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DEVENIR AFFRANCHI OU POLICIER : VIVRE DANS UN QUARTIER GANGRENÉ PAR LA COSA NOSTRA

24 Février 2017 , Rédigé par Xav Publié dans #Lucchese, #Genovese, #Gambino, #Divers

Anthony AccetturoBob Buccino a un parcours assez atypique. Né dans l’État du New-Jersey, d’origine Italienne, habitant dans un quartier gangréné par la Cosa Nostra et ayant fait partie à son adolescence d'un gang de rue, Bob Buccino était prédestiné à devenir un membre intronisé de la mafia, comme la plupart de ses anciens amis, qui eux le deviendront par la suite. Mais Bob Buccino, avec l’aide de sa femme, fit des études, et après être sorti de la fac, passa le concours de policier, qu’il réussit brillamment. Désormais à la retraite, c’est avec un brun de nostalgie, qu’il raconte encore son adolescence au début des années 1950, dans le Nord du New-Jersey. Comme déclara Henri Hill dans le film de Martin Scorsese, Les Affranchis : « C’était une époque bénie ». En effet, au début des années 1950, le quartier ou résidait Bob Buccino pullulé d’Affranchis, la Cosa Nostra était partout, elle faisait partie de l’atmosphère. Ce dernier raconta qu’il faisait parti d’un petit gang d’adolescents, qui espéraient tous devenir obtenir le Saint Graal, être un membre à part entière de la Cosa Nostra. Bob Buccino aidait les mafieux dans les paris, en les collectant bien sûr, mais aussi en récupérant l’argent des mauvais payeurs : « Je connaissais la Cosa Nostra bien avant le FBI. A cette époque, on pouvait parier sur tout et n’importe quoi et surtout n’importe ou. Du magasin de bonbons au coin de la rue, au restaurant du quartier » déclara t’il. Bob Buccino avoue avoir été « fasciné » par cette vie. Un peu comme Henry Hill, il voyait les gangsters avec leurs bijoux et leur Cadillac, avec les poches remplies de billets, à cette époque, ils contrôlaient tout. En particulier, Anthony « Little Pussy » Russo, l’un des plus grands usuriers du comté d’Essex, Capitaine dans la famille Genovese, qui se pavanait dans les rues avec sa Cadillac rose fluo. Bob Buccino admirait leur faculté, à « toujours avoir raison » et que personne n’osait les contredire. Ce dernier adorait le respect que pouvait dégager ces individus. Mais Bob Buccino parti vers une autre voie, et devint très rapidement, de par son expérience de la rue, un détective chargé de la surveillance des membres du crime organisé. Adolescent, il fit les quatre cent coups avec ses amis, maintenant, il allait les surveiller et si possible, les mettre derrière les barreaux. Dans le New-Jersey, outre la famille DeCavalcante, les familles Lucchese, Gambino et Genovese y sont très bien implantées. Le premier nom qui arriva sur sa short-lest, fut celui d’Anthony « Tumac » Accetturo (voir photo), un important Capitaine de la famille Lucchese, qui dirigeait ses affaires depuis le Nord du New-Jersey, mais aussi depuis l’État de la Floride. Anthony Acceturo était le frère d’un des meilleurs amis de Bob Buccino. Au début des années 1980, grâce notamment à l’un de ses informateurs, il fit condamner Anthony Acceturo à une peine de trente années de prison pour racket (Anthony Acceturo décidera par la suite de coopérer avec les autorités. Les relations qu’il entretenait avec la hiérarchie de la famille, notamment avec Vic Amuso et Anthony Casso devenait de plus en plus compliquées. Ces derniers avaient lancé un contrat contre le Capitaine de la famille Lucchese, sur son fils et même sur sa propre femme). Ce sont pendant ces arrestations, que Bob Buccino vit le côté fourbe de ces gangsters, qui simulaient la plupart des pertes de mémoire chronique, pour ne pas parler aux enquêteurs. Parmi les autres mafieux, que Bob Buccino côtoya pendant sa carrière, il cita plusieurs noms, comme Louis « Bobby » Mana, de la famille Genovese, qui fut l’un des investigateurs dans la tentative d’assassinat contre John Gotti. Robert « Bobby Cabert » Bisaccia, un Capitaine de la famille Gambino, impitoyable, dont Joe Pesci s’inspira pour jouer son personnage dans le film Les Affranchis (La scène avec Ray Liotta dans le bar). Mais aussi Tino Fimurara, un Capitaine très apprécié de la famille Genovese, et les frères Taccetta de la famille Lucchese entre autre. Ces derniers avaient la particularité d’habiter le même quartier que Bob Buccino. Michael Tacheta d’ailleurs, était dans la même classe que sa sœur, ce qui ne l’empêcha pas de réunir des preuves pour les faire incarcérer une bonne partie de leur vie derrière les barreaux : « Je n’aimais pas ce qu’ils représentaient. Mais ils m’ont toujours dit, que si j’arrivais à les arrêter, qu’il n’y aurait aucun problème avec moi. C’était un peu comme un match. J’étais le bon type et eux les truands, et mon rôle était de les attraper » déclara t’il. Alors même si Bob Buccino aurait pu dès son adolescence suivre une autre voie, il est heureux d’avoir participé à la chute de la Cosa Nostra. Pour ce dernier, cette organisation criminelle a toujours été un lourd fardeau à porter pour les individus d’origine Italienne : « Les immigrants Italiens ont construit notre pays, par leur main, avec leur cerveau et avec leur détermination » déclara t’il. Pour lui les préjugés contre les Italo-Américains sont encore très tenaces : « Encore aujourd’hui, il suffit qu’un ouvrier Italien, qui gagne durement sa vie, arrive à de mettre de l'argent de côté pour pouvoir s’acheter un camion pour travailler, on va tout de suite le cataloguer comme un gangster ».

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