer avec la justice. Pour Salvatore Gravano, Edward Garafola était en mode « pleurnichard » et demanda explicitement à son beau-frère de tourner sa veste : « Tu devrais peut-être coopérer. Toi et moi on coopère, on prend nos femmes et nos gosses et on commence une autre vie », laissant Salvatore Gravano perplexe sur sa situation personnelle. Au final, ce dernier décidera de coopérer et quand il « mis au courant » Edward Garafola de sa décision, celui-ci fit machine arrière : « Vous savez, c’est comme quand on est gosses et qu’on se tient à côté de la piscine, Un, deux, trois, sautez. Ducon saute, pas lui » déclara par la suite Salvatore Gravano. Pour Edward Garafola, le retrait de Salvatore Gravano de la famille Gambino lui permettrait sans doute de reprendre une partie de son buisiness dans la construction et même si sa femme est la sœur de Salvatore Gravano, la famille c’est la famille et les Gambino passe avant toute chose. En 1999, l’ordre fut donné par John Gotti d’assassiner Salvatore Gravano repéré depuis quelques temps en Arizona avec sa famille et dans ce complot il y avait qui ? Cousin Eddie. Sa participation sera mineure, mais pour Edward Garafola participait à ce genre de contrat, cela ne le dérangeait nullement, il avait bien assassiné son cousin Edward « Eddie The Chink » Garofalo en 1990, mais ce meurtre remontera très vite à la surface. En 2003, Edward Garafola sera arrêté et inculpé de plusieurs meurtres dont celui de son cousin et pour éviter une peine de prison à perpétuité, Edward Garafola décidera non pas de collaborer, mais de plaider coupable pour au final se prendre trente ans derrière les barreaux, à soixante neuf ans, c’était au final du pareil au même, il avait de grande chance de mourir en prison. En 2015, Edward Garafola fera une demande de libération anticipée pour des problèmes médicaux qui ne pouvaient pas être « soignés » selon lui en prison. La femme d’Edward Garafola, la sœur de Salvatore Gravano qui l’a toujours soutenu, supplia le juge afin qu’il puisse terminer sa peine chez lui, mais le magistrat rejeta fermement cette demande, Edward Garafola décèdera finalement en prison il y a quelques jours. Salvatore Gravano, qui depuis sa sortie de prison en 2017, fait le tour des médias Américains afin de parler de son expérience dans la Cosa Nostra, déclara se sentir « mal » de voir son ex beau-frère décédé comme un « animal » derrière les barreaux : « Eddie était vieux et cloué au lit, il aurait été inoffensif s’ils avaient décidé de le libéré. Je me sens mal pour sa famille, ses neveux et ma sœur » déclara t’il.

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A LA RECHERCHE DE SALVATORE GRAVANO

10 Octobre 2020, 06:45am

Publié par Xav

Salvatore Gravano
Salvatore Gravano

Salvatore « The Bull » Gravano est connu du grand public pour avoir été l'Underboss du célèbre Parrain John Gotti. En 1992, pour éviter une condamnation à perpétuité, il collabora avec la justice et envoya plusieurs responsables de la famille Gambino en prison dont son ancien Boss, qui terminera sa vie dans le pénitencier fédéral de Marion dans l'État de l'Illinois. Pour avoir aidé le gouvernement Américain dans sa lutte contre le crime organisé, le Juge Léo Glasser le condamna à une peine de cinq ans derrière les barreaux, une peine de prison dérisoire, alors que Salvatore Gravano avoua pendant son témoignage avoir participé à plusieurs assassinats. A sa sortie, en 1994, il rentra avec sa famille dans le programme de protection des témoins. Le FBI le fit déménager en Arizona, sous une nouvelle identité et lui et sa famille créèrent une entreprise d'installation de piscine, en prenant le nom de Jimmy Moran. Mais en 1995, il quitta volontairement le programme de protection des témoins après une interview donnée à une chaine de télévision. Dans celle-ci Sammy Gravano fut très clair avec ses anciens collègues mafieux : « S'ils envoient une équipe pour m'abattre, je vais les tuer. Ils ont intérêt à ne pas me manquer car s'ils me cherchent, je vais envoyer leurs cadavres jusqu'à New-York. Je n'ai pas peur d'eux... Je ne vous ai pas demandé de venir en plein milieu de nulle part et je ne me suis pas déguisé avec une fausse barbe.... Je vais vous dire, je suis un putain de pro... Qu'ils viennent me chercher, je leur réserve quelques surprises ». En 1997 il co-écrit avec Peter Maas le livre Underboss. Mais à force de se montrer devant les médias, Salvatore Gravano donnait des indications sur sa nouvelle localisation à la famille Gambino, qui n'avait toujours pas oublié sa désertion. A cette époque, John Gotti, malgré son incarcération, continuait à gérer les activités criminelles de la famille Gambino depuis sa prison, en s'appuyant sur son fils John Jr, qu'il nomma Acting Boss et son frère Peter qui prendra par la suite le relais. Mais même étant identifié comme un membre de la Cosa Nostra, Peter, pouvait continuer à voir John Gotti au pénitencier fédéral de Marion, c’est lors d'une conversation codée avec son frère, que Peter réussit à transmettre un message de la plus haute importance. Il lui raconta qu'un article était paru récemment, stipulant que Salvatore Gravano vivait avec sa famille en Arizona. John Gotti, très heureux d'apprendre cette nouvelle, donna l'ordre d'envoyer une équipe de tueurs pour exécuter le contrat, nous étions en 1999.

Thomas Carbonaro
Thomas Carbonaro

Après la publication de son livre, Salvatore Gravano avait été exclu du programme de protection des témoins et pour les Gambino, le fait de s’afficher ouvertement, pour en plus, se faire de l’argent sur leur dos, était la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Peter Gotti demanda alors à Thomas « Huck » Carbonaro d'aller rendre visite à une vieille connaissance. En effet le Soldat de la famille Gambino, avait travaillé dans l'équipe de Salvatore Gravano quand ce dernier occupait les fonctions de Capitaine. D'ailleurs et assez curieusement, sa femme entretenait encore des bonnes relations avec Debra Gravano, l'épouse de Salvatore Gravano, et s'appelait encore régulièrement. Pour exécuter le contrat, Peter Gotti donna près de soixante quinze mille dollars et des faux papiers d’identité et donna ses consignes : agir très rapidement et faire appel à un expert de l’électronique pour faciliter la tâche. Pour exécuter le contrat, Thomas Carbonaro prit alors avec lui, un Associé de la famille Gambino, un expert ce dommaine, dénommé de Sal « Fat Sal » Mangiavillano. Ce dernier qui travaillait depuis de nombreuses années pour les Gambino, avait aussi la particularité de pouvoir créer des bombes. Dans la Cosa Nostra, cette méthode d’assassinat n’est normalement pas acceptée, mais à cette époque, les attentats à l’explosif devenaient de plus en plus récurent, surtout dans la famille Lucchese et n’ayant aucun retour négatif de la Commission, la famille Gambino, entre autre, commençait à utiliser ce procédé. Arrivé à Phoenix en Arizona, Thomas Carbonaro commença à changer d'apparence. En effet, le Soldat de la famille Gambino savait pertinemment, de part sa carrure assez imposante, il pouvait être reconnu très rapidement par Salvatore Gravano. Il décida alors de se laisser pousser la barbe et de porter continuellement une casquette, pour le reste, cela attendra, Thomas Carbonaro avait la consigne d’exécuter le contrat le plus rapidement possible. Le but était de ne pas rester trop longtemps sur les lieux, surtout dans un endroit que Salvatore Gravano connaissait très bien. Avec l’aide de son associé, ils commencèrent leur recherche dans une bibliothèque et trouvèrent très rapidement, à leur grand étonnement, une entreprise dénommée Marathon Piscine, Inc, ou le fils et la fille de Salvatore Gravano y étaient inscrits comme Associés. Grâce à toutes ces informations, Ils repérèrent rapidement le lieu ou travaillait leur ancien collègue, mais aussi le l’endroit de résidence de sa femme Débra, il ne restait plus que pour les deux mafieux, de préparer un plan pour tuer l'ancien Underboss de la famille Gambino. La première solution était de l’abattre avec dans le ranch que tenait la femme de Sammy Gravano. C'était un endroit immense et il pensait que Salvatore Gravano habitait dans un appartement proche de chez elle pour ne pas attirer l'attention. Le problème était qu'aucun véhicule ne stationnait devant chez elle et le fait de voir la même voiture trainait dans les parages plusieurs jours de suite, pouvait être suspect. Ils se rendirent alors derrière la maison de Debra Gravano, il y avait un énorme terrain qui faisait office de petite écurie, elle et son mari adorait les chevaux. Ils purent constater qu'un petit chemin était utilisé fréquemment pour des sorties équestres, ils pourraient alors se cacher et attendre que Sammy passe à cheval pour lui tendre une embuscade. De plus, pour laisser un message, ils voulaient utiliser un fusil de chasse appartenant à Liborio « Louis » Milito, un ancien Soldat de la famille Gambino, assassiné par Salvatore Gravano en 1988, pour l’assassiner et le laisser sur place. La deuxième solution avait été de le tuer dans la pizzeria de son fils, Gerard, qui se trouvait dans un centre commercial. Ils s'y rendirent et ils purent constater que la porte menant au cuisine était toujours ouverte pour permettre au livreur de pizza de déposer sa marchandise. S'ils le voyaient, ils pourraient lui tirer dessus et partir par cette même porte. Troisième solution, il y avait aussi la possibilité de garer leur véhicule à coté de celle de Salvatore Gravano sur le parking du centre commercial et de la faire exploser une fois que celui-ci se trouverait dedans, c’est cette solution qui fut adoptée par les deux mafieux. Sal Mangiavillano avait l'expérience nécessaire pour fabriquer ce genre de bombe, il ne restait plus qu'a trouver le matériel nécessaire à sa fabrication. 

Salvatore Gravano aujourd'hui
Salvatore Gravano aujourd'hui

Le duo fit alors plusieurs voyages entre Los Angeles, la Floride et New-York pour acheter les outils à l’exécution du contrat. Le plan fut mis en attente pendant un moment, la mère de Louie Vallario le Capitaine de Thomas Carbonaro venait de décéder et ce dernier retourna à New-York assister aux funérailles. Le Soldat de la famille Gambino devait se montrer, premièrement par respect pour son supérieur, mais aussi pour se faire voir auprès du FBI. En effet, les autorités auraient pu trouver étrange qu’il n'assiste pas aux funérailles de la mère de Louie Vallario. Une date fut fixée et la veille du départ, Sal Mangiavillano roula dans New-York quand il entendit une dépêche à la radio. Salvatore Gravano, son fils Gérard, sa fille Karen et sa femme Debra étaient arrêtés en Arizona pour trafic de stupéfiants. Selon les autorités, Salvatore Gravano était à la tête d'un important réseau d'amphétamines et il s'était associé à un groupe néo-nazi pour la distribution. Il appela immédiatement Thomas Carbonaro et le plan fut annulé. L'histoire du contrat manqué contre Salvatore Gravanno fut révélée quelques mois plus tard non pas par les médias, mais par un ancien Capitaine de la famille Gambino, Michael « Mikey Scars » DiLeonardo. Inculpé de plusieurs charges fédérales tenant de la loi RICO, ce dernier avait rapidement décidé de collaborer avec les autorités fédérales en échange d’informations. C’est lors d’un interrogatoire avec les agents fédéraux, qu’il déclara que Peter Gotti avait tout organisé pour assassiner l’ancien homme fort de la famille Gambino. Il raconta qu’après l’arrestation de Salvatore Gravano, Peter Gotti était assez énervé d’avoir dépensé autant d’argent pour rien. De sa prison, John Gotti, fulminait encore plus, surtout qu’il s’avéra par la suite que sans le retard suite à l’enterrement de la mère de Louis Vallario, Salvatore Gravano aurait été sans nul doute assassiné. Des détails sur cette opération furent révélés par la suite par Sal Mangiavillano. L’Associé de la famille Gambino venait d’être condamné à sept années de prison pour plusieurs cambriolages, une peine qu’il accepta à la base sans broncher. Mais lors de son incarcération, le changement d’attitude de ses anciens collègues mafieux et le fait d’être inculpé par la suite de tentative de meurtre, poussa Sal Mangiavillano à collaborer. Les autorités fédérales avaient désormais assez de preuves pour inculper Peter Gotti, mais aussi Thomas Carbonaro, qui de sa cellule du Metropolitan Center, commençait à paniquer. Par le biais de son avocat, il essaye de convaincre Sal Mangiavillano de revenir sur son témoignage, mais sans succès. Avec sa collaboration, l’Associé de la famille Gambino ne serait pas inculpé de la tentative de meurtre sur Salvatore Gravano, mais terminerait à purger sa peine pour cambriolage avant d’intégrer le programme de protection des témoins. Devant le tribunal, le témoignage de Sal Mangiavillano accompagné de celui de Michael DiLeonardo eut l’effet escompté. Peter Gotti et Thomas Carbonaro furent condamnés respectivement à vingt huit ans et soixante et un an de prison. Salvatore Gravano fut condamné en 2003 à une peine de dix neuf années de prison, qu'il purgea dans la prison fédérale de Supermax dans l’État du Colorado.  Son fils Gérard fut  condamné à une peine de neuf années de prison. Quant-à sa femme Debra et sa fille Karen, elles reçurent plusieurs années de prisons avec sursis. Salvatore Gravano fut libéré de prison en Janvier 2017. A ce jour, l’ancien Underboss de la famille Gambino n’est plus protégé par le gouvernement fédéral et continue occasionnellement à dédicacer son livre et à participer à des vidéos sur dans des médias Américains en souvenir du passé.

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UNE JUGE FÉDÉRALE REFUSE UNE LIBÉRATION ANTICIPÉE POUR UN SOLDAT DE LA FAMILLE GAMBINO

8 Octobre 2020, 17:27pm

Publié par Xav

John Ambrosio
John Ambrosio

Après avoir été condamné à quatre années de prison pour racket, le Soldat de la famille Gambino, John « Johnny Boy » Ambrosio essaye, comme bon nombre de mafieux incarcérés, de profiter de la crise du coronavirus pour terminer sa peine à domicile. La première demande de libération effectuée par John Ambrosio, était pour s’occuper de sa femme souffrante, sans succès. Pourtant, le Soldat de la famille Gambino avait dépeint un scénario dramatique, prétextant que son épouse souffrait de démence et que seul lui pouvait l’aider dans cette épreuve. Malheureusement pour John Ambrosio, la juge fédérale Sandra Feuerstein connaît parfaitement la personnalité du mafieux, pour l’avoir condamné deux ans plus tôt. La magistrate avait tout d’abord rejeté cette requête, prétextant que cela n’est pas un motif valable pour le libérer de prison, mais surtout, la juge avait gentiment fait la leçon au Soldat de la famille Gambino, en lui rappelant que pour toute demande de libération auprès d’un tribunal fédéral, celui-ci était dans l’obligation d’avertir le directeur de la prison ou il est incarcéré, ici à Fort Dix dans le New-Jersey. Surement vexé d’avoir été rappelé à l’ordre, John Ambrosio décida de limoger son avocat, qui pour lui, était le seul coupable de ce rejet et décida de faire appel à son ancien avocat, celui qu’il avait fait « viré » il y a deux ans, après sa condamnation pour racket. Depuis le début de l’épidémie du coronavirus, les tribunaux fédéraux ont reçu de nombreuses demandes de libération anticipée venant de membre de la Cosa Nostra, tous pour des raisons médicales. Certaines étaient justifiées, d’autres, comme celle de John Ambrosio, essaye de profiter de la brèche judiciaire engendrée par cette épidémie, pour en tirer des avantages. Pour l’avocat de John Ambrosio, son client souffre de « divers problèmes médicaux », qui en fait un « patient à risque » si celui-ci contractait le coronavirus. Devant la juge fédéral, l’avocat détailla avec minutie les problèmes médicaux, qui poussent John Ambrosio à demander une libération anticipée : Hypertension, diabète, rétention d’eau dans une jambe, un monologue de plusieurs minutes qui laissa la juge complètement indifférente : « Je connaissais déjà ces problèmes avant sa précédente condamnation » déclara la juge, mettant fin à tout suspense sur une éventuelle libération de John Ambrosio. Prétextant que le Soldat de la famille Gambino n’avait « même pas » purgé la moitié de sa peine, elle déclara par la même occasion que John Ambrosio refusait obstinément de prendre les médicaments délivrait par le BOP pendant son incarcération, aggravant de ce fait son état de santé.

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UN IMPORTANT ASSOCIÉ DE LA FAMILLE COLOMBO VA BIENTÔT SORTIR DE PRISON

26 Septembre 2020, 07:28am

Publié par Xav

Francis Guerra et Anthony Russo
Francis Guerra et Anthony Russo

A une époque pas si lointaine, refuser son intronisation dans la Cosa Nostra entrainait automatiquement une condamnation à mort, mais de nos jours les mentalités ont bien changé. Pourtant, pour la plupart des petits malfrats d’origine Italienne, trainant dans les clubs sociaux des familles mafieuses pour y faire du buisiness, être un Affranchi, est le rêve de toute une vie. La consécration d'une carrière criminelle bien remplie. Être un Affranchi c'est la possibilité d'avoir des responsabilités et des privilèges qu'un simple Associé ne pourra jamais avoir. Il est respecté, craint et devient intouchable pour les autres criminelles. Pourtant de nos jours, certains Associés refusent obstinément de se faire introniser dans la Cosa Nostra, trop de contrainte, la peur d’être surveillé de trop près par les fédéraux. Francis « BF » Guerra est l’un d’entre eux. Dans la famille Colombo, Francis Guerra est considéré comme une « pointure », un individu qui a fait ses preuves, qui sait ramener de l’argent et surtout qui sait « fermer sa bouche ». Pourtant, quand la famille Colombo lui proposa de devenir un membre à part entière de cette organisation criminelle, celui-ci refusa poliment et les Colombo n’en tiendra pas rigueur. Pour un ancien agent du FBI désormais à la retraite : « Tout le monde connaissait son parcours criminel et ce qu'il avait pu faire par le passé. Il n'avait pas besoin d'un titre pour augmenter sa réputation dans le milieu » et même après ce refus, Francis Guerra continua à faire du buisiness avec la famille Colombo comme si de rien n’était. En 2008, il fut inculpé par la justice Américaine de plusieurs meurtres et de trafic d'oxycodone, un important anti-douleur. Après un procès qui aura duré de nombreuses semaines, ou des anciens membres de la famille Colombo étaient venus témoigner contre lui, le jury avait finalement décidé de l'acquitter de deux meurtres qu'il aurait effectué pour le compte de la famille Colombo au début des années 1990, mais coupable de trafic de drogue. Le verdict sera implacable, quatorze années dans un pénitencier fédéral, un jugement sévère qui s’explique en raison par la notoriété de Francis Guerra, qui arrivera tout de même à faire réduire sa peine d’un an et demi, deux années plus tard. Incarcéré au pénitencier fédéral d’Allenwood dans l’État de la Pennsylvanie, Francis Guerra ne fit pas parler de lui, purgera sa peine sans broncher, mais à quelques mois de sa sortie de prison, les avocats de Francis Guerra ont fait une demande de libération anticipée pour raison médicale. Pour ces derniers, Francis Guerra souffre toujours de son dos et de migraines dues à une grave lésion de la moelle épinière relative à un accident de moto en 1985. La date de sortie de Francis Guerra est prévue pour le 12 Mai prochain et l’Associé de la famille Colombo est éligible à un transfert vers une maison de transition début 2021, mais ce dernier demanda à terminer le reste de sa peine chez lui. Pour les procureurs, il n’est pas possible qu’une personne aussi « dangereuse » que Francis Guerra, ayant une influence aussi importante dans la famille Colombo, malgré son statut de simple Associé, puisse sortir de prison avant la fin de sa peine. Pour les avocats de la défense, il est inconcevable de prendre en compte la requête de leur client, libérable dans quelques mois et ayant une offre d’emploi approuvée par le BOP, car garder Francis Guerra quatre mois de plus derrière les barreaux changera t’il réellement ses conditions de réhabilitation ?.

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LES SURNOMS DANS LA COSA NOTRA - PARTIE 3

16 Septembre 2020, 16:57pm

Publié par Xav

Joseph Pistone l'ancien agent du FBI qui avait infiltré la famille Bonanno déclara « Vous pouvez dire ce que vous voulez sur les membres de la Cosa Nostra, mais ils ont toujours obtenu les meilleurs surnoms ». Joseph Pistonne raconta qu'une fois qu'un membre la mafia avait un surnom, il le gardait toute sa vie : « Tout le monde à un surnom. C'est peut-être quelque chose que vous obtenez pendant votre adolescence ou plus tard. Une fois que vous avez un surnom, vous pouvez plus vous en débarrasser. Vous pouvez côtoyer un gars pendant plus dix ans sans connaitre son nom de famille, mais seulement en l'appelant toujours par son surnom ». Quand l’ancien Underboss de la famille Bonanno, Salvatore « Good Looking Sal » Vitale, qui a reçu son surnom ironiquement car il n’était pas très beau, commença à témoigner avec le gouvernement fédéral, les procureurs étaient euphoriques et pourtant. Pourtant voir un Underboss de la Cosa Nostra décidait de collaborer, cela n’arrive pas tous les jours, mais les procureurs ont très vite compris que Salvatore Vitale ne connaissait pratiquement aucun nom et parlait des mafieux que par leur surnom, un problème de taille qui pourrait être embarrassant devant un jury populaire. A un moment donné, Salvatore Vitale parle d’une réunion entre les Bonanno et Colombo, en indiquant que c’est ce jour là, qu’il avait appris que « Wild Bill » avait disparu, sous entendait William Cutolo, ancien Underboss de la famille Colombo en 1999 et que Joel Wawerly, sous entendait encore, Joel Cacace venait d’être nommé Consigliere. Le témoignage de Salvatore Vitae, bien que très intéressant pour les procureurs, posait un réel problème pour le gouvernement fédéral, mais dans le monde souterrain de la Cosa Nostra, ne pas savoir le nom exact d’un individu est aussi une stratégie à part entière, pour ne pas donner trop d’informations aux autorités en cas d’arrestation :

Joseph « Junior Lollipops » Carna : L’ancien Capitaine de la famille Colombo a obtenu son surnom grâce à son père, qui détenait un restaurant à Brooklyn surnommé le « Lolly’s ». Joseph Carna a longtemps été soupçonné d’être l’un des auteurs de deux assassinats en 1982, dans un quartier résidentiel de Brooklyn, renommé par la suite, par la police, comme le « Deep Throat Killings ». A cette époque, Joseph Peraino Sr, impliquait dans le célèbre film pornographique « Deep Throat » était dans la ligne de mire des Colombo, qui le soupçonnait de garder une partie des bénéfices engendrait par ce film, qui sera un véritable carton. Ce dernier sera assassiné devant une maison, mais les impacts de balle toucheront involontairement une femme qui était en train de ranger son linge. En 2013, Joseph Carna sera condamné à six mois de prison pour blanchiment d’argent, il décédera trois mois plus tard de cause naturelle, il avait soixante et onze ans

Dominick « Baldy Dom » Canterino : L’Ancien Capitaine de la famille Genovese a obtenu son surnom car il perdait ses cheveux. Dominick Canterino, qui était un proche de Vincent Gigante, dirigeait une équipe de Soldat à Greenwich Village. Dans différents enregistrements dévoilés par le FBI, Dominick Canterino s’étaient plaint de sa difficulté de devoir gérer sa maitresse et sa femme pendant les vacances. Inculpé dans l’affaire dit des « Windows Case », il fera une crise cardiaque avant le procès et décèdera peu de temps après.

Anthony « Gaspipe » Casso : Ancien Underboss de la famille Lucchese, Anthony Casso a reçu son surnom en référence à son père, Michael qui se faisait appeler « Leadpipe » car il transportait des tuyaux de plomb et qu’il raccordait des connexions au gaz illégalement. Anthony Casso n’a jamais aimé ce surnom et seulement certains membres proches pouvaient l’appeler par un diminutif « Gas ». Anthony Casso, qui devient Underboss de la famille Lucchese au courant des années 1990, restera comme un individu paranoïaque, manipulateur, un tueur, soupçonné dans plusieurs dizaines de meurtre. Après avoir été arrêté et inculpé de plusieurs charges fédérales tenant de la loi Rico, Anthony Casso décidera de collaborer avec les autorités, mais ce dernier profitera de la protection du gouvernement pour enfreindre plusieurs fois les règles en prison. Exclu de programme de protection, il sera condamné par la suite à une peine de prison à perpétuité incompressible, qu’il purge actuellement dans le pénitencier fédéral de Tucson dans l’État de l’Arizona.

Philip « Rusty » Rastelli : Il a été le Parrain de la famille Bonanno jusqu'à sa mort en 1991, mais en réalité, Philip Rastelli n’a pas tellement profité de son pouvoir dans les rues de New-York. Moins de quatre ans en près de dix huit ans de règne, d’ou son surnom « Rusty », dit la rouille, car il a passé pratiquement la moitié de sa vie derrière les barreaux. Mais même derrière les barreaux, Philip Rastelli était craint et respecté. En 1962, sa femme a été abattue par des individus. Assassiner la femme d’un membre de la Cosa Nostra équivaut automatiquement à une condamnation à mort, mais quand ce contrat provient du mari lui-même, la fin est souvent différente. Connie Rastelli était une dur à cuire, elle aurait surement été intronisé dans la Cosa Nostra si elle n’avait pas été une femme. Cette dernière était loin d’être blanc comme neige dans les activités criminelles de son mari, aurait tenu les livres de compte de la famille et aurait même servit de chauffeur pendant des braquages. Mais malgré l’aide de tous les jours apportés par sa femme, Philip Rastelli avait comme pratiquement tous mafieux, une maitresse, une chose que Connie n’accepta pas. Un soir, dans une rue de Brooklyn, elle déchargea une arme à feux près de son mari et le frappa plusieurs fois au visage, le menaçant d’aller tout raconter au FBI, ce qu’elle fera par la suite entrainant sa mort quelques années plus tard. Philip Rastelli a fini par sortir de prison, nous étions en 1984 et l’affaire Donnie Brasco touchait à sa fin. Quand Joseph Pistonne se retira de la famille Bonanno, une vague d’arrestations s’en suivit et Philip Rastelli sera de nouveau arrêté et condamné de racket. Il sera de nouveau libéré de prison en Juin 1991, quelques jours avant son décès à l’âge de soixante treize ans.

Jack « The Kid » Giacalone :Il dirige actuellement l’une des familles les plus cloisonnée de la Cosa Nostra, la famille de Détroit. Fils de Vito Giacalone et neveu d’Anthony Giacalone, des personnalités influentes de la famille de Détroit, soupçonnés dans la disparition de James Hoffa, c’est tout naturellement que Jack Giacalone se fit une place dans la Cosa Nostra. Pour les autorités fédérales, Jack Giacalone est invisible, gère ses affaires dans l’ombre, sous le radar du FBI, avec une seule condamnation à deux années de prison à la fin des années 1980. A sa sortie, il continua à gravir un à un les echelons de la famille de Détroit jusqu'à devenir le Parrain officiel suite au décès de Giacomo Tocco en 2014. Son surnom ? celui-ci a été donné par son oncle, Anthony Giacalone, qu’il le surnommait « The Kid » en référence à la passion de Jack Giacalone, quand il passait, plus jeune, ses journées devant les films retraçant le célèbre personnage de Billy the Kid.

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LES SURNOMS DANS LA COSA NOTRA - PARTIE 2

13 Septembre 2020, 07:16am

Publié par Xav

Joseph Pistone l'ancien agent du FBI qui avait infiltré la famille Bonanno déclara « Vous pouvez dire ce que vous voulez sur les membres de la Cosa Nostra, mais ils ont toujours obtenu les meilleurs surnoms ». Joseph Pistonne raconta qu'une fois qu'un membre la mafia avait un surnom, il le gardait toute sa vie : « Tout le monde à un surnom. C'est peut-être quelque chose que vous obtenez pendant votre adolescence ou plus tard. Une fois que vous avez un surnom, vous pouvez plus vous en débarrasser. Vous pouvez côtoyer un gars pendant plus dix ans sans connaitre son nom de famille, mais seulement en l'appelant toujours par son surnom ». Les surnoms peuvent aussi poser un problème de taille quand une famille de la Cosa Nostra veut s’agrandir. En 1984, la famille Genovese était prête à introniser de nouveaux membres mais devant le Capitaine Matthew « Matty The Horse » Ianniello et l’Acting Boss Anthony « Fat Tony » Salerno, une liste avec des noms et même des prénoms laissant Anthony Salerno dans l’embarras : « J’en connais aucun d’entre eux, ils auraient du mettre les surnoms à la place » :

Frank « Cadillac Frank » Salemme : On aurait pu croire que l’ancien Parrain de la famille Patriarca avait obtenu ce surnom en raison de sa passion pour les voitures portant le même nom, mais la raison est tout autre. L’ancien homme fort de cette famille mafieuse au début des années 1990, basée dans les états du Massachusetts et du Rhode-Island, avait obtenu son surnom après avoir travaillé dans un atelier de carrosserie spécialisé dans la réparation des Cadillacs. Après un parcours tumultueux dans la Cosa Nostra, Francis Salemme décidera de coopérer avec la justice à la fin des années 1990, mais la justice le rattrapera de nouveau en l’inculpant du meurtre d’un ancien Associé de la famille Patriarca, Steven DiSarro. Condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle en 2018, Francis Salemme qui n’est plus dans le programme de protection des témoins, purge actuellement sa peine dans une unité médicale fédérale à Springfield dans l’État du Missouri.

Matthew « Matty The Horse » Ianniello : Né en 1920 dans le Little Italy de Manhattan, Matthew Ianniello a reçu son surnom bien avant son intégration dans les rangs de la famille Genovese. Très bon joueur de baseball dans sa jeunesse, il reçu pendant un match une balle dans le visage provoquant une bagarre générale. Sans réfléchir une seule seconde et pour défendre son équipe, Matthew Ianniello fonça tête baissée sur le lanceur, beaucoup plus grand et plus fort que lui, laissant bouche bée les visiteurs présents dans les tribunes. L’un d’entre eux déclara alors : « Ce garçon est aussi fort qu’un cheval ». Intronisé dans la famille Genovese dans les années 1960, Matthew Ianniello fut élevé rapidement au rang de Capitaine dix années plus tard. Contrôlant plusieurs dizaines de restaurants et des clubs de striptease dans les quartiers de Times Square et Manhattan, il était l’une des pièces maitresses de la famille Genovese. Promu au poste d’Acting Boss à la fin des années 1990, il se retirera petit à petit des affaires après sa sortie de prison en 2009, avant de décéder en 2012, à l’âge quatre vingt douze ans.

John « Jackie The Nose » D’Amico : L’ancien Acting Boss de la famille Gambino avait obtenu son surnom après s’être fait une rhinoplastie afin de réduire l’épaisseur de son nez qu’il jugeait trop gros. John D'Amico a toujours été un proche du clan Gotti, dont John Gotti, qui considéré John D'Amico comme un excellent bookmaker. Inculpé dans l’Opération Old Bridge avec d’autres membres de la famille Gambino, il sera condamné à deux années pour extorsion et libéré depuis 2010.

Michael « Mikey Scars » DiLeonardo : L’ancien Capitaine de la famille Gambino avait obtenu son surnom après s’être bagarré avec des jeunes de son quartier, le recouvrant de cicatrices au visage. Né en 1955 à Bensonhurst, un quartier à forte densité Italienne et à l’époque gangrénée par les familles de la Cosa Nostra, Michael DiLeonardo s’affilia très vite avec les Gambino et le Capitaine Paul « Paulie Zac » Zaccaria qui le prendra sous son aile. Après l'assassinat de Paul Castellanno en 1985, John Gotti devint le nouveau Parran et intronisa Michael DiLeonardo et John Gotti Jr dans la Cosa Nostra, une cérémonie dirigée à l’époque par Salvatore Gravano. Mais au début des années 2000 et l’arrivée de Peter Gotti à la tête de la famille Gambino, Michael DiLeonardo sera rétrogradé et finalement inculpé par la suite de meurtre, racket et d’extorsion. Ce dernier supportait mal la détention et après une tentative de suicide, il décidera de coopérer avec le gouvernement fédéral. Son témoignage sera implacable et fera condamné de nombreux membres de la Cosa Nostra. A ce jour, Michael DiLeonardo est toujours dans le programme de protection des témoins et intervient de temps en temps dans des médias Américains.

Patrick « Patty From The Bronx » DeFilippo : L’ancien Capitaine de la famille Bonanno obtint son surnom car il gérait tout simplement ses activités depuis le Bronx, mais Patrick DeFilippo avait un autre surnom peu connu et moins flatteur : Patty The Pig qui avait été donné en raison de son poids, près de 135 kilos. Après la défection de nombreux membres dans la famille Bonanno au début des années 2000, Patrick DeFilippo sera très vite arrêté et inculpé de meurtre et racket. Acquitté de meurtre, il sera finalement condamné à trente cinq années de prison pour racket, il décédera en prison en 2013.

 

Salvatore « Salie » « The Crowned Prince of The Philadelphie Mob » Testa : Fils de Philip Testa, qui dirigea la famille de Philadelphie de 1980 à 1981, avant d’être assassiné par une explosion à la bombe par la faction Scarfo, Salvatore Testa avait obtenu son surnom après avoir été considéré comme une étoile montante dans le milieu. Mais ce surnom agaça fortement son Parrain et nouveau patron de la famille de Philadelphie Nicodemo « Little Nicky » Scarfo, un individu psychotique, qui le fera assassiner en 1984 à l’âge de vingt huit ans

 

Gregory « The Grim Reaper » Scarpa : Quand on parle d’individu psychotique, on peut aussi penser à Gregory Scarpa, un ancien Capitaine de la famille Colombo et son surnom ne laisse rien au hasard. Gregory Scalpa adorait tuer et est vite devenu l’un des tueurs à gage les plus prolifique de la famille Colombo. Gregory Scarpa était aussi un informateur secret du FBI et recevra un traitement particulier de la part du gouvernement fédéral, qui le laissera commettre des crimes en échange d’informations. Après un traitement chirurgical, Gregory Scalpa sera atteint du VIH après avoir reçu une transfusion sanguine, mais cela n’arrêtera pas le Capitaine de la famille Colombo, bien au contraire. En 1992, Victor « Little Vic » Orena, qui voulait prendre le pouvoir à la place de Carmine Persico, envoya un groupe de tueurs sur Gregory Scarpa qui perdra un œil. Rapidement affaibli par la maladie, Gregory Scarpa sera condamné par la suite pour plusieurs meurtres et décèdera en prison deux années plus tard à l’âge de soixante six ans.

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LA FAMILLE DE NEW-ORLEANS EN 1968

5 Septembre 2020, 15:29pm

Publié par Fabien Rossat et Nash143

 

Dans le milieu des années 60, Joseph Colombo rapporte à son capo Gregory Scarpa (il ne le sait pas, mais Scarpa est un informateur) que la Famille de la Nouvelle Orléans n'a que 5 membres. Si je doute fortement que la Famille de Marcello ne possède que 5 membres (imaginez, ça fait moins qu'une Famille plus faible comme Madison ou San Jose), je pense que l'explication la plus vraisemblable que la Famille n'ait que 5 membres actifs et que les autres soit des membres retirés ou vieillissant.

 

C'est dans se contexte qu'en 1966 à lieu dans le restaurant de La Stella à New-York une réunion entre 4 membres de la borgata de NOLA et des boss des familles de NY (Carlo Gambino, Michele Miranda, Thomas Eboli & Joe Colombo) + le boss de Tampa Santo Trafficante. Les membres de New-Orleans présent sont Carlos & Joe Marcello, Anthony Carollo et Frank Gagliano (ce qui fait 4 membres sur les 5).

 

C'est là qu'intervient, un autre précieux informateur, vraisemblablement Frank Bompensiero l'ancien capo de San Diego pour la Famille de Los Angeles qui vient de tourner informateur pour les fédéraux. Il va donner au féd' les membres confirmés de NOLA plus une liste de membres présumés. Les membres confirmés étant les 4 cités précédemment + Vincenzo Campo (Consigliere) et Giuseppe Gagliano désigné comme ancien Underboss ainsi que Sylvestro Carollo, déporté en Italie en 1947.

 

En se basant là dessus un camarade sur un forum, nash143, connaissant mon intérêt pour la borgata de NOLA m'a proposé de collaborer pour élaborer ce chart en se reportant sur la fameuse liste fournie par Bompensiero. Vous remarquerez qu'il n'y a pas de capo sur le chart. C'est tout simplement que malgré nos efforts nous n'avons pas trouvé de liste officielle. Même si j'ai ma petite idée sur le sujet (Tony Carollo ou Vincent Marcello sont clairement des candidats à mon humble avis), nous avons préférés ne pas extrapoler et nous baser seulement sur la liste (notre but étant d'être le plus exact possible).

 

Je remercie donc nash143 pour son excellent travail et son visuel. Je me suis pour ma part chargé de fournir les photos. Les photos de la Famille de New-Orleans étant très rare et ayant moi même une source, je remercie très chaleureusement Ronald Rawson de m'avoir fournie une bonne partie des photos qui se trouvent sur chart. J'espère que vous apprécierez le travail fourni.

 

Fabien Rossat.

 

PS : si vous aimez l'histoire de New-Orleans, n'hésitez pas rejoindre le groupe Facebook de Ronald Rawson Crescent City Mafia, Murder and Mysteries en allant sur le lien : https://www.facebook.com/groups/1660984654118561

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L'ANCIEN UNDERBOSS DE LA FAMILLE LUCCHESE CONDAMNÉ À LA PRISON À PERPÉTUITÉ

30 Août 2020, 07:45am

Publié par Xav

Steven Crea
Steven Crea

Dix mois après avoir été reconnu coupable et près d’un mois après la condamnation de Christopher Londonio et Matthew Madonna, l’ancien Underboss de la famille Lucchese, Steven « Wonderboy » Crea, a été condamné à la prison à perpétuité pour le meurtre de Michael Meldish. Après un procès de plusieurs semaines, qui avait vu défiler des témoins du gouvernement plus ou moins convainquant, les procureurs fédéraux avaient réussi à convaincre un jury de la culpabilité des accusés dans cet assassinat. Pourtant la tâche était loin d’être simple. Lors de la préparation de ce procès, la juge fédérale avait averti les procureurs fédéraux à plusieurs reprises, remettant clairement en doute la sincérité des témoins du gouvernement, qu’elle jugeait peu crédible. Pourtant, loin de démontrer clairement la culpabilité des accusés dans l’assassinat de Michael Meldish, les procureurs fédéraux ont joué très fortement sur le passé criminel des prévenus, une stratégie gagnante qui se soldera par des lourdes condamnations. Steven Crea est le dernier accusé à passer devant un tribunal pour recevoir son verdict. Christopher Londonio et Matthew Madonna ont étaient au même endroit le mois dernier, et le verdict fut expéditif pour les deux mafieux qui n’ont eu guère de chance d’essayer de convaincre une dernier fois le magistrat. Après ce verdict, rien ne laisser présager une situation favorable pour l’ancien homme fort de la famille Lucchese. Pour les avocats de la défense, une condamnation à perpétuité était inéluctable, tout devait se jouer désormais sur l’amende prévue dans ce verdict. Les procureurs demandaient 1,34 millions de dollars, la défense quant-à elle essayait de sauver les meubles, mais la juge fédérale au lieu de statuer rapidement, voulait profiter de ce dernier moment pour faire passer un message aux membres de la Cosa Nostra. Cathy Seibel est loin d’être une novice dans ce genre de procès. Les membres de la Cosa Nostra, elle les connaît pas cœur et après avoir demandé aux deux parties de se mettre d’accord sur la montant de l’amende, qui au final sera d’un million de dollars, la juge fédérale mis fin à la carrière criminelle de Steven Crea en quelques minutes. Tout d’abord, elle le condamna à la prison à perpétuité pour l’assassinat de Michael Meldish, à dix ans pour avoir comploté dans un projet d’assassinat et surtout, elle condamna une nouvelle fois Steven Crea à la prison à perpétuité pour le délit « d’utilisation d’une arme à feux avec volonté d’entrainer la mort », un délit qui au général prévoit une peine maximale de cinq ans derrière les barreaux. Mais dans ce genre de situation, un juge fédéral à tous les droits et peut très bien augmenter la peine d’un accusé, en prenant en compte par exemple son passé criminel. 

 

A la base, les procureurs voulaient faire condamner Steven Crea d’avoir planifié le meurtre de trois individus liés à la Cosa Nostra, des accusations qui se solderont au final par un acquittement pour l’ancien Underboss de la famille Lucchese,

Joseph Datello
Joseph Datello

mais qui démontreront bien la stratégie opérée par le gouvernement fédéral pendant ce procès. Les témoins étaient défaillants, il fallait donc ternir l’image des accusés. Les procureurs fédéraux démarrèrent le procès, en déclarant que Steven Crea avait menacé de tuer au moins trois personnes : Carl Ulzheimer, Joseph Datelo et Sean Richard. Le premier est un Associé de la famille Bonanno. En 2012, les deux familles étaient en conflits sur certains sujets et la famille Bonanno pour impressionner un peu la famille Lucchese, avait effectué une descente dans un club social détenu par Steven Crea. A l’intérieur les esprits se sont vite échauffés, les langues aussi et Carl Alzheimer n’hésita pas, malgré son statut, de manquer de respect à Steven Crea. Dans la Cosa Nostra, manquer de respect à un membre intronisé, équivaut à une condamnation à mort et même si les mentalités ont bien changé, il y a des choses qui ne passent pas : « Je me souviendrai de votre visage » aurait déclaré Steven Crea à Carl Ulzheimer.  Selon les procureurs, Steven Crea demanda à son fils, le Capitaine, Steven Crea Jr, de s’en occuper, qui le sous-traita alors à un Soldat de son équipe Vincent Bruno, qui se déplaça au domicile de Carl Alzheimer pour l’assassiner, fort heureusement pour l’Associé de la famille Bonanno, celui-ci n’était pas présent. Quand le gouvernement fédéral lancera son opération contre la famille Lucchese, Vincent Bruno trouvera rapidement un accord de plaidoyer. Il plaidera coupable de complot, de racket et sera condamné à onze années derrière les barreaux. La deuxième personne est Joseph Datello, un Soldat de la famille Lucchese et un proche de Steven Crea. Comme pour Vincent Bruno, Joseph Datello a lui aussi été inculpé et a rapidement accepté de plaider coupable de racket avant d’être condamné à quatorze ans de prison. Alors pourquoi Steven Crea aurait voulu tuer un membre de sa famille ?. Pour les procureurs fédéraux la raison est simple, Steven Crea était énervé de voir Joseph Datello ne pas rembourser ses dettes. En réalité, les procureurs n’avaient jamais entendu parler de cette histoire auparavant et c’est grâce seulement au témoignage de Robert Spinelli, un Associé de la famille Lucchese, qui n’a jamais été intronisé dans la Cosa Nostra en raison d’une déficience mentale, que le gouvernement fédéral a eu l’idée d’ajouter cette tentative de meurtre sur le dos de Steven Crea. Lors de sa collaboration, Robert Spinelli déclara que Joseph Datello et Sean Richard étaient des partenaires en affaire dans une entreprise de construction dans les années 1990. Mais en 1999, l’entreprise éprouvait des difficultés financières et pour aider son ami, Steven Crea aurait injecté près de deux cent mille dollars afin de renflouer les dettes. Après le témoignage de Robert Spinelli, les procureurs fédéraux ont eu la certitude que, près de vingt ans après avoir accordé un prêt à Joseph Datelo, Steven Crea aurait décidé de se venger. Lors du procès, la défense a très vite ironisé sur ce « contrat », en déclarant que leur client aurait mis « près de vingt ans » pour se rendre compte que Joseph Datelo n’avait pas rembourser une dette. 

 

Sean Richard avait la particularité d’être le beau fils de l’ancien Parrain de la famille DeCavalcante, Giovanni « The Eagle » Riggi. Dès l’été 1999, les agents fédéraux perquisitionnaient la maison et la société détenus par Sean Richard. Ce dernier voyant les soucis avec la justice arrivaient, sombra dans une forte dépression. En Automne 1999, la famille Lucchese inquiète surement de la tournure que prenait cette affaire, se réunit à deux reprises avec le beau-fils de Giovanni Riggi. La première réunion eut lieu dans un restaurant à Yonkers. Sean Richard était accompagné du Soldat Joseph Datello pour rencontrer Steven Crea. Ce dernier était à la tète du « Lucchese Construction Groupe», mais de part sa position Underboss, il transmettait aussi les ordres de Vittorio Amuso, Parrain de la famille Lucchese incarcéré à vie. Selon Sean Richard, Steven Crea était très en colère et pendant près d’une heure, il parla des rackets en cours entre les deux familles. Toujours selon ce dernier, l’ancien Underboss doutait visiblement de la « sincérité » du beau-fils de Giovanni Riggi. Une deuxième rencontre s’imposait. Toujours avec le Soldat Joseph Datello, mais cette fois-ci avec son Capitaine Dominic « Crazy Dom » TruscelloLa peur commençait à envahir Sean Richard. Lui qui se sentait tellement intouchable aupravant, commença à se poser des questions quand Joseph Datello lui demanda d’attendre devant le Tick Tock Diner dans le New-Jersey, stipulant qu’une camionnette allait venir le chercher. Sean Richard se demanda alors pourquoi les mafieux utilisaient une camionnette et non une voiture habituelle ? Pour cacher un corps ? Le tuer sans se faire voir ?, tant de questions sans réponse qui fit que Sean Richard s'arma pour aller à ce rendez-vous, chose qui est normalement strictement interdite dans les règles de la Cosa Nostra. Le trajet sa passa sans violence, mais pendant la réunion, Dominic Truscello le fixa droit dans les yeux et lui demanda : « Vous avez des péchés à avouer ? ». Cette rencontre scella le destin de Sean Richard qui quelques jours plus tard décida de se livrer au FBI pour collaborer. 

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