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UN CAPITAINE DE LA FAMILLE BONANNO CONDAMNÉ À QUATORZE ANNÉES DE PRISON

19 Août 2018, 08:18am

Publié par Xav

A droite - Nicholas Festa et Ronald Giallanzo
A droite - Nicholas Festa et Ronald Giallanzo

Inculpé en Avril 2017 de plusieurs charges fédérales dont le racket, le prêt usuraire et la tentative de meurtre, le Capitaine de la famille Bonanno, Ronald « Ronnie G » Giallanzo, avait rapidement accepté un plaidoyer de culpabilité avec les procureurs fédéraux. Cet accord, qui était assez avantageux à la base, prévoyait le retrait des inculpations de prêt usuraire et de tentative de meurtre, en échange d’accepter de plaider coupable devant un juge fédéral sur la seule charge restante, le racket. De plus, alors que Ronald Giallanzo risquait près de vingt ans derrière les barreaux lors de son arrestation, cet accord prévoyait par la même occasion, une peine maximale de sept années de prison, ainsi qu’une amende dont le montant n’avait pas encore été communiquée. Mais comme dans toutes affaires fédérales, c’est le juge qui a le dernier mot sur le verdict final et il peut à sa guise, augmenter la peine de prison ou suivre les recommandations des procureurs fédéraux. Cette semaine, Ronald Giallanzo était confiant et sa famille avait fait le déplacement pour être à ses côtés lors de l'énoncé du verdict. L’audience devait durer une petite heure, l’avocate du Capitaine de la famille Bonanno était elle aussi présente, pour défendre une dernière fois son client. Elizabeth Macedonio n’est pas une inconnue des membres de la Cosa Nostra. Il y a quelques mois, elle avait réussi à faire acquitter l’oncle de Ronald Giallanzo, Vincent Asaro, lors du procès dit de la Lufthansa. Son avocate commença d’emblée, en critiquant les victimes des extorsions orchestrées par Ronald Giallano et ses Associés, précisant que ces derniers « étaient au courant dans quoi ils s’embarquaient », entrainant la colère de la juge fédérale : : « C’est comme si on disait qu’une prostituée ne peut pas accuser une personne de viol, car elle vend son corps. Quand on dort avec des chiens, on attrape forcément des puces. Mais cela n’excuse pas l’infraction ». Peu après, la juge fédérale rendit hommage à Ronald Giallanzo, qui lors des attentats du 11 Septembre, avait donné gratuitement son aide à des personnes dans le besoin. Pour la juge fédéral, cet 

La maison de Ronald Giallanzo avant
La maison de Ronald Giallanzo avant

évènemment aurait du lui servir de « déclic » tout en précisant : « Je pense sincèrement que vous ne pouvez pas vous passer de cette vie (La Cosa Nostra). Elle est enracinée dans ce que vous êtes ». Mais pour Ronald Giallanzo, l’incarcération fait partie de sa vie, une étape à franchir afin d'améliorer son respect envers les membres de sa famille. Une vie qu’il a accepté en prêtant serment d'allégeance lors de son intronisation dans la famille Bonanno. L'emprisonnement est certes difficile, mais elle permet aussi de continuer à faire du business même en étant dans une cellule plus de vingt heures par jours. Ce fut le cas pour le Capitaine de la famille Bonanno, qui en 2007, alors qu’il purgeait une peine de prison pour racket, avait ordonné à ses Associés de continuer à gérer son activité de prêt usuraire dans les rues de New-York. Pour les procureurs fédéraux, Ronald Giallanzo n’est qu’un simple « marionnettiste », qui malgré des années passées en prison « n’avait toujours pas compris la leçon ». Avant de rendre son verdict, la juge fédérale lança une dernière phrase à l’accusé : « Vous avez menacé

​La maison de Ronald Giallanzo aujourd'hui  ​
La maison de Ronald Giallanzo aujourd'hui ​

et vous avez frappé des personnes avec des battes de baseball, comme si vous étiez au

cinéma, mais vous n’êtes pas dans un film. Il vaut mieux vivre une vie humble et tranquille,

que de vivre en regardant constamment derrière son épaule ». La juge fédérale décida alors

face à toutes ces preuves accumulées depuis de plusieurs années par le gouvernement fédéral, de condamner Ronald Gilallanzo à quatorze années dans une prison fédérale, soit le double de l'accord passé entre les deux parties. Le Capitaine de la Bonanno devra aussi s'acquitter d’une amende de 268 000 dollars, mais surtout pour le mafieux et sa famille, la juge ordonna de saisir sa luxueuse maison d’Howard Beach, rénovée grâce à toutes ces années dans le crime organisé, d’un montant de 1,25 million de dollars. Après ce verdict, Ronald Giallanzo se retourna vers sa famille : « Je suis désolé ». Pour l’avocate de la défense, faire appel d’un tel verdict est « évident » : « C’est assez excessif. Nous allons continuer à nous battre ».