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LA LUTTE CONTRE LA COSA NOSTRA PASSE PAR UNE NOUVELLE STRATÉGIE

13 Décembre 2015 , Rédigé par Xav Publié dans #Divers

LA LUTTE CONTRE LA COSA NOSTRA PASSE PAR UNE NOUVELLE STRATÉGIE

Les derniers procès contre des membres de la Cosa Nostra ont pour la plupart du temps mené à des acquittements. L’arme ultime des procureurs fédéraux, qui consistaient, à faire appel à plusieurs anciens membres d’une famille mafieuse, pour venir témoigner à la barre des témoins, ont démontré que les jurés actuels ne portaient plus tellement de crédibilité à leurs propos. La question à une époque ne se posait tellement pas. Les « rats » comme ils étaient surnommées dans le jargon criminel, n’étaient pas encore une chose fréquente et leurs témoignages lors d’un procès contre un membre de la mafia, avaient un impact assez important. De nos jours, le nombre de repentis a considérablement augmenté. Le gouvernement fédéral qui offre au nouveau collaborateur, la possibilité de se « racheter », leur offrant même un « salaire » et la possibilité au mafieux, de changer d’identité avec sa famille dans un autre État, ont poussé la plupart à rompre un serment d’allégeance à une organisation criminelle qui a complètement changé de visage. Dernièrement, le procès du Capitaine de la famille Bonanno, Vincent Asaro, a démontré une chose, les procureurs fédéraux doivent changer de tactique pour lutter efficacement contre la Cosa Nostra. Le procès aura duré près de trois semaines, et il n’aura fallu que deux jours de délibération seulement, pour convaincre le jury, que les témoignages des anciens membres de la mafia n'avaient pas été jugés crédibles : « Je ne peux pas y croire » avait déclaré Vincent Asaro qui se voyait déjà condamné et qui profita de sa sortie en homme libre, pour poser devant les caméras et ainsi nargué la justice Américaine qui voulait le voir terminer sa vie derrière les barreaux. Malgré l’avalanche de collaborateurs qui avait déferlé à la barre des témoins, pour convaincre un juré de la culpabilité de Vincent Asaro et malgré le fait que les procureurs fédéraux avaient dévoilé de nombreuses photos d’époque, montrant un Capitaine de la famille Bonanno en train de parler avec d’autres gangsters, cela n’a pas suffit pour faire changer la tendance, convaincre les jurés, que Vincent Asaro était coupable de tous les crimes dont il était accusé. En trois ans, la justice Américaine a enchainé beaucoup de revers envers les membres de la Cosa Nostra. Cela a commence en Décembre 2012 par l’acquittement du Consiglere de la famille Colombo, Thomas « Tom Mix » Farese et du Capitaine de la famille Genovese, Anthony Romanello. Le premier qui opérait depuis l’État de Floride, avait été accusé de blanchiment d’argent. Le témoin clé lors de son procès, un ancien Capitaine, Reynold Maragni, avait été sévèrement discrédité par la défense, quand elle prouva que ce membre de la Cosa Nostra, profitait de son statut de témoin du gouvernement pour continuer à enfreindre la loi. Quant-à Anthony Romanello il a eu plus de chance, le témoin qui devait témoigner contre lui décéda d’une crise cardiaque. Un an plus tard, en Janvier 2014, à Philadelphie, les procureurs fédéraux subissaient un énorme revers quand un jury fédéral décida d’acquitter le Consigliere de la famille de Philadelphie, George « Georgie Boy » Borgesi (voir photo) et l’Acting Boss en titre, Joseph « Uncle Joe » Ligambi des accusations de racket. Ce procès aura duré plusieurs mois, et malgré le témoignage d’un ancien Capitaine, ancien bras droit de George Borgesi qui était devenu le témoin clé de ce procès, Louis Monacello, n’aura été suffisant pour convaincre le juré de la culpabilité des deux accusés. Le jury à cette époque, n’avait déjà pas été convaincu par le témoignage d’anciens criminels, qui avaient décidé de collaborer avec la justice Américaine, juste pour le fait d’éviter une longue peine de prison. La crédibilité des témoins du gouvernement avaient été sévèrement remis en cause par l’équipe de la défense tout au long du procès. D’après un célèbre avocat de la défense de Philadelphie, les personnes et donc les futurs jurés, sont habitués désormais à voir des attaques terroristes, des meurtres de masse orchestrés par des groupes terroristes : « Sur l’échelle des choses horrible » déclara t’il, « un meurtre mafieux ou une accusation de racket » concernant des membres de la Cosa Nostra , ne sont plus dans l’esprit des jurés, des choses « dangereuses ». Les jurés actuels sont sans doute « fatigués » de voir le même scénario se reproduire à chaque procès. Ils ont du mal désormais à croire un ancien mafieux, qui touche désormais un salaire tous les mois par le gouvernement fédéral, une sorte de « régime de retraite » d'après les avocats de la défense, pour selon eux, récompenser une vie passée dans le crime organisé, et se remémorer pendant un procès, des crimes datant de plus de trente ans. A une époque, lors des procès contre des membres de la Cosa Nostra, les procureurs fédéraux, faisaient appel à des témoins, dévoilaient des enregistrements compromettants sur les accusés, faisaient la correspondance avec les armes retrouvées, liant ainsi les accusés aux différents meurtres. Au procès de Vincent Asaro, rien de tout ça ne fut dévoilé et en motif pourquoi ?. Selon certains spécialistes, il est évident qu’aujourd’hui, que pratiquement tous les moyens de la justice Américaine sont concentrés dans la lutte contre terrorisme international et partir en « croisade » pour faire condamner des membres de la Cosa Nostra n’est plus aussi évident. Lors du procès de Vincent Asaro, pendant le réquisitoire final de l’équipe de la défense, ces derniers ont simplement demandé aux jurés, s’ils avaient vu pendant le procès des vidéos ou des photos, ou avaient entendu des enregistrements incriminant explicitement Vincent Asaro dans les charges dont il fut accusé, la réponse fut visiblement « non »

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