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L'ANCIEN UNDERBOSS DE LA FAMILLE LUCCHESE CONDAMNÉ À LA PRISON À PERPÉTUITÉ

30 Août 2020 , Rédigé par Xav Publié dans #Lucchese

Steven Crea
Steven Crea

Dix mois après avoir été reconnu coupable et près d’un mois après la condamnation de Christopher Londonio et Matthew Madonna, l’ancien Underboss de la famille Lucchese, Steven « Wonderboy » Crea, a été condamné à la prison à perpétuité pour le meurtre de Michael Meldish. Après un procès de plusieurs semaines, qui avait vu défiler des témoins du gouvernement plus ou moins convainquant, les procureurs fédéraux avaient réussi à convaincre un jury de la culpabilité des accusés dans cet assassinat. Pourtant la tâche était loin d’être simple. Lors de la préparation de ce procès, la juge fédérale avait averti les procureurs fédéraux à plusieurs reprises, remettant clairement en doute la sincérité des témoins du gouvernement, qu’elle jugeait peu crédible. Pourtant, loin de démontrer clairement la culpabilité des accusés dans l’assassinat de Michael Meldish, les procureurs fédéraux ont joué très fortement sur le passé criminel des prévenus, une stratégie gagnante qui se soldera par des lourdes condamnations. Steven Crea est le dernier accusé à passer devant un tribunal pour recevoir son verdict. Christopher Londonio et Matthew Madonna ont étaient au même endroit le mois dernier, et le verdict fut expéditif pour les deux mafieux qui n’ont eu guère de chance d’essayer de convaincre une dernier fois le magistrat. Après ce verdict, rien ne laisser présager une situation favorable pour l’ancien homme fort de la famille Lucchese. Pour les avocats de la défense, une condamnation à perpétuité était inéluctable, tout devait se jouer désormais sur l’amende prévue dans ce verdict. Les procureurs demandaient 1,34 millions de dollars, la défense quant-à elle essayait de sauver les meubles, mais la juge fédérale au lieu de statuer rapidement, voulait profiter de ce dernier moment pour faire passer un message aux membres de la Cosa Nostra. Cathy Seibel est loin d’être une novice dans ce genre de procès. Les membres de la Cosa Nostra, elle les connaît pas cœur et après avoir demandé aux deux parties de se mettre d’accord sur la montant de l’amende, qui au final sera d’un million de dollars, la juge fédérale mis fin à la carrière criminelle de Steven Crea en quelques minutes. Tout d’abord, elle le condamna à la prison à perpétuité pour l’assassinat de Michael Meldish, à dix ans pour avoir comploté dans un projet d’assassinat et surtout, elle condamna une nouvelle fois Steven Crea à la prison à perpétuité pour le délit « d’utilisation d’une arme à feux avec volonté d’entrainer la mort », un délit qui au général prévoit une peine maximale de cinq ans derrière les barreaux. Mais dans ce genre de situation, un juge fédéral à tous les droits et peut très bien augmenter la peine d’un accusé, en prenant en compte par exemple son passé criminel. 

 

A la base, les procureurs voulaient faire condamner Steven Crea d’avoir planifié le meurtre de trois individus liés à la Cosa Nostra, des accusations qui se solderont au final par un acquittement pour l’ancien Underboss de la famille Lucchese,

Joseph Datello
Joseph Datello

mais qui démontreront bien la stratégie opérée par le gouvernement fédéral pendant ce procès. Les témoins étaient défaillants, il fallait donc ternir l’image des accusés. Les procureurs fédéraux démarrèrent le procès, en déclarant que Steven Crea avait menacé de tuer au moins trois personnes : Carl Ulzheimer, Joseph Datelo et Sean Richard. Le premier est un Associé de la famille Bonanno. En 2012, les deux familles étaient en conflits sur certains sujets et la famille Bonanno pour impressionner un peu la famille Lucchese, avait effectué une descente dans un club social détenu par Steven Crea. A l’intérieur les esprits se sont vite échauffés, les langues aussi et Carl Alzheimer n’hésita pas, malgré son statut, de manquer de respect à Steven Crea. Dans la Cosa Nostra, manquer de respect à un membre intronisé, équivaut à une condamnation à mort et même si les mentalités ont bien changé, il y a des choses qui ne passent pas : « Je me souviendrai de votre visage » aurait déclaré Steven Crea à Carl Ulzheimer.  Selon les procureurs, Steven Crea demanda à son fils, le Capitaine, Steven Crea Jr, de s’en occuper, qui le sous-traita alors à un Soldat de son équipe Vincent Bruno, qui se déplaça au domicile de Carl Alzheimer pour l’assassiner, fort heureusement pour l’Associé de la famille Bonanno, celui-ci n’était pas présent. Quand le gouvernement fédéral lancera son opération contre la famille Lucchese, Vincent Bruno trouvera rapidement un accord de plaidoyer. Il plaidera coupable de complot, de racket et sera condamné à onze années derrière les barreaux. La deuxième personne est Joseph Datello, un Soldat de la famille Lucchese et un proche de Steven Crea. Comme pour Vincent Bruno, Joseph Datello a lui aussi été inculpé et a rapidement accepté de plaider coupable de racket avant d’être condamné à quatorze ans de prison. Alors pourquoi Steven Crea aurait voulu tuer un membre de sa famille ?. Pour les procureurs fédéraux la raison est simple, Steven Crea était énervé de voir Joseph Datello ne pas rembourser ses dettes. En réalité, les procureurs n’avaient jamais entendu parler de cette histoire auparavant et c’est grâce seulement au témoignage de Robert Spinelli, un Associé de la famille Lucchese, qui n’a jamais été intronisé dans la Cosa Nostra en raison d’une déficience mentale, que le gouvernement fédéral a eu l’idée d’ajouter cette tentative de meurtre sur le dos de Steven Crea. Lors de sa collaboration, Robert Spinelli déclara que Joseph Datello et Sean Richard étaient des partenaires en affaire dans une entreprise de construction dans les années 1990. Mais en 1999, l’entreprise éprouvait des difficultés financières et pour aider son ami, Steven Crea aurait injecté près de deux cent mille dollars afin de renflouer les dettes. Après le témoignage de Robert Spinelli, les procureurs fédéraux ont eu la certitude que, près de vingt ans après avoir accordé un prêt à Joseph Datelo, Steven Crea aurait décidé de se venger. Lors du procès, la défense a très vite ironisé sur ce « contrat », en déclarant que leur client aurait mis « près de vingt ans » pour se rendre compte que Joseph Datelo n’avait pas rembourser une dette. 

 

Sean Richard avait la particularité d’être le beau fils de l’ancien Parrain de la famille DeCavalcante, Giovanni « The Eagle » Riggi. Dès l’été 1999, les agents fédéraux perquisitionnaient la maison et la société détenus par Sean Richard. Ce dernier voyant les soucis avec la justice arrivaient, sombra dans une forte dépression. En Automne 1999, la famille Lucchese inquiète surement de la tournure que prenait cette affaire, se réunit à deux reprises avec le beau-fils de Giovanni Riggi. La première réunion eut lieu dans un restaurant à Yonkers. Sean Richard était accompagné du Soldat Joseph Datello pour rencontrer Steven Crea. Ce dernier était à la tète du « Lucchese Construction Groupe», mais de part sa position Underboss, il transmettait aussi les ordres de Vittorio Amuso, Parrain de la famille Lucchese incarcéré à vie. Selon Sean Richard, Steven Crea était très en colère et pendant près d’une heure, il parla des rackets en cours entre les deux familles. Toujours selon ce dernier, l’ancien Underboss doutait visiblement de la « sincérité » du beau-fils de Giovanni Riggi. Une deuxième rencontre s’imposait. Toujours avec le Soldat Joseph Datello, mais cette fois-ci avec son Capitaine Dominic « Crazy Dom » TruscelloLa peur commençait à envahir Sean Richard. Lui qui se sentait tellement intouchable aupravant, commença à se poser des questions quand Joseph Datello lui demanda d’attendre devant le Tick Tock Diner dans le New-Jersey, stipulant qu’une camionnette allait venir le chercher. Sean Richard se demanda alors pourquoi les mafieux utilisaient une camionnette et non une voiture habituelle ? Pour cacher un corps ? Le tuer sans se faire voir ?, tant de questions sans réponse qui fit que Sean Richard s'arma pour aller à ce rendez-vous, chose qui est normalement strictement interdite dans les règles de la Cosa Nostra. Le trajet sa passa sans violence, mais pendant la réunion, Dominic Truscello le fixa droit dans les yeux et lui demanda : « Vous avez des péchés à avouer ? ». Cette rencontre scella le destin de Sean Richard qui quelques jours plus tard décida de se livrer au FBI pour collaborer. 

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