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LA COSA NOSTRA : LE RETOUR AUX FONDAMENTAUX - PARTIE 1

14 Octobre 2018, 08:46am

Publié par Xav

Il y a trente trois ans, à Manhattan, quelques jours avant Noël. Les rues étaient bondées, les passants profitaient des derniers instants avant les fêtes pour effectuer leurs derniers achats. Paul « Big Paulie » Castellano, quant-à lui, arrivait avec son chauffeur est garde du corps, Thomas Blotti, pour une ultime réunion dite de « conciliation ». Le but de ce diner était simple, éviter un bain de sang qui pourrait être néfaste au business , dans une famille en proie à une rébellion interne provenant d’un Capitaine assez ambitieux, John Gotti. Alors que le Parrain de la famille Gambino arrivait devant le Sparks Steak House, lieu très apprécié des hommes d’affaires New-Yorkais, l’équipe Gotti était prête à agir, elle était prête à tourner définitivement une nouvelle page dans l’histoire de la Cosa Nostra. La suite vous la connaissez, mais elle entrainera dans les années qui suivent une série de poursuites contre les les cinq familles de New-York, changeant radicalement son image d’organisation secrète. Aujourd’hui, les familles New-Yorkaise sont revenues aux fondamentaux : Le silence, la discrétion et encore et toujours le buisiness. Fini les apparitions dans les médias Américains ou sur les couvertures spécialisées dans la presse people. Terminer les réunions hebdomadaires avec les Capitaines et les Soldats, dans des clubs sociaux bourrés de micros. Désormais, les hiérarchies mafieuses ont décidé de se terrer dans l’ombre, pour se reconstruire et prospérer de nouveau, mais désormais sous le radar du gouvernement fédéral. Plus de fusillade dans les rues de New-York, plus de guerre entre faction. Au lieu de cela, les actuelles directions de la Cosa Nostra ont donné des consignes très strictes à leurs équipes : Garder la tête basse et rapporter de l’argent dans les business classiques de la mafia : le racket, le prêt usuraire, les jeux illégaux, le contrôle des syndicats, mais aussi le trafic de drogue. A une époque pas si lointaine, dans certains quartiers de New-York contrôlés par les familles de la Cosa Nostra, les personnes faisaient la queue dehors pour accéder à des tripots clandestins. Désormais, les paris sportifs se font depuis internet, sur des sites frauduleux où l’argent est directement versé sur des comptes offshores, laissant le traçage difficile à suivre pour les autorités fédérales. Les familles de la Cosa Nostra acculées dans les années 1980, ont profité des attentats terroristes de New-York en 2001 et du rapatriement de la plupart des agents fédéraux qui étaient chargés de la surveillance de familles mafieuses, pour être désormais affectés au terrorisme international, pour se renforcer, se restructurer. Aujourd’hui, les réunions de la Commission sont rares voire inexistantes. Auparavant, l’intronisation des nouveaux membres de la Cosa Nostra devaient avoir eu l’aval des autres familles, désormais, ces dernières fonctionnent de manière beaucoup plus indépendantes. Les hiérarchies mafieuses ne veulent plus s’exposer, elles veulent se sécuriser le plus possible et certaines familles, comme les Gambino, ont établi un panel de protection de trois Capitaines

expérimentés, pour relayer les messages entre les membres de la famille et la direction : « Tout le monde est susceptible d’être un rat » déclara un agent du NYPD qui continue à surveiller les affaires de la Cosa Nostra : « Vous ne pouvez plus faire confiance à personne ». Les Capitaines et les Soldats évitent de se réunir en groupe, afin d’être moins vulnérables aux écoutes téléphoniques ou à la photo surveillance. On va prendre l’exemple de la famille Gambino. Cette organisation criminelle a radicalement changé sa stratégie. L’un des personnages les plus importants de cette famille se dénomme Francesco « Franky Boy » Cali, un gangster d’origine Sicilienne, qui est l’exact opposé de John Gotti : « C’est simple, ne ne le voit jamais », déclara ce même agent. Âgé de cinquante trois ans, vivant à Staten-Island avec sa famille, il entretient des liens très étroits avec certains membres influents de Cosa Nostra en Sicile, dont les Inzerillo. La famille Inzerillo, grande perdante de la guerre qui les opposait à l’époque au clan Corléonais dans les années 1970, avait contraint plusieurs de ses membres à s’exiler aux États-Unis pour éviter de se faire tuer. Salvatore Riina, qui était à cette époque le Capo di tutti capi de Cosa Nostra en Sicile était très clair sur ce clan mafieux : « D'eux, il ne doit rien rester, même pas leur semence ». Toujours bien vivante, la famille Inzerillo ont renforcé leur activité dans le trafic de drogue, l’héroïne en particulier, avec l’aide des Gambino et de Frank Cali. Ce dernier en a profité pour renforcer ses effectifs par des « zips », en référence aux mafieux d’origine Sicilienne, travaillant désormais pour les familles de la Cosa Nostra aux Etats-Unis. Contrairement à John Gotti, qui adorait parler avec l’ensemble de ses proches collaborateurs dans des clubs sociaux, Frank Cali ne communique qu’avec une poignée de Capitaines, ce fameux panel mise en place par les Gambino pour protéger sa hiérarchie.