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John Gotti : Le Don en Teflon - Quatrième Partie

13 Mai 2013, 17:14pm

Publié par Xav + A.S

John Gotti : Le Don en Teflon - Quatrième Partie

Quand John Gotti fut condamné à la prison à vie en juin 1992, il fut transféré dans la prison de "Marion" dans l’État de l’Illinois. En 1992, cette prison était considérée par les autorités Américaine comme la prison fédérale la plus répressive des États-Unis. A "Marion", les criminels les plus dangereux du pays y étaient incarcérés. John Gotti, même emprisonné, était encore le Boss et pour éviter que des informations circulent entre lui et la famille Gambino, il fut installé dans une partie de la prison la plus difficile, appelé isolement total. Sa cellule faisait moins de sept mètres carrés, elle était composée d'un lit en métal ou John Gotti pouvait s'allonger sur un fin matelas. La seule distraction pendant ses 23 heures d'enfermement, était une petite télé en noir et blanc ou était diffusé des programmes religieux et autres émissions sur la réhabilitation. Bien sûr John Gotti n'avait plus les privilèges que pouvait espérer un "Parrain" de la Cosa Nostra, mais malgré les conditions de détentions extrêmes, John Gotti restait encore le patron. Sa notoriété et son influence en faisaient un des détenus les plus craint par les autres prisonniers. La plupart n'hésitèrent pas par respect ou pour faciliter son confort dans ce milieu hostile, à lui donné un meilleur matelas. A "Marion" John Gotti était encore quelqu'un de très respecté, personne ne voulait avoir des histoires avec lui. En effet, qui oserait se frotter à un des parrains les plus puissants de la Cosa Nostra. La famille Gambino comptait plus de 200 membres actifs et des milliers d'associés, ce qui représentait une énorme force de frappe pour quiconque oserait se défier à elle. Jouant de sa notoriété, John Gotti essayait de dicter un peu sa loi envers les autres détenus pendant ses rares moments de détente à l'extérieur de sa cellule. Les prisonniers avaient pris l'habitude de s'écarter quand il le voyait arriver et surtout de ne jamais lui parler de sa vie dans le crime organisé.
En 1996, comme chaque jour, John Gotti profitait de son heure quotidienne de détente en sortant de sa cellule. Cela faisait déjà quatre années que John Gotti était incarcéré, sa vie de Boss de la Cosa Nostra avait laissé place à la routine habituelle dans l'univers carcéral. Il était toujours considéré comme le parrain de la famille Gambino, son fils John Gotti Jr gérait pour lui les affaires en dehors de la prison. John Gotti longeait les cellules, faisant les cent pas, il essayait de s'aérer un peu l'esprit. L'enfermement pouvait détruire n'importe quel prisonnier même le plus robuste et John Gotti en était conscient. Il savait que le but du gouvernement était de le détruire psychologiquement jusqu'à la fin de ses jours. Pendant sa promenade en dehors de sa minuscule cellule, John Gotti croisa Walter Johnson. Ce dernier connaissait parfaitement la réputation du chef de la famille Gambino. Walter Johnson était un ancien braqueur de banque, il venait d'être transféré récemment dans le pénitencier de "Marion" en raison de son comportement violent envers les autres détenus. John Gotti s'avança vers Walter Johnson mais ce dernier mis du temps à le laisser passer. Vexé par cette attitude, John Gotti lui hurla dessus "Fous moi le camp d'ici espèce de sale "nègre", tu ne sais pas qui je suis?". Walter Johnson savait qui était John Gotti, mais à "Marion", il ne faisait aucune différence entre les autres prisonniers, pour lui c'était un détenu qui portait une combinaison orange comme tout le monde dans cet établissement. Le lendemain de l'altercation, pendant leur moment de détente, Walter Johnson en profita pour frapper John Gotti au visage. Ce dernier surpris, tomba par terre et essaya de se défendre tant bien que mal avant que les gardiens n'arrivent pour les séparer. Les détenus étaient stupéfaits par ce qu'il venait d'arriver. John Gotti était le Boss de la famille Gambino et tout le monde était surpris de le voir se faire frapper. Emmené à l'infirmerie, il se fit soigner alors que que Walter Johnson fut placé à l'isolement. John Gotti refusa de dire aux surveillants ce qu'il s'était passé, dents serrés, mâchoire fermée, il prétexta seulement avoir trébuché. Pour les autorités pénitentiaires, l'incident était clos, mais pas pour John Gotti. C'était la première fois de sa vie qu'il se faisait frapper. Au fond de lui, il se sentait humilié. Il ne pouvait pas laisser cet incident sans conséquence, Walter Johnson devait payer.
Dans les prisons fédérales, un gang redouté par tous les détenus avait pris ses marques. A "Marion" celui-ci était très bien implanté et très bien organisé. Ce gang se dénomme les "Aryan Brotherhood". Il est considérée pas les autorités Américaines comme un des gangs les plus violents dans le milieu carcéral Américain. Même s'il ne représente que 1 % de la population carcérale, il est à lui seul responsable de plus de 25 % des meurtres commis dans les prisons Américaines. John Gotti pris alors contact avec un des leaders et lui proposa pas loin de 100 000 $ pour tuer Walter Johnson. Les membres de "L'Aryan Brotherhood" incarcéraient à "Marion" étaient tous d'accord pour effectuer ce contrat. Pour eux c'était de l'argent facile et tuer un détenu noir renforcerait leur suprématie. Mais il fallait d'abord que les chefs de ce gang emprisonnés dans différentes prisons aux Etats-Unis puissent donner leur accord. Plusieurs semaines s'écoulèrent avant que les dirigeants de l'"Aryan Brotherhood"acceptent finalement de tuer Walter Johnson. Maintenant, ce dernier était devenu une cible à abattre et John Gotti allait montrer devant tout le monde qu'on ne s'attaquait pas impunément à un Boss de la Cosa Nostra. Les autorités pénitentiaires furent mise au courant rapidement du contrat lancé par John Gotti sur Walter Johnson et décidèrent de protéger ce dernier en le mettant à l'isolement. Les autorités le mirent à l'isolement jusqu’à sa libération en conditionnelle qui devait intervenir quelques mois plus tard.
En 1998, John Gotti atteint d'un cancer de la gorge fut transféré au centre médical pour les prisonniers fédéraux a Springfield dans le Missouri. Il mourut le 10 juin 2002, il avait 61 ans.

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John Gotti : Le Don en Teflon - Troisième Partie

5 Mai 2013, 10:51am

Publié par Xav + A.S

John Gotti : Le Don en Teflon - Troisième Partie

Quelques semaines plus tard, John Gotti nomma Franck LoCascio comme "Consigliere" et Salvatore Gravanno comme "Underboss". John Gotti devenait de plus en plus arrogant, il pensait dégagé une aura qui le protégait de toutes inculpations. Dans son livre "Underboss", Salvatore Gravano raconta une journée typique de John Gotti à la tête de la famille Gambino. "John Gotti se levait généralement vers onze heures, il enfilait un jogging et quittait sa maison pour aller directement à son club social" A l'intérieur, John Gotti avait accroché sa photo de lui en couverture du "Time". Dans le club Social, il y avait un véritable salon de coiffure, ou le coiffeur passait tous les jours. Un de ses associés lui préparait ses costumes fait sur mesure. John Gotti adorait s'habiller et il fallait que tout soit impeccable. Il dénigrait facilement certains membres de sa famille qui ne faisaient pas effort selon lui sur leur tenue vestimentaire. Une fois préparé, il partait directement dans son deuxième club social le Ravenite avant de terminer sa soirée dans les boites de nuit branchées de New-York. Pour Salvatore Gravano, John Gotti était "tombé amoureux de lui même", tous les médias s'acharnaient sur lui et John Gotti adorait ca. Il avait du charisme, du charme, et pour lui, il avait son "public" et il devait faire bonne figure devant lui. Il adorait se vanter devant les membres de sa famille qu'il avait perdu plus de 10000$ sur un match ou qu'il avait faillit raflé un pactole à cause d'un pari sportif. John Gotti voulait "changer l'image de la Cosa Nostra". Pour lui les Boss de la Cosa Nostra étaient ringards, car ils voulaient rester à l'écart des journalistes. Pour John Gotti, un Boss de la Cosa Nostra doit arriver au procès avec on costume, ses bijoux pour leur en mettre plein la vue. "Il ne faut pas arriver comme Tony Ducks (Anthony Corallo, Boss de la famille Lucchese) qui est arrivé à son procès déguisé en pauvre vieux pour apitoyer les jurés. Quand les gens vont au cirque, c'est pour voir des lions, des tigres, pas des clowns" disait-il.
Après tous ses procès perdus, le gouvernement Américain avait pris un gros coup sur la tête. Des millions dollars avaient été dépensés inutilement pour arriver finalement qu'à des acquittements. Une semaine après le verdict contre John O'Connor, le FBI se réunit dans un lieu tenu secret. Jules Bonavolonta un des patrons du FBI présida la réunion. Le plan était simple, il fallait investir tous les moyens possibles pour mettre John Gotti en prison définitivement. Il ne voulait pas que le FBI se disperse dans des affaires sans intérêt qui renforceraient le prestige de John Gotti. Pour les agents du FBI, les écoutes du "Ravenite", le club social de John Gotti allaient forcement mener à une condamnation pour le Boss de la famille Gambino. Le problème était que ce club social se situé en plein "Little Italy" et la moindre presence suspecte était tout de suite repérée. La première étape des agents du FBI était de s'installer avec une fourgonnette banalisée et de photographier toutes les personnes qui entraient et sortaient du "Ravenite". Salvatore Gravano l'ancien "Underboss" de la famille Gambino raconta à Peter Maas son biographe : "Quand j'étais au "Ravenite", j'étais persuadé que le club social était rempli de micros. J'en ai parlé à John en lui demandant pourquoi il continuait à venir en sachant que le "Ravenite" était en permanence contrôlé. Il m'a répondu qu'il savait ce qu'il faisait et qu'il emmerdait le gouvernement". Face à cette surveillance, Gerald Shargel l'un des avocats de John Gotti déclara devant la presse que : "Le FBI s'acharnait contre son client avec des théories et non des preuves". Bruce Cutler le deuxième avocat de John Gotti dénonça "la chasse aux sorcières" mené par le gouvernement Américain contre son client. Ce dernier était tellement en admiration envers son client, qu'il copiait sa façon de s'habiller et se comportait comme un vrai "Affranchi". Pour les agents du FBI qui surveillaient les moindres faits et gestes de John Gotti, Bruce Cutler "arrivait au "Ravenite" et commençait à embrasser tout le monde, comme s'il mourait d'envie d'être lui aussi initié". Depuis plus d'un an et demi, un micro était dissimulé dans son club social, le "Ravenite". Mais les mafieux avaient pris l'habitude de ne jamais parler de leurs affaires dans leurs clubs associatifs. Des centaines d'heures d'enregistrement ne donnaient rien qui pouvait permettre d'inculper John Gotti. Mais une chose de bizarre préoccupait fortement les agents du FBI. La voix de John Gotti pouvait disparaitre des conversations pendant plusieurs heures.

Pour eux c'était évident que John Gotti allait dans un autre endroit pour parler des affaires de la famille Gambino. Situé au rez de chaussé d'un immeuble de Mulbery Street, le "Ravenite" avait sa propre entrée. Une deuxième entrée donnait sur des logements qui se situaient au dessus du club social. Un de ces appartements appartenait à Michael Cirelli, un ancien "Soldat" de la famille Gambino qui était décédé depuis des années. Sa femme vivait encore dedans et le FBI apprit par plusieurs témoins que l'ancien "Underboss" de la famille Gambino Neil Dellacroce y tenait certaines de ses réunions à l’intérieur. Pour les agents du FBI, il semblait logique que John Gotti y venait également pour discuter de sujets sensibles. Les services du procureur obtinrent l'autorisation d'y poser un micro. Quand la veuve partit rendre visite à sa famille en Floride pour "Thanksgiving", le FBI en profita pour s'introduire dans l'appartement et installer les micros à différents endroits. Les enregistrements dépassèrent tout ce que pouvait espérer le gouvernement. Le FBI avait passé plusieurs mois à écouter des bandes audio venant du "Ravenite" sans rien trouver, à part des infos sur des paris sportifs. En quelques jours d'écoute dans l'appartement de Nettie Cirilli, John Gotti s'identifiait clairement comme le Boss de la famille Gambino. Dans ces enregistrements, il déclarait avoir ordonné le meurtre de Roberto DiBernardo, Louis Milito et Louis DiBono. Grâce à ces enregistrements, le gouvernement avait les moyens d'inculper John Gotti pour plusieurs meurtres dont celui de Paul Castellano. Une bataille de territoire éclata donc alors entre les différents procureurs fédéraux. Ils savaient que cette affaire allait être fortement médiatisée. Après plusieurs mois de négociations, celle-ci fut confiée au District Est des procureurs Maloney et Gleeson. Aux États-Unis, pour inculper quelqu'un, il faut passer devant un grand jury qui a le pouvoir de mener une procédure contre plusieurs personnes. Celui ci fut convoqué en secret et elle décida d'inculper l'administration de la famille Gambino, John Gotti, Salvatore Gravano et Frank Locascio. Leur arrestation était prévue pour le 11 Décembre 1990 dans la nuit au "Ravenite" le club social de John Gotti.
Le 11 Décembre 1990, George Gabriel, le responsable de "l'escadron" en charge de la surveillance de la famille Gambino etait prêt. Le mandat d'arrêt en main, il quitta son bureau avec plusieurs agents vers le "Ravenite". C'était un moment crucial pour George Gabirle mais aussi pour le FBI en particulier, il ne fallait pas faire d'erreur. Si John Gotti s'en sortait encore une seule fois, il deviendrait alors invincible et tout le monde penserait que le gouvernement s'acharnait contre lui. Il faisait nuit quand les agents arrivèrent devant le club social de John Gotti. A l’extérieur, certains associés étaient en train de fumer tranquillement leur cigarette. Ils surveillaient sans aucun doute les différentes personnes qui s'approchaient du "Ravenite". Mais George Gabriel était connu de la famille Gambino, ce n'était pas la première fois qu'il venait ici et tout le monde savait qui il était. Il était déjà venu plusieurs fois pour discuter avec certains membres de la famille Gambino dont John Gotti. Une certaine relation s'était installée entre les agents du FBI en charge de la surveillance de la famille Gambino et les mafieux eux-mêmes. Pas de l'amitié, mais une certaine forme de respect. Les membres initiés savaient que ses agents n'étaient pas des "vulgaires flics de bas étages", qu'ils allaient droit au but.
John Gotti savait par son avocat qu'il allait bientôt se faire arrêter. Bruce Cutler l'avait interpellé à l'arrière de son club. Il lui avait proposé de plaider coupable de toutes les charges retenues contre lui, de faire un marché avec le procureur pour que sa peine de prison soit réduite. John Gotti lui avait lancé d'un ton agressif : "Tu sais à qui tu parles?. Je te le répète, personne dans la famille Gambino ne plaidera coupable". Le même jour, le FBI enregistra une conversation entre Franck Locascio et John Gotti dans l'appartement de Nettie Cirilli. Ce dernier se plaignait de son "Underboss" Salvatore Gravano et de l'importance qu'il prenait dans la famille Gambino. Il dénigrait son bras droit, en racontant qu'il avait liquidé plusieurs membres de la famille Gambino pour reprendre leurs affaires. Il laissait supposer qu'il pouvait lancer un contrat contre lui s'il ne changeait pas d'attitude envers la "borgata", la famille. Il parla aussi de la prison de "Marion" (Prison Fédérale dans l'Etat de L'Illinois), il racontait que s'il était condamné, le gouvernement ne le lui ferait pas de cadeaux. Il l'enfermerait vingt trois heures par jour dans une cellule avec seulement un coup de fil par nuit. Il répondit clairement qu'il "préférait mourir dans une cage et qu'il enterrerait ses enculés. Je serai Cosa Nostra jusqu’à ce que je meure. Que ça se passe dans une heure, cette nuit ou dans cent ans, je serai toujours Cosa Nostra".
Dans le livre de Fabrizio Calvi "FBI : L'histoire du bureau par ses agents", George Gabriel raconta comment il avait procédé à l'arrestation de John Gotti. Il entra dans le club social, celui-ci était bonde. La plupart des personnes présentes buvaient un verre au bar, d'autres discutaient à une table. John Gotti avait ordonné à ses "capitaines" de se montrer au moins trois fois par semaine au "Ravenite". George Gabriel essaya par le brouhaha ambiant de se faire entendre. "Vous savez qui je suis, je connais la plupart d'entre vous. Je veux parler à John Gotti", "Il est au font du club, répondit un membre de la famille Gambino". A l'arrière du club, John Gotti était assis à une table avec Salvatore Gravano et Franck Locascio en train de jouer aux cartes. Détendu face à la présence des agents du FBI, il décida de ne pas les suivre tant qu'il n'avait pas bu un dernier expresso. Les agents n'ont rien pu dire et ils ont laissé John Gotti faire son "numéro" devant tout le monde. Une fois terminé, il savait qu'à sa sortie les journalistes seraient déjà présents pour le filmer. Il sortit sourire aux lèvres, face aux médias avant de monter tranquillement dans une voiture de police. Une semaine après son arrestation, un de ses avocats, Gerald Shargel réclama les enregistrements du FBI affirmant que son client avait le droit à un procès équitable. Le juge Léo Glasser, refusa de libérer sous caution les trois accusés affirmant que "Libérer les accusés pouvait compromettre la sécurité des habitants". John Gotti, Franck Locascio et Salvatore Gravano furent incarcérés dans une partie du "Metropolitan Center" la plus privative, appelée "Isolement Total". Ils n'avaient aucun contact entre eux, ni avec les autres détenus. Ils étaient enfermés vingt trois heures par jour dans leur cellule. D'après Salvatore Gravano "Tout le huitième étage est au régime sécurité maximum, mais l'IT c'est le maximum du maximum. Il parait que la prison fédérale la plus dure du pays, c'est "Marion", mais ca ne pouvait pas être pire qu'ici. Ca grouillait de cafards, de rats, de tout ce que vous voulez". Les avocats des accusés reçurent un coup de massue sur la tête quand ils apprirent la décision du juge Léo Glasser. Ils ont interdiction de représenter leur client. En effet, la plupart d'entre eux, avaient été enregistrés en train de "conseiller" la famille Gambino pour déjouer les enquêtes de la justice. De ce fait ils s'étaient rendus inéligibles pour le procès. En sortant du palais de justice, les avocats encore abasourdis par la décision du juge glissèrent aux journalistes présents : "Nous sommes très fiers de la manière dont nous avons défendus ces hommes".
Le 02 juin, le juge convoqua les trois accusés pour leur faire écouter les bandes secrètes que détenait le FBI. Dans ces enregistrements, on pouvait entendre clairement John Gotti déblatérer sur Salvatore Gravano. Les enregistrements montraient John Gotti essayant de se faire passer pour un Boss indulgent face à Salvatore Gravano qui ne faisait que selon lui que demander des autorisations pour liquider certaines personnes. Pour John Gotti, Salvatore Gravano était en train de créer une autre famille dans la famille Gambino. Dans le tribunal, alors que les accusés écoutaient les enregistrements, John Gotti resta impassible, seuls ses doigts tapoter sur la table. Pour Salvatore Gravano c'était autre chose, son visage devint livide, ses yeux devinrent vitreux, il était très en colère. L'équipe de procureurs avait réussi leur coup et elle pouvait maintenant se concentrer à faire "changer de camp" Salvatore Gravano. Ce dernier supportait de moins en moins depuis quelques temps le comportement de John Gotti. Pour Salvatore Gravano, le boss de la famille Gambino était trop médiatisé, il braquait tous les médias sur les activités de la famille mafieuse. John Gotti devenait de plus en plus égocentrique, ne prenant des décisions que pour faire plaisir à son "public". John Gotti avait l'intention de tout mettre sur le dos de son "bras droit" et faire passer Salvatore Gravano comme un chien enragé, un tueur dégénéré. Il voulait que Salvatore Gravano soit condamné à sa place car selon lui la "Cosa Nostra" avait besoin de John Gotti.
La sélection du jury fut fastidieuse, la plupart des jurés étaient effrayés de participer au procès de John Gotti. Les médias avaient une grande influence sur l'impact du procès, laissant sous entendre que John Gotti allait être impliqué dans six meurtres supplémentaires. Le juge Léo Glaser énervé par cette attitude avait même l'intention de déplacer le procès dans un autre État provoquant la colère des avocats de John Gotti et de ce dernier. John Gotti déclara à l'un deux : "Il va le déplacer ou ce putain de procès ? A Stuttgart?" puis pendant une interruption de séance, il en profita pour se moquer d'un des procureurs, il lança à ses avocats "A quand remonte la dernière fois que ce connard s'est lavé les cheveux?". Le parquet avait dû prendre toutes ses précautions. Le jury devint anonyme, et ses membres avaient été isolés du monde extérieur. Le procès s'ouvrit le 12 février 1992 dans un climat de tension extrême. A son premier jour, les agents du FBI George Gabriel et Lewis Schiliro essayèrent de décrire l'organisation de la famille Gambino et d'expliquer les différentes bandes enregistrées dans le "Ravenite" et dans l'appartement de Nettie Cirilli. Ensuite venait le tour de Deena Milito, en larme elle essaya d'expliquer la relation qu'elle entretenait avec son père Louis Milito, un soldat de la famille Gambino exécuté sous les ordres de John Gotti et très proche de son bras droit Salvatore Gravano. Le jury entendit ensuite les enregistrements ou John Gotti affirmait clairement avoir ordonné l'ordre d'exécuter Roberto Dibernardo, Louis DiBono et Louis Milito. Sur cet enregistrement, John Gotti blâmait Salvatore Gravano d'avoir insisté auprès de lui pour exécuter ses anciens amis. Mais il fallut attendre le 12 mars 1992 pour entendre le témoin vedette dans ce procès en la présence de Salvatore Gravano. Ce dernier après plusieurs semaines de réflexion décida de collaborer avec le gouvernement en échange d'une remise de peine. Son témoignage allait être dévastateur pour John Gotti. Il connaissait tout de la Cosa Nostra et était surtout concerné de près ou de loin par toutes les activités de son ancien Boss.
Le 12 mars 1992, Salvatore Gavano rentra dans le tribunal sous escorte policière,un silence de mort régnait dans la salle. Des émissaires de John Gotti avaient essayé de faire venir sa femme dans le tribunal pour le destabiliser mais cette dernière refusa de venir. Assis à la barre des témoins, il prêta serment. John Gotti fixa son ancien bras droit d'un regard glacial, mais ce dernier ne baissa pas les yeux et calmement il répondit aux questions du juge Leo Glasser. Le contre-interrogatoire mené par l'équipe d'avocats de John Gotti fut cinglant. Ils comparèrent Salvatore Gravano à un "tueur en série", un "maniaque" prêt à tout pour s'en sortir et que le gouvernement avait conclut un accord avec lui pour une peine maximale de 20 ans de prison pour dix neuf meurtres. Les jurés avaient commencé leur délibération au 1er avril. Certains médias pensaient que le jury allait mettre plusieurs jours à trouver un verdict dans cette affaire, il leur avait fallu seulement que quatorze heures. Quand le juge Léo Glasser demanda au jury de lire le verdict, un des jurés se leva et déclara : "Nous le jury déclarons à l'unanimité les accusés John Gotti et Franck Locascio coupables de toutes les charges retenues contre eux". John Gotti resta de marbre alors que plusieurs membres de la famille Gambino et de sa famille proche crièrent au scandale. John Gotti glissa ces quelques mots à l'oreille de son avocat "Ne t'inquiètes pas cela ne fait que commencer". Ils furent immédiatement emmenés tous les deux par les US Marshalls qui les accompagnèrent jusqu’à leur cellule. Il ne restait plus qu'à attendre maintenant la determination de leur peine que le juge Léo Glasser fixa au 23 juin. Debout devant le juge Léo Glasser, ce dernier demanda si les accusés avaient quelque chose à dire. John Gotti répondit négativement de la tête alors que Franck Locascio en profita pour dire : "Je voudrais simplement dire que je suis innocent. Je suis seulement coupable d'être un bon ami à John Gotti". Léo Glasser rendit alors la sentence en condamnant les deux accusés à des peines de prison à vie aucune possibilité de libération conditionnelle à purger dans un établissement fédéral. John Gotti fut transféré dans la prison de "Marion" dans l’État de l'Illinois alors que Frank Locascio fut transféré dans la prison de "Terre-Haute" dans l'Indiana.

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BARTOLOMEO VERNACE RECONNU COUPABLE

20 Avril 2013, 10:20am

Publié par Xav + A.S

BARTOLOMEO VERNACE RECONNU COUPABLE


Bartolomeo Vernace un capitaine de la famille Gambino vient d'être reconnu coupable des meurtres de Richard Godkin et John D'Agnese. Il aura fallu attendre plus de 30 ans avant que le principal tueur dans cette affaire ne soit jugé. Les assassinats avaient eu lieu le 11 avril 1981 au ShamRock's Bar dans le Queen. Il était 2h30 du matin et malgré l'heure avancée de la nuit, le bar était bondé. Frank Ricardi et une femme étaient en train de boire un verre tranquillement au bar. Un homme arriva et accidentellement renversa son verre sur la robe de la compagne de Frank Ricardi. Ce dernier se mis en colère et agrippa violemment l'homme par le col. John D'Agnese un des propriétaires séparèrent tant bien que mal les deux hommes et demanda à Frank Ricardi de s'en aller avant qu'il n'appelle la police. Frank Ricardi était furieux de ce manque de respect à son encontre et hurla avant de quitter le bar : "Je serais de retour".
Une vingtaine de minutes plus tard, Frank Ricardi et deux complices entrèrent dans le bar. Ils essayèrent de se frayer un chemin jusqu'à John D'Agnese qui était entrain de jouer tranquillement dans le fond de son bar au flipper. Richard Richardi s'approcha de John D'Agnese et lui tira une seule balle à bout portant dans le visage, ce dernier s'écroula instantanément sur le sol. Richard Godkin le deuxième propriétaire du bar essaya de venir en aide à son ami mais lui aussi fut exécute de plusieurs balles dans le corps. Les meurtriers profitèrent de la cohue générale pour s'enfuir tranquillement dans les rues de New-York.
Il fallut attendre plusieurs années avant que les meurtriers présumés ne soient arrêtés grâce à la volonté d'un détective à la retraite dénommé William Gill. Ce dernier interrogea plusieurs témoins, des barmans et des clients qui étaient présents au moments des faits. Grâce à ces témoignages, ils permirent d'identifier trois suspects. Le premier était connu comme Frank"Le Geech" Ricardi, le deuxième était Ronnie "Le Juif» qui s'averra être Ronnie Barlin et un troisième suspect connu sous le nom de «Pepe». Frank Riccardi avait été identifié clairement par le barman qui le connaissait très bien car c'était un très bon client. Ronnie Barlin était un délinquant notoire et grâce aux photographies lors de ses arrestations, il avait été reconnu par plusieurs clients. Mais qui était le dernier protagoniste de cette affaire, connu sous le nom de "Pepe". Grâce aux multiples photos de surveillance, le dénommé "Pepe" fut identifié comme étant Bartolomeo Vernace. Les enquêteurs décidèrent d'interroger sa femme Jacqueline Vernace, mais cette dernière ne fut pas très coopérative. Elle se souvenait plus très bien ou se trouvait son mari à cette époque prétextant qu'elle était trop malade pour aider les enquêteurs. En 1998 les trois suspects furent arrêtés par la police mais ils furent acquittés en 2002 des meurtres de Richard Godkin et John D'Agnese.
En 2011, Bartolomeo Vernace fut accusé de nouveau des meurtres de Richard Godkin et John D'Agnese. Frank Ricardi étant décédé depuis des années, il était le seul dans cette affaire à être encore inculpé. Depuis ces quelques années, Bartolomeo Vernace était devenu un membre initié de la Cosa Nostra. Il dirigeait même depuis 2008 avec deux autres capitaines, un comité chargé de contrôler les affaires de la famille Gambino pendant que le Boss de la famille Peter Gotti était emprisonné. L'arrestation de Bartolomeo Vernace fut possible grâce aux témoignages d'un ancien barman qui avait refusé de collaborer avec le gouvernement mais aussi de Linda Gotti le fille de Peter Gotti et nièce de John Gotti l'ancien parrain de la famille Gambino. Pour Patrick Sullivan le barman, il avait refusé de collaborer avec le gouvernement par crainte pour sa vie "Ces gens là, ils sont capables de vous tuer pour un verre renversé. Vous imaginez ?". Pour Linda Gotti, cela était différent. Elle était la petite amie de John D'Agnese, elle avait refusé de parler avec la police à cause de sa famille. Maintenant elle voulait témoigner pour selon elle, se faire pardonner et tourner la page définitivement avec le crime organisé. Son père purge actuellement une peine à perpétuité dans la prison fédéral de Terre-Haute dans l'Indiana. Pour certains journalistes, "Linda Gotti ne s'était jamais remise que son petite amie avait pu être tué pour quelque chose d'aussi stupide".
A l'ouverture du procès, Bartolomeo Vernace refusa de s'habiller normalement et préféra laisser sa combinaison orange de prisonnier. Kristin Mace le procureur en charge du dossier déclara que "La violence, la peur et le mensonge devait cesser". L'avocat de Bartolomeo Vernace, Charles Carnesi déclara que son client avait déjà été acquitté pour la même affaire quelques années auparavant et que la Mafia ne tuait jamais des civils car selon lui, "c'était mauvais pour les affaires". Mais le jury fut convaincu par les témoignages accablants de Linda Gotti et Patrick Sullivan. Bartolomeo Vernace fut reconnu coupable des meurtres de Richard Godkin et John D'Agnese. Emprisonné depuis 2011, Bartolomeo Vernaca avait refusé une "offre" du gouvernement. Il lui avait proposé de plaider coupable de toutes les charges retenues contre lui et d'être condamné à une peine de 12 années de prison dans un établissement fédéral mais ce dernier avait refusé. A l’énoncé du verdict Bartolomeo Vernace se contenta de hausser les épaules. Son avocat déclara à la sortie du tribunal, devant les journalistes : "Je ne remettrais jamais en cause le verdict d'un jury. Mais nous allons de nouveau examiner le dossier et analyser toutes nos options".

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John Gotti : Le Don en Teflon - Deuxième Partie

16 Avril 2013, 17:53pm

Publié par Xav + A.S

John Gotti : Le Don en Teflon - Deuxième Partie

Deux jours après la mort de Paul Castellano, les capitaines et les responsables de la famille Gambino furent convoqués au restaurant que tenait Sammy Gravano le "Caesar's East" pas très loin du lieu ou Paul Castellano fut tué. Joe Gallo l'ancien "Consigliere" de la famille Gambino présidait la réunion. Le moment était venu pour John Gotti de se faire nommer à la tête de la famille mafieuse. Sa première décision fut de promouvoir Franck DeCicco comme "Underboss" et laisser les fonctions de "Consigliere" à Joe Gallo. Pour John Gotti ce dernier avait une présence rassurante, il connaissait la Cosa Nostra dans tous ses recoins et il pouvait calmer certains capitaines qui ne comprenaient pas trop ce qui avait pu se passer avec l'exécution de Paul Castellano. Un message fut passé aux autres familles de la Cosa Nostra, leur expliquant qu'une enquête était en cours pour savoir qui avait tué Paul Castellano et qu'une fois les tueurs retrouvés, il y aurait des représailles. La famille Gambino obtient de nouveau son siège à la Commission, mais cette dernière stipula qu'une règle avait été violée et qu'un jour la famille Gambino devrait répondre du meurtre de Paul Castellano.
A peine nommé Boss de la famille Gambino, John Gotti s'apprétait à être inculpé dans deux affaires. Le premier faisait suite à une agression qui s'était déroulée quelques mois avant le meurtre de Paul Castellano, le 11 septembre 1984. Ce jour là dans une rue de New-York, Romual Piecyk réparateur de réfrigérateur retrouva sa camionnette bloquée par une voiture garée en double file. La voiture appartenait à Frank Colleta un associé de la famille Gambino qui buvait un verre tranquillement avec John Gotti dans le bar "Cozy Corne". En colère de ne pas pouvoir passer, il sortit une batte de baseball et s'assit sur le véhicule de Frank Colleta. Ce dernier sortit du bar tranquillement et quand il vit Romual Piecyk assis sur son véhicule en train de le traiter de tous les noms. Ce dernier n’eut pas le temps d'utiliser sa batte de baseball qu'il fut frappé au visage. Romual Piecyk tomba par terre et Frank Colleta en profita pour faire les poches du pauvre réparateur encore abasourdi par ce qu'il venait de lui arriver. Il se releva péniblement et une bagarre éclata entre Frank Colleta et Romual Piecyk. John Gotti qui assistait à la scène depuis le bar, se précipita sur Romual Piecyk et le frappa très durement au visage. Une nouvelle fois à terre, John Gotti profita de dire ces quelques mots à Romual Piecyk : "Tu ferais mieux de partir d'ici avant qu'il ne t'arrive quelque chose de plus grave...". Romual Piecyk s'en alla mais ramena avec lui des agents de police jusqu'au bar. A l'intérieur John Gotti et Frank Colleta était assis en train de discuter et Romual Piecyk désigna les deux mafieux comme ces agresseurs. Les policiers arrêtèrent Frank Colleta et John Gotti. Au moment ou les policiers passèrent les menottes à John Gotti, ce dernier stupéfé de se faire arrêter interpela Romual Piecyk : "Tu ne sais pas qui je suis?", Romual Piecyk lui répondit sèchement "Non et je m'en fous". Quelques jours plus tard, Romual Piecyk témoigna devant un grand jury. John Gotti et Frank Colleta furent inculpés d'agression qualifiée et de vol. Il fallut attendre plus d'un an avant que l'affaire ne soit traitée par les tribunaux et pendant ce temps Romual Piecyk découvrit qui était réellement John Gotti. Il craignait maintenant pour sa vie, il s'arma d'un pistolet et déménagea loin de New-York avec sa femme. Une semaine avant l'ouverture du procès, un sergent de la police de New-York sonna chez Romual Piecyk pour lui parler de l'affaire. Romual Piecyk fut catégorique : "Je ne témoignerai pas", il raconta qu'il avait reçu plusieurs menaces téléphoniques et que les freins de camionnette avait été coupés à plusieurs reprises. A la veille du procès, Romual Piecyk parla avc un journaliste du "New York Daily News", il lui raconta qu'il ne "voulait pas causer d'ennui à John Gotti et qu'il ne témoignera jamais contre lui". Le jour du procès, Romual Piecyk arriva au tribunal avec des lunettes fumées, il ne voulait pas croiser le regard persistant de John Gotti lors du procès. A la barre des témoins, quand le procureur lui demanda de montrer du doigt dans la salle qui était son agresseur, Romual Piecyk répondit timidement : "Pour être parfaitement honnête, cela c'est passé il y a si longtemps, que je ne m'en souviens plus". John Gotti impeccablement vêtu se tenait au premier rang à coté de son avocat Bruce Cutler. Il souriait de voir l'équipe du procureur essayant de faire changer d'avis Romual Piecyk, mais ce dernier resta sur ses positions. Le juge fédéral décida alors de classer l'affaire. A l'enoncé du verdict, des cris joie se firent entendre dans le tribunal. John Gotti avait gagné sa première bataille contre le gouvernement Américain, mais cela ne faisait que commencer.
le 7 avril 1986, John Gotti et plusieurs membres de la famille Gambino dont son frère Gene furent accusés dans plusieurs affaires tenant de la loi RICO. Avant que le procès ne commence Armond Dellacroce un "soldat" de la famille Gambino qui avait disparu depuis la mort de son père Neil Dellacroce, fit savoir à son avocat qu'il plaidait coupable de toutes les charges retenues contre lui. Cette décision choqua profondément John Gotti qui n'acceptait en aucun cas qu'un membre de la famille Gambino plaide coupable pour pouvoir alléger sa peine de prison. Pour lui, un membre initié de la Cosa Nostra doit se présenter fièrement devant le juge, tout en niant la moindre participation au crime organisé et à la Cosa Nostra. Avant que le procès commence, John Gotti fut victime d'une tentative de meurtre. Le 13 avril 1986, John Gotti, Frank DeCicco et ses proches lieutenants devaient se rendre au club social "Veterans And Friends Club" à Bensonhurst. Ce club social était le quartier général d'un "Capitaine" très respecté dans la famille Gambino, Jimmy "Brown" Failla. Celui-ci contrôlait le ramassage des ordures pour la famille Gambino. Salvatore Gravano et Frank DeCicco arrivèrent sur les lieux. A l'intérieur la plupart des proches de John Gotti étaient déjà présents, tous attendaient l'arrivé du Boss de la famille Gambino. Pour patienter, la plupart jouaient aux cartes ou buvaient un verre. Depuis la mort de Paul Castellano, une certaine tension régnait dans la famille Gambino, mais aujourd'hui tout le monde était détendu. Le téléphone du club social résonna, au bout du fil c'était John Gotti pour indiquer qu'il ne pouvait pas venir mais qu'il rejoindrait toute son équipe plus tard. Frank Bellino un membre de la famille Lucchese entra dans le club social au même moment. Il voulait s'entretenir avec Frank DeCicco. Frank Bellino avait des soucis judiciaires et il sollicita son aide en demandant la carte de son avocat. Ce dernier ne l'avait pas sur lui, il se souvient qu'il l'avait laissé dans sa voiture. Une fois sortie, Franck DeCicco remarqua tout de suite un paquet suspect sous son véhicule et pour rigoler, il lança à Frank Bellino : "Tu as vu il y a une bombe sous ma voiture". Pourquoi se méfierait-il, c'était une règle absolue, la Cosa Nostra n'utilise pas de bombes. Une fois à l'intérieur du véhicule, Frank DeCicco se pencha vers sa boite à gant, c'est à ce moment là que la bombe explosa.
L’explosion était tellement puissante que plusieurs témoins pensèrent qu’un immeuble s’était écroulé. Tous les mafieux présents dans le club social sortirent sauf Jimmy « Brown » Failla et Daniel Marino qui restèrent à l’intérieur. Salvatore Gravano se précipita sur la voiture de Frank DeCicco, ce dernier était allongé par terre. Il essaya de le saisir pour l’écarter des flammes mais son bras traversa son corps. Tous ses membres étaient disloqués, l’explosion avait aspiré tout son sang. Salvatore Gravano rejoignit John Gotti dans un bar du centre ville pour lui expliquer la situation actuelle. Pour John Gotti c'était évident, l’exécution de Paul Castellano sans l’autorisation de la Commission ne fut pas appréciée par certaines familles de la Cosa Nostra. Mais qui pouvait être derrière cette tentative d’attentat. Vincent « The Chin » Gigante le Boss de la famille Genovese n’avait pas tellement apprécié que John Gotti passe au dessus de la Commission pour tuer Paul Castellano. Pour lui, si les membres initiés de la Cosa Nostra ne respectaient pas les règles mis en place depuis des décennies, cela deviendrait l’anarchie. John Gotti décida de mobiliser l’ensemble de la famille Gambino. Il voulait montrer aux autres familles de la Cosa Nostra que la famille Gambino était unie face à cet attentat manqué. Il était évident que les personnes qui avaient orchestré cette explosion voulait amputer la famille Gambino de sa hiérarchie. Frank Bellino le soldat de la famille Lucchese qui accompagnait Franck DeCicco à l’extérieur du club social, ressemblait fortement à John Gotti. John Gotti essaya de rassurer l’ensemble de la famille Gambino en leur disant que personne ne savait qui était derrière ce complot. John Gotti pensait entretenir des bonnes relations avec le Boss de la famille Genovese, Vincent « The Chin » Gigante. Avant cette agression, John Gotti avait demandé à ce que la Commission se réunisse. Il voulait que cette dernière officialise le siège de Vic Orena comme le Boss de la famille Colombo. Avec Joseph Massino, le patron de la famille Bonanno et Vic Orena, John Gotti voulait contrôler l’ensemble de la Commission avec ces trois votes. Vincent Gigante avait décidé de reporter cette décision à une prochaine séance. Le FBI enregistra une conversation d’une faction de la famille Genovese contrôlée par Louis « Bobby » Manna. Dans cet enregistrement, on pouvait entendre Louis Manna et plusieurs complices comploter pour tuer John Gotti.
Le 18 août 1986 le procès contre John Gotti s’ouvrit à New-York. L’équipe de procureurs menée par Diane Giacalone était très préoccupée par la sélection du jury. Elle ne voulait pas que certains se laissent influencer par l’équipe d’avocats de John Gotti. Diana Giacalone et John Gotti avaient grandi dans le même quartier de New-York et elle connaissait parfaitement le monde de la Mafia. Elle voyait tout les jours les mafieux avec leurs grosses cadillac se garer en double file, ne respectant jamais les lois et terrorisant tout le quartier par le racket des commerçants. Elle avait décidé de devenir procureur pour mettre ce genre d’individus derrière les barreaux. Bruce Cutler l’avocat de John Gotti commença sa plaidoirie désobligeante contre l’équipe de procureurs. Il montra que leur dossier était "pourri", traitant les témoins du gouvernement de "racaille", de "voyous" qui avaient purgé des peines de prisons pour des crimes « odieux ». Il déclara que John Gotti était un mari aimant, un grand père qui adorait ses petits enfants et qu’il était un chef de famille oui, mais seulement de la famille Gotti.
L’équipe de procureurs commença très mal leur entrée. Elle envoya son premier témoin, un dénommé Salvatore "Crazy Sal" Polisi qui fut complétement discridité quand Bruce Cutler apprit que ce dernier avait accordé une interview deux jours avant l'ouverture du procès. Il avait solicité un journaliste pour faire la promotion de son futur livre racontant sa vie dans la Mafia. Mais Diane Giacalone avait d'autres témoins, comme un associé très proche de John Gotti, Wilfried Johnson. La substitut du procureur n'hésita pas à le menacer de dévoiler son rôle d'informateur du gouvernement si celui-ci refusait de témoigner au procès, mais ce dernier refusa. Pour le punir, Diane Giacalone le transfèra au Métropoiltan Center, là ou John Gotti était incarcéré pendant son procès. Wilfried Johnson était détenu dans la partie réservée aux informateurs du gouvernement. Dans cette partie de la prison, il croisait régulièrement John Gotti derrière une vitre blindée qui sépare les deux unités, celle des détenus en attente de jugement et les témoins du gouvernement. Ce dernier compris que son associé et ancien ami l'avait trahi et chaque fois qu'il croisait Wilfired Johson, John Gotti lui sourit et imita l'envoi d'un baiser, le baiser de la mort. L'avocat de John Gotti, Bruce Cutler pouvait être confiant sur l'issue du procès. En effet, un juré avait été acheté 60000 $ par la famille Gambino. George Pape un des jurés avait une dépendance à l'alcool. Quand il comprit qu'il pouvait gagner beaucoup d'argent en aidant John Gotti, il n'hésita pas une seule seconde. Avec lui, John Gotti et les membres de la famille Gambino étaient sûr de s'en sortir. De plus les témoins du gouvernement étaient peu crédibles et Diane Giacalone le procureur comprit que le procès allait aboutir vers une déclaration de non-culpabilité pour John Gotti. Bruce Cultler dans sa plaidoirie finale face aux jurés pretexta que "Pendant sept mois, l'équipe de procureurs à essayé de vous convaincre de mettre en prison John Gotti. Mais je vais vous dire une chose ce dossier empeste, ce dossier est pourri, ça vous donne envie de dégueuler jusqu’à vos tripes. Sa vraie place se trouve ici"Il jeta le dossier à la poubelle devant le procureur Diane Giacalone complétement abasourdie par ce qu'il venait de se passer. Après plusieurs jours de délibération, le jury déclara John Gotti et tous les membres accusés non coupable de toutes les charges retenues contre eux. A la sortie du tribunal, John Gotti fût acclamé en héros par une foule qui scandait son nom. Il était surnommé le "Don en Teflon" par les médias par rapport à sa capacité d’éviter les "armes" du gouvernement pour le mettre en prison. En arrivant dans son quartier, il fut accueillit par un feux d'artifice, une immense fête fut célébrée au club social de John Gotti le "Ravenite" avec tous ses proches. Pendant ce temps Wilfried Johnson qui venait aussi d'être libéré par la justice Américaine, compris ce qu'il allait lui arriver. Il avait trahi plusieurs membres de la famille Gambino dont son chef John Gotti. Il avait été son ami à une époque, mais collaborer avec la justice entrainait automatiquement une sentence de mort. Depuis un moment, il ne cherchait plus à fuir, il savait que l'inévitable allait se produire de toute façon, un jour ou l'autre. Il avait refusé de faire parti du programme de protection des témoins et la famille Gambino aurait vite fait de retrouver sa trace. Le 29 août 1988, en début de matinée, Wilfred Johnson quitta son domicile pour aller travailler. En arrivant à sa voiture, il fut touché d'une vingtaine de balles à plusieurs endroits du corps, il mourut sur le coup.
Le 24 janvier 1989, John Gotti se promenait tranquillement dans une rue de SoHo, un quartier de New-York quand le FBI l'arrêta pour une affaire qui remontait à 1986. Son arrestation fût virulente et John Gotti fut plaqué contre une voiture avant d'être menoté. John Gotti souriant face à cette attitude lança au policier "Je prends les paris à trois contre un sur ce procès, c’est moi qui vais le gagner". L'agent du FBI véxé par cette reflexion lui répondit séchement "Oublie ça branleur et monte dans cette putain de voiture". Cette affaire n'avait rien de sensationnelle mais vu que John Gotti était inculpé, les médias se précipitèrent dessus. John O'Connor gérait le syndicat des charpentiers. Il avait découvert que des ouvriers non syndiqués rénovaient entièrement un restaurant. En colère face à cette situation, il demanda à plusieurs membres de son syndicat de saccager ce restaurant, mais ce qu'il ignorait c'est que cet endroit appartenait à la famille Gambino. Le FBI enregistra John Gotti dans son club social le "Ravenite" ordonner à des membres de sa famille de "péter la gueule" à John O'Connor. Cette mission fut "sous-traitée" à une bande de tueurs irlandais à la solde de la famille Gambino dénommée les "Westies". Mais ce qui devait être au départ une "simple" correction se termina par un règlement de compte en règle. John O'Connor fut touché par plusieurs balles aux jambes et aux fesses. Le procureur demanda au juge de garder John Gotti en prison sans possibilité de caution possible, prétextant que John Gotti faisait face à plus de vingt cinq ans derrière les barreaux et qu'il était une menace pour la société. Son avocat Bruce Cutler répliqua que John Gotti allait gagner son procès car les charges qui pesaient sur lui étaient faible. Le juge fixa la caution à 100000 $ qu'il paya sans sourciller. Le témoin vedette du procès était James McElroy un membre des "Westies". Il témoigna contre John Gotti pour espérer une réduction de sa peine de 60 ans de prison. James McElory, était un tueur à gage, il faisait le sale boulot pour le gang Irlandais et la famille Gambino. Pour lui c'était simple si son supérieur lui disait de tuer quelqu'un, il le tuait sans aucune hésitation. Il expliqua devant le jury qu'à 18 ans, il brisait une mâchoire pour 50$. Il raconta à la barre que l'ordre de tirer sur Jimmy O'Connor était venu de James "Jimmy" Coonan le chef des "Westies" très proche de John Gotti. Pendant le contre-interrogatoire, Bruce Cutler commença comme à son habitude à attaquer verbalement l'accusé. Il traita James McElroy de "mouchard", de "chien galeux". Il prétexta qu'il "ne connaissait pas du tout John Gotti, en faîte vous avez du le rencontrer dans vos rêves une fois drogué et alcoolisé comme à votre habitude ". Continuant sur sa lancée, Bruce Cutler essaya de déstabiliser le plus possible James McElroy. : "Si j'ai bien compris, vous n'avez honte de rien. Vous assassinez un type de plusieurs coups de couteaux au visage et vous ne le regrettez pas. Je vous parie que si on vous le demandait, vous tueriez tous ceux présents dans cette salle..". Sans aucune hésitation, il répondit sèchement : "Si on me disait de le faire, je le ferais...".
L'interrogatoire de Bruce Cutler amena à l'effet escompté. Le témoignage de James McElroy n'avait pas été jugé crédible par les jurés. Il était considéré comme un tueur à gage qui avait assassiné des dizaines de personnes. De plus il se vantait d'après plusieurs témoins de démembrer lui même ses victimes qu'il transportait dans un camion frigorifique. Il n'exprimait aucun remord et ne voulait qu'une chose retrouver sa liberté en faisant tomber le plus de monde possible. Le principal accusé dans cette affaire John O'Connor décida de revenir sur ses accusations. Pendant son interrogatoire, il déclara ne connaitre personne dans le tribunal et que John Gotti ne lui avait pas causé d'ennui. Le message était bien passé, John o'Connor savait que s'il témoignait contre John Gotti, il serait un homme mort. Après plusieurs jours de délibération et malgré les preuves irréfutables qui montraient clairement que John Gotti avait commandité le règlement de compte de John O'Connor, il fut une nouvelle fois acquitté. A l'énoncé du verdict, il poussa des hurlements de joies et embrassa son avocat sur les deux joues. Il célébra de nouveau son acquittement, en faisant une grande fête dans Mulbery Street. A cette soirée, il invita de nombreux journalistes à venir manger dans son club social le "Ravenite". Plusieurs d'entre eux avaient rapporté le quotidien de John Gotti pendant le procès. Selon certains médias, John Gotti était traité comme un véritable VIP. Des associés lui tenaient un parapluie quand il pleuvait, lui donner des mouchoirs pour qu'il s'essuie les mains. Grâce à ces affaires, John Gotti était devenu un des Parrains de la Cosa Nostra les plus connu, faisant même la couverture du "Time". Cette notoriété agacée plus particulièrement les autres chefs de la Cosa Nostra. La plupart étaient des parrains de l'ancienne génération, préférant vivre modestement. Pour eux leur organisation devait rester secrète. Les membres devraient faire leur buisiness dans l'ombre et non en se pavanant devant les médias. En devenant célèbre, John Gotti attisait tous les médias sur la Cosa Nostra, ce qui le mènerait à sa perte.

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John Gotti : Le Don en Teflon - Première Partie

6 Avril 2013, 15:50pm

Publié par Xav + A.S

John Gotti : Le Don en Teflon - Première Partie

John Gotti est né le 24 Octobre 1940 dans le Bronx à New-York. Il est le 5 ème d'une famille qui compte plus de 11 enfants. Ses parents tous les deux d'origine Italienne immigrèrent très jeune aux États-Unis. Son père était un honnête travailleur, un ouvrier qui travaillait dur pour essayer de nourrir sa famille. D'après un enregistrement du FBI, John Gotti raconta à un membre de la famille Gambino une anecdote sur ses parents : "Mon père est né dans le New-Jersey et il n'a jamais foutu un pied de sa vie en Italie. Il n'avait jamais d'argent, il n'a jamais rien gagné et nous avons vécu dans la misère". Dès son plus jeune âge, John Gotti ou "Johnny Boy" pour ses amis se bagarrait très régulièrement. Son rêve n'était pas d'être médecin ou avocat, il voulait être quelqu'un, il voulait être un gangster. Son quartier était une zone à forte concentration mafieuse et John Gotti voyait ces hommes avec leurs cadillac et leurs bijoux aux doigts jouer aux cartes toute la nuit. Avec ses frères Peter et Richard, ils firent parti d'un gang et commencèrent à faire quelques courses pour les mafieux du coin. John Gotti séchait de plus en plus l'école et quand il se montrait, ses professeurs le considéraient comme un "gamin violent et incontrôlable". En plus de ses frères, John Gotti se lia d'amitié avec Angelo Ruggiero surnommé "Couac-Couac" car il parlait s'en arrêt mais aussi avec Wilfred Johnson. "Willie Boy" comme le surnommaient ses amis, était d'origine amérindienne ce qui provoquait les moqueries constantes dans son milieu. A cause de ses origines, Wilfred Johnson savait qu'il ne deviendrait jamais un membre initié de la Cosa Nostra, qu'il resterait toujours dans l'ombre de ses amis, en restant un simple associé.
Dans les années 60, John Gotti rencontra Victoria DiGiorgio, avec elle, il décida de passer sa vie à ses cotés. Ils se marièrent en 1962. A la naissance de leur premier enfant, John Gotti lâcha sa vie criminelle pour essayer de trouver un travail légitime. Il devint routier, mais la vie d'un honnête travailleur n'est pas la même chose que celle d'un mafieux. Les fins de mois étaient très dures pour la famille Gotti et les disputes entre John Gotti et sa femme de plus en plus fréquentes. C'est pour cela que John Gotti se retourna vers une vie criminelle et devint alors un associé dans l'équipe de Carmine Fatico. Ce dernier était connu par les autorités comme un "capitaine" important de la famille Gambino. Son frère et lui tenaient le club social "Bergin and Fish Club" à Ozone Park. Grâce à Carmine Fatico, l'activité de John Gotti commenca à augmenter et il gagnait de plus en plus d'argent. Une de ses spécialités était le détournement de marchandises à l'aéroport John F. Kennedy. Il fut arrêté lui et Angelo Ruggiero après avoir détourné des cigarettes pour un montant de plus de 50 000$ et furent condamnés à une peine de 3 ans de prison dans un établissement fédéral à Lewisburg en Pennsylvanie.
A sa sortie en 1972, John Gotti se lança dans différentes opérations. Son "protégé" Carmine Fatico fut arrête pour prêt usuraire. John Gotti n'était pas encore un membre initié de la Cosa Nostra. "Les livres" étaient fermés depuis des années et aucune adhésion n'était encore possible. En 1973, Emmanuel Gambino , le neveu du parrain Carlo Gambino fut kidnappé et abattu par un truand Irlandais nommé James McBratney. Un contrat fut lancé et John Gotti fut désigné avec Angelo Ruggiero pour l’exécuter. Le 22 mai 1973, John Gotti, Angelo Ruggiero et un associé Ralph Galione rentrèrent dans le bar ou James McBratney avait ses habitudes. Ce dernier était assis tranquillement en train de s'enfiler des bières . A cette heure de la soirée, le bar était remplit et une ambiance festive commençait à y régner. Pour les mafieux le plan était simple. John Gotti, Angelo Ruggiero et Ralph Galione devaient se faire passer pour des policiers. Ils devaient faire sortir tranquillement James McBratney pour le descendre à l'abri des témoins. Ils se présentèrent devant James McBratney et lui demandèrent de les suivre à l'extérieur du bar pour pouvoir procéder à son arrestation. Mais James McBratney ne se démonta pas devant les trois faux policiers et demanda à Ralph Galione de lui présenter son badge. Ce dernier, sorti son arme et tira plusieurs fois en l'air. James McBratney se précipita alors sur John Gotti et Angelo Ruggiero et une bagarre éclata. Ralph Galione se rapprocha donc du gangster Irlandais et l'abattit de plusieurs balles dans le corps.
Plusieurs jours passèrent et les enquêteurs, grâce à de nombreux témoins, commencèrent à retrouver les traces des coupables présumés. Ralph Galione, John Gotti et Angelo Ruggiero furent identifiés par plusieurs clients du bar dont la serveuse. Ils furent tous les trois inculpés d'assassinat, mais avant que le procès ne commence Ralph Galione fut assassiné à New-York. Carlo Gambino, le parrain de la famille qui porte son nom était très mécontent du rôle joué par Ralph Galione dans le meurtre de James McBratney. Pour lui, c'était du travail bâclé et le fait de l'avoir tué devant plusieurs témoins le mis très en colère. John Gotti et Angelo Ruggiero furent défendu par un des plus puissants avocats de tout New-York Roy M. Cohn, un avocat très connu dans le monde de la pègre. Grâce à lui, ils furent condamnés à 4 ans de prison pour homicide involontaire dans un établissement fédéral le 8 août 1977. A cette période de sa vie, ces quatre années de prison, c'était pas grand chose. Il savait qu'a sa sortie, il allait devenir ce qu'il avait toujours rêvé d'être, un Affranchi.
Le 28 Juillet 1977, John Gotti sortit de prison après avoir passé moins de deux ans derrière les barreaux. A son retour Carmine Fatico fut inculpé de prêt usuraire et condamné à une peine de probation de 5 ans. Pendant cette période, il lui était interdit de côtoyer des membres du crime organisé. John Gotti profita alors de l'occasion pour gérer le club social détenu depuis des années par les frères Fatico le "Bergin and Fish Club". Mais John Gotti bien que très respecté dans la famille Gambino était encore un simple associé et ses pouvoirs étaient extrêmement limités. Les familles de la Cosa Nostra n'avaient pas encore eu l'autorisation par la Commission de recruter de nouveaux membres. John Gotti attendit l'ouverture "des livres" pour commencer à exercer son pouvoir. John Gotti avait des gros problèmes financiers. Il gagnait beaucoup d'argent, mais il accumulait les dettes. Son souci c'était les jeux d'argent et plus particulièrement les paris sportifs. Il pouvait perdre des milliers de dollars en une soirée sur plusieurs matchs. Pour se renflouer, il empruntait de l'argent à différents usuriers. Le FBI était au courant de la vie de John Gotti, car il était sous surveillance. Des informations le concernant arrivaient directement chez eux par le biais d'une personne, un ami et un associé proche de John Gotti, Wilfred Johnson. En 1966, Wilfred Johnson était emprisonné pour vol à main armée et la famille Gambino par l'intermédiaire de Carmine Fatico son "Capitaine" aidait la famille de Wilfred Johnson pendant son incarcération. Mais au bout d'un moment, elle ne touchait plus rien et à sa sortie de prison il décida de coopérer avec le FBI et la police de New-York pour se venger de cet affront. Il renseignait régulièrement le gouvernement sur les activités de John Gotti et de son équipe, en échange de sa collaboration, plusieurs charges ou il était inculpé furent annulées . A l'été 1977, les familles pouvaient initier de nouveaux membres et John Gotti fut alors intronisé dans la famille Gambino. Pendant cette période, le Parrain de la famille Gambino Carlo Gambino décéda et sur son lit de mort il nomma Paul Castellano son neveu à la tête de la famille. John Gotti était très en colère de cette décision, il n'aimait pas Paul Castellano qu'il considérait plus comme un "gangster à col blanc" qui était né avec une cuillère en argent dans la bouche. Pour lui c'était Aniello Dellacroce l'Underboss de Don Carlo et son protégé qui aurait du être nommé à la tête de la famille Gambino.
La Cosa Nostra Italo-Américaine est très différente de la Cosa Nostra qui se trouve en Sicile. Dans les familles Italo-Américaine, toutes les origines Italienne sont acceptées. Les Napolitains, les Siciliens, les Calabrais se côtoient et font du business ensemble, chose inconcevable dans les différentes organisations criminelles en Italie. Paul Castellano était d'origine Sicilienne et John Gotti était d'origine Napolitaine et des clans à l'intérieur de la famille Gambino se formèrent. Après plusieurs réunions, Aniello Dellacroce accepta de servir un nouveau Parrain en étant nommé "Underboss", mais désormais sous les ordres de Paul Castellano.
Le 18 mars, c'était une journée très agréable pour la saison et Frank Gotti le quatrième et dernier enfant de John Gotti prit son vélo pour aller faire un tour pas très loin de chez lui. Frank Gotti était selon des sources l'enfant préféré de John Gotti, le "petit dernier". Frank Gotti roulait tranquillement sur la route derrière sa maison quand la voiture de John Favara le percuta, l'enfant mourut sur le coup. John Favara était un ami et voisin de John Gotti, il n'avait aucun lien avec le crime organisé et la famille Gambino. Il travaillait comme gestionnaire pour une entreprise de fabrication de meuble. La famille Favara s'entendait parfaitement bien avec la famille Gotti, le fils de John Favara, Scott était un ami de Frank Gotti. Ils jouaient tous les deux au baseball et les deux pères de famille allaient les voir pendant leurs compétitions. La mort de Frank Gotti fut une tragédie pour sa mère. Pendant les funérailles beaucoup de membres de la famille Gambino se déplacèrent. Le prêtre de la paroisse déconseilla à John Favara de se présenter à l'enterrement. Le 23 mars, une femme appela au domicile de John Favara et le menaça de mort. John Favara était trop naif pour se soucier de quelque chose, il ne s'imaginait pas que sa vie pouvait être en danger. Pour lui c'était un accident tragique, il n'y pouvait rien. Le 24 mars, un autre coup de fil résonna dans la maison de John Favara, au bout du fil, la même femme, les mêmes menaces. Le 13 avril, sa voiture fut volée et retrouvée quinze jours plus tard à un kilomètre de chez lui. En rentrant chez lui le soir, fatigué par sa journée de travail et épuisé moralement par cette histoire qui le rendait de plus en plus nerveux, son premier réflexe fut de regarder son répondeur. Il y avait plusieurs messages, mais l'un d'entre eux était très explicite, c'était une annonce pour un salon funéraire qui lui proposait des promotions pour un futur enterrement. Le 22 mai, le mot "assassin" fut peint sur sa voiture. John Favara était un ami d'Anthony Zippi dont le père était un "capitaine" de la famille Gambino, celui-ci le conseilla de déménager au plus vite et de partir le plus loin possible car il était en "danger". Mais John Favara ne l'écouta pas et le 28 mai, il fut attaqué à la batte de baseball par Victoria Gotti la mère de Frank Gotti. Il refusa de porter plainte contre elle et décida finalement de mettre sa maison en vente. Le 28 Juillet, trois jours avant son déménagement, John Favara fut kidnappé à son travail. Plusieurs témoins assistèrent epoustouflés à la scène. John Favara fut matraqué et jeté dans un fourgon. Il ne fut jamais retrouvé et il fut déclaré mort en 1983. D'après plusieurs témoignages quelques années plus tard, John Favara aurait été broyé avec sa voiture dans une décharge publique qui appartenait à Charles Carneglia un soldat de la famille Gambino en présence de John Gotti.
Au début des années 1980, le FBI commença à s'intéresser de très près à la famille Gambino. L'agent spécial Bruce Mow fut nommé à la tête d'un escadron comprenant plusieurs agents qui furent recrutés pour surveiller en permanence les activités de la famille Gambino. Grâce aux informations données par Wilfired Johnson, le FBI mis sur écoute la maison d'Angelo Ruggiero soupçonné de faire du trafic de drogue. Son frère Salvatore Ruggiero était devenu millionnaire grâce aux stupéfiants mais recherché par la justice il était en fuite. Poursuivi depuis des années par le FBI, il fut déclaré mort lors d'un accident d'avion en 1982. Angelo Ruggiero était un soldat dans l'équipe de John Gotti qui venait d'être nommé capitaine. Il essaya de reprendre les activités de son frère, mais celui-ci était très maladroit et ne savait pas tenir sa langue. Grâce aux écoutes téléphoniques, le FBI procéda à l'arrestation d'Angelo Ruggiero, Gene Gotti et d'autres membres de la famille Gambino. Tous étaient accusés de trafic d'héroine et la famille Gambino punissait de mort tout membre qui trempé dans la drogue. Les conversations téléphonique entre Angelo Ruggiero et des membres de la famille Gambino revela autre chose. En effet une certaine tension était perceptible entre le clan Gotti et le chef de la famille Gambino, Paul Castellano. Angelo Ruggiero ne se privait pas d' insulter son Boss de tous les noms et le FBI détenait ces enregistrements. John Gotti était très en colère des arrestations des membres de son équipe. Il était en rage d'avoir payé une très grosse caution pour les libérer, mais il était surtout en colère des enregistrements ou en entendait Angelo Ruggiero essayant d'utiliser maladadroitement des codes pour parler de trafic de drogue. Depuis son enfance il lui disait toujours de tenir sa langue, mais Angelo Ruggiero était une grande gueule, il aimait se vanter de ses activités auprès d'autres membres de la famille Gambino. Angelo Ruggiero était le neveu d'Aniello Dellacroce l'"Underboss" de la famille Gambino et celui-ci le conseilla à plusieurs reprises sur sa façon de se tenir face à Paul Castellano.
En 1984, Paul Castellano le boss de la famille Gambino fut accusé de complot d'assassinat, trafic de drogue mais il fut aussi inculpé dans l'affaire de la Commission. Très énervé d'apprendre que des membres de sa propre famille trafiquaient dans la drogue, il demanda alors à son bras droit Aniello Dellacroce d'avoir les enregistrements qui lui permettraient de tuer Angelo Ruggiero, Gene Gotti et surtout John Gotti. Une conversation fut enregistrée par le FBI dans la maison d'Angelo Ruggiero. Dans celle-ci, on pouvait entendre clairement Aniello Dellacroce faire la morale à son neveu, Angelo Ruggiero : " Je ne peux pas empêcher Paul (Castellano) d'écouter les bandes. Il y reviendra jusqu'à je lui dise d'aller se faire mettre avec ces bandes, et d'arrêter de mes les casser. S'il n'arrête pas, on sait ce qui se passera, la guerre ...". Paul Castellano interdisait le trafic de drogue dans sa famille, même s'il acceptait sans sourcilier l'argent reversé par l'équipe de John Gotti.
Pour Paul Castellano l'équipe de John Gotti et le club social le "Ravenite Club" prenait trop de place. Il savait que s'il ne prenait pas une décision, une guerre interne dans la famille allait éclater. Paul Castellano pensait fermer le club social de John Gotti à la mort d'Anniello Dellacroce qui était gravement malade. Il pensait rétrograder John Gotti en simple soldat puis l'aurait déplacé dans une autre équipe. Cette décision aurait entrainé inéluctablement la fin de John Gotti, il n'aurait representé plus aucune menace pour Paul Castellano. Pour John Gotti, la haine envers Paul Castellano était de plus en plus forte. Il savait que si Paul Castellano avait ces enregistrements, son équipe allait être tué, pour lui, il n'y avait plus qu'une seule chose à faire, agir.
Le 2 décembre 1985, Aniello Dellacroce mourut et le clan Gotti reçu sans le vouloir un pretexte pour lancer un contrat contre leur Boss, Paul Castellano. Ce dernier ne se présenta pas à l'enterrement de son bras droit. Il affirmait qu'il voulait éviter la surveillance du FBI pendant qu'il était mis en examen pour plusieurs affaires dépendant de la loi RICO. Pour remplacer Aniello Dellacroce, il nomma son chauffeur et garde du corps Thomas Bilotti comme "Underboss", ce qui renforça de plus en plus la colère grandissante dans sa propre famille. Avec Thomas Bilotti, il s'apprêtait à démanteler un par un les membres de l'équipe de John Gotti pour les réaffecter avec différents "Capitaines". Paul Castellano fixa une réunion au 16 décembre avec les membres de l'équipe Gotti et ses lieutenants pour parler des modifications à venir dans la famille Gambino. La réunion allait se dérouler au "Sparks Steak House" en plein centre de Manhattan. Sans le vouloir, il fixa lui même la date de sa mort.
John Gotti passa à la vitesse supérieur, il consulta plusieurs membres hauts placés de la famille Gambino, Joseph Armone un capitaine très respecté, Salvatore Gravano, Franck DeCicco, Roberto DiBernardo et Joseph N. Gallo le "Consigliere" de Paul Castellano. Tous furent d'accord de lancer un contrat contre le Boss de la famille Gambino. Pour eux Paul Castellano était entrain de "couler" la famille Gambino par ses décisions. Le problème était qu'on ne tuait pas un Parrain de la Cosa Nostra sans l'accord de la Commission, mais John Gotti décida de passer cette étape. Il donna l'ordre à ses "tueurs" de liquider Paul Castellano le 16 décembre 1985. Cette date convenait parfaitement au plan fixé par John Gotti, cela se déroulerait huit jours avant les fêtes de Noël, en plein centre de Manhattan. Des milliers de personnes seraient présentes en train de faire leurs courses et les tueurs pourraient en profiter pour se fondre dans la foule une fois le contrat exécute.
Le 16 décembre 1985, il faisait très froid ce soir là à New-York. Les illuminations de Noël donnaient un air de fête dans le quartier. Malgré les températures négatives, la rue était bondée, les gens arpentaient les différents magasins à la recherche de leurs derniers cadeaux avant les fêtes. La réunion devait avoir lieu au restaurant le "Sparks Steak House" en plein centre de Manhattan. C'était un restaurant huppé, ou les hommes d'affaires venaient y manger tout en parlant de leurs business. Situé dans un quartier chic à coté des boutiques de luxe, c'était le genre d'endroit que Paul Castellano affectionnait. Il avait une table réservée pour lui spécialement à chaque fois qu'il s'y presentait. Il adorait ce restaurant ou la cuisine était selon lui parfaite, mais il aimait surtout y venir pour parler "affaires" et il pouvait en parler pendant des heures. C'était un criminel à col blanc et pour certains membres de la famille Gambino, Paul Castellano se considérait plus comme un chef d'entreprise qu'un Parrain d'une famille mafieuse. Paul Castellano voyait en John Gotti comme un petit voyou car il faisait dans le détournement de camion. Il ne comprenait pas la mentalité de certains gangsters de sa famille, obligés de commettre des cambriolages ou des petits larcins pour essayer de survivre, de faire vivre leur famille tout simplement. Pour Paul Castellano, un membre initié doit se tenir comme un homme respectable et arrêter de se comporter comme un voleur de bas étage. Un membre de la Cosa Nostra doit selon lui se lancer dans des opérations plus importantes comme le racket. Lors de cette réunion, outre le fait qu'il devait expliquer les changements dans sa famille, Paul Castellano devait aussi rendre hommage au fils d'Aniello Dellacroce. Il avait prévu aussi d'annoncer la nomination de Thomas Billoti en tant que patron suppléant si celui-ci était incarcéré.
John Gotti arriva avec Salvatore Gravano en avance près du restaurant. Ils étaient là en observateur, pour voir si tout se déroulait comme prévu. John Gotti essaya de trouver une place assez près du lieu de rendez-vous pour essayer de voir son équipe en position. Celle-ci était composée de Vincent Artuso, Salvatore Scala, Edward Lino et John Carneglia. Tous les quatre étaient vêtus de "Trench-coat" et de chapkas noires. Ils étaient tous habillés de la même façon pour semer la confusion chez les témoins après la fusillade. Ils étaient positionnés juste devant le restaurant, attendant la voiture de Paul Castellano. La tension était palpable, ce contrat était très important. Si celui-ci échouait, une guerre allait forcément éclater dans la famille Gambino et John Gotti aurait été le premier visé. Il en était conscient, mais pour lui, cela en valait la peine, si Paul Castellano était éxécuté, il deviendrait alors le Boss de la famille Gambino. John Gotti était toujours très en colère de la nomination de Paul Castellano à la tête de la famille Gambino. Pour lui, Paul Castellano representait un monde trop éloigné de sa vie et des membres initiés de la famille. John Gotti avait vécu et avait fait "ses armes" dans la rue. Il vivait dans une modeste maison à Ozone Park alors que Paul Castellano trônait depuis son manoir nommé la "Maison Blanche" dans Staten Island. Il était 18h et les lieutenants de Paul Castellano, la plupart complice dans ce contrat commencèrent à arriver et rentrèrent dans le restaurant. Paul Castellano était en retard, le trafic à cette heure de la journée était dense et Thomas Billoti faisait de son mieux pour arriver à l'heure au rendez-vous. La Lincoln de Paul Castellano s'arrêta à un feu rouge juste à coté ou la voiture de John Gotti était garée. Pendant un moment John Gotti et Salvatore Gravano hésitèrent à faire feux sur Paul Castellano et son chauffeur, mais ils préférèrent continuer leur plan et laisser leur équipe agir.
Paul Castellano alluma le "plafonnier" de sa voiture et discuta un instant avec son chauffeur Thomas Billoti. Il discutait surement de son après-midi à faire les boutiques pour Noël avec sa famille ou de son dernier rendez avec son avocat. Il voulait à partir de maintenant profiter de chaque instant. Il venait de payer une caution de quatre millions de dollars pour sortir de prison et il savait qu'il pouvait terminer sa vie derrière les barreaux. La Lincoln arriva devant le restaurant. Thomas Billoti se gara en double file le temps d'ouvrir la porte à Paul Castellano, mais celui-ci pressé d'assister à la réunion descendit de la voiture par lui même. Paul Castellano ne remarqua pas les "tueurs" s'avancer vers lui, il ne se méfiait pas le moindre instant qu'une chose pareil pouvait lui arriver. Pourquoi se méfierait-il, il était le Parrain de la famille Gambino et le chef de la Commission et pour tuer un patron il faut l'accord de cette dernière. Paul Castellano sortit de son véhicule, quand deux hommes s'approchèrent de lui à toute vitesse. En une fraction de seconde, il comprit ce qui lui arrivait, mais il était déjà trop tard. Des coups de feu retentirent et Paul Castellano fut touché à la poitrine et tomba sur le sol. Encore en vie, allongé par terre, Paul Castellano vivait ses derniers instants. Un tueur s'approcha de lui et l'exécuta d'une balle dans la tête. Thomas Billoti remarqua que celui-ci était à terre mais avant qu'il ne puisse dégainer son arme, deux gangsters s'avancèrent vers lui et le tuèrent. Dans ce quartier, la population n'était pas habituée à ce genre de règlement de compte. La plupart s'enfuirent, d'autres restèrent bouche bée, pétrifiés après avoir vu ce qu'il venait de se passer. L'incident avait duré quelques secondes, mais les tueurs étaient déjà loin, ils avaient disparu dans la nuit, loin de la scène. Au loin, on pouvait entendre les pompiers et la police arriver sur les lieux. La voiture de John Gotti passa lentement à coté du corps des deux mafieux et s'en alla. Paul Castellano et Thomas Billoti gisaient dans une marre de sang. Les premières stations de radio annonçaient déjà la nouvelle : "Une fusillade a éclaté en plein centre de Manhattan, l'une des victimes serait le célèbre chef de la famille Gambino, Paul Castellano". John avait réussi son pari, renverser son ennemi juré et se dresser à la tête d'une des familles les plus puissantes de la Cosa Nostra. Avec John Gotti à sa tête, la famille Gambino allait rentrer dans une nouvelle ère.

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