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UN TOURNANT DÉCISIF DANS L'OPÉRATION EAST COAST

7 Octobre 2017 , Rédigé par Xav Publié dans #Philadelphie

Joseph Merlino
Joseph Merlino

L’opération East Coast lancée en grande pompe contre plusieurs familles de la Cosa Nostra en Août 2016, est devenu un boulet trop lourd à porter pour les procureurs fédéraux en charge de ce dossier. Pourtant, tout avait bien commencé. Après cinq années d’enquête, les agents fédéraux avaient arrêté près d'une quarantaine de membres ou Associés de la Cosa Nostra, dont des personnalités influentes, comme Pasquale « Patsy » Parrello et Eugene « Rooster » ONofrio, des Capitaines de la famille Genovese, mais aussi, Joseph Merlino, l’actuel Parrain de la famille de Philadelphie. Ces années de surveillance avaient permis de constater une certaine proximité entre les familles New-Yorkaise et la famille de Philadelphie dans divers rackets. La plupart des informations retenues par les procureurs fédéraux, avaient été recueillies par un informateur, un Associé dans la famille Genovese, John Rubeo, leur pièce maitresse. Par sa proximité avec les différents accusés dans cette affaire, dont Pasquale Parrello et Joseph Merlino, John Rubeo avait enregistré pendant plusieurs années, des centaines d’heures de conversation entre différents mafieux. Aujourd’hui, les dossiers qui sont instruits contre des membres de la Cosa Nostra doivent être « blindés ». Désormais, les jurés ont du mal à accorder leur confiance à des informateurs, des anciens criminels, la plupart des tueurs confirmés, qui viennent « balancer » leurs anciens Associés, pour éviter une longue peine de prison. La moindre défaillance peut aboutir à des acquittements en règle et cela s’est déjà vu à plusieurs reprises cette année, notamment avec le procès du Capitaine de la famille Bonanno, Vincent Asaro. Mais au final, cette affaire, qui fut à la base très médiatisée risque de se terminer dans une ambiance très particulière. Très rapidement, les agents fédéraux en charge de la surveillance de John Rubeo furent relevés de leur fonction. Le motif ?, les deux agent du FBI ont largement transgressé certaines règles, comme la fuite d’informations confidentielles à des spécialistes du crime organisé aux Etats-Unis. Alors que Pasquale Parrello, le Capitaine de la famille Genovese, accepta une offre de plaidoyer et sera condamné par la suite à près de sept années derrière les barreaux, Joseph Merlino et Eugene Onofrio ont décidé de tenter leur chance dans un procès, qui devrait début débuter en Janvier prochain. Cette affaire

John Rubeo
John Rubeo

repose en grande partie grâce aux enregistrements et au futur témoignage de John Rubeo et si ce dernier devient défaillant, alors les deux mafieux accusés ont de forte chance de se faire acquitter et les avocats de la défense en sont bien conscients. L’un des agents du FBI, en charge de la surveillance de John Rubeo a été dédouané. Le deuxième quant-à lui, a été suspendu, de mauvaise augure pour les procureurs fédéraux, qui espéraient compter sur l’affaire East Coast pour redorer leur blason. Les avocats de la défense essayent actuellement de cerner le plus possible la personnalité de John Rubeo pour essayer de le discréditer le plus possible. D’après ces derniers, l’Associé de la famille Genovese, aurait utilisé, tout au long de sa coopération avec le FBI, divers tranquillisants, comme le Xanax ou encore le OxyContin, des anxiolytiques qui peuvent rapidement altérés l’état général d’un individu et former certaines incohérences dans ces propos. La question que se pose actuellement la défense, est comment John Rubeo a t’il pu se procurer ces médicaments. Avec l’ordonnance d’un médecin, ? ou de manière illégale ?, John Rubeo étant connu pour ses nombreux trafics en tout genre. Deuxième problème, l’Associé de la famille Genovese est actuellement incarcéré pour sa sécurité et les avocats de la défense ont demandé d’avoir un double des enregistrements et des e-mails envoyés par John Rubeo pendant sa détention à ses proches, surtout pendant la période ou une enquête interne avait été lancée par le FBI contre les agents en charge de sa surveillance. Une partie de ses données aurait été effacées par les procureurs fédéraux, jugeant qu’ils n’avaient pas l’obligation, selon la loi en vigueur, de donner ce genre d’informations aux avocats de la défense. Mais le juge fédéral voit ce problème sous un autre angle et ordonna aux procureurs fédéraux de donner l’ensemble des pièces voulues aux avocats de la défense, pour éviter selon lui, que les jurés ne puissent pas se décider lors du verdict final.

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