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LE PROCÈS DE VINCENT ASARO A ENFIN DEBUTÉ A NEW-YORK

22 Octobre 2015 , Rédigé par Xav Publié dans #Bonanno

LE PROCÈS DE VINCENT ASARO A ENFIN DEBUTÉ A NEW-YORK

Après plusieurs mois d’attente, le procès du Capitaine de la famille Bonanno, Vincent Asaro (voir photo à droite), a enfin commencé dans une cour fédérale de New-York bondée pour l'occasion. Alors que le témoin principal des procureurs fédéraux, le propre cousin de Vincent Asaro, Gaspare Valenti (voir photo à gauche) devrait témoigner dans les prochains jours, son fils, un Soldat identifié selon le FBI de la famille Bonanno, Anthony « Fat Sammy » Valenti, s’est présenté à la grande surprise au tribunal, non pas pour soutenir son père, mais bien le Capitaine de la famille Bonanno : « Je suis ici pour Vinny (Vincent Asaro) » prononça t’il. Et quand le journaliste lui demanda ce qu’il pense de son père, devenu collaborateur de la justice : « Je me moque de lui ». Cette technique employée par les avocats de la défense, veut surement permettre à Gaspare Valenti d’être déstabilisé dans son témoignage, en voyant son fils le recarder fixement dans les yeux et ressemble étrangement à une scène mythique du film de Francis Ford Copolla, Le Parrain 2. Dans ce film, Michael Corleone, interprété par Al Pacino, voit l’un de ses Capitaines, dénommé Frank Pentangeli décidé à témoigner lors d’une commission du Sénat contre le crime organisé. Pour l’en empêcher, Michael Corléone, fait venir alors de Sicile, son frère Vincenzo Pentangeli. Lors de l’audience, un regard silencieux entre les deux frères, décida finalement Frank Pentangeli de se rétracter. Cette venue pour un membre de la Cosa Nostra dans un tribunal fédéral aura-t-il la même répercussion ? Cela reste à voir. En attendant, la procureure fédérale Lindsay Gerdes, ne se laissa pas intimider par ce stratagème manigancer par les avocats de la défense, et a commencé d’ambler, lors de sa première plaidoirie, à attaquer rigoureusement Vincent Asaro. Pour Lindsay Gerdes : « Vincent Asaro a empoché personnellement près de cinq cent mille dollars » pour le casse dit de la Lufthansa : « Il (Vincent Asaro) savait que James Burke était quelqu’un qui se faisait beaucoup d’argent. James Burke et Vincent Asaro étaient des vrais partenaires dans le crime organisé » déclara t’elle. Intronisé dans la famille Bonanno depuis les années 1970, Vincent Asaro à très vite eu des responsabilités au sein de la pègre, jusqu'à gérer l’aéroport de JFK à New-York. Toujours selon la procureure fédérale, Vincent Asaro a tout « simplement » suivi le destin de son père et grand-père, eux aussi des membres intronisés de la Mafia : « Pour lui, la Cosa Nostra est une entreprise familiale et il la vit jusqu’au fond de ses tripes » déclara de nouveau Lindsay Gerdes. D’après les documents judiciaires exposés lors de ce premier jour de procès, Vincent Asaro accompagné de James Burke et son équipe, avait effectué de nombreux repérages plusieurs semaines avant le fameux casse, pour obtenir la meilleure configuration possible pour leur plan d’attaque. De plus, ce laps de temps permit à James Burke de rechercher le matériel nécessaire au braquage, comme les outils, les masques de ski et bien sûr les armes à feux. Gaspare Valenti qui va venir témoigner contre son cousin, faisait parti de l’équipe de braqueurs, mais égoïstement, Vincent Asaro avait récupéré une grande partie de sa part qui devait lui revenir, une rancœur qui décida par la suite Gaspare Valeti de commettre l’irréparable, collaborer avec la justice Américaine, et enregistra des centaines d’heures de conversation entre lui et son cousin, qui seront diffusés pendant ce procès. Vêtu d’un pull gris, Vincent Asaro mâchait un chewing-gum et ressemblait plus à vieil homme grincheux, qu’un gangster. Au vu de son âge avancé et pour faciliter son confort lors de ce procès qui va durer plusieurs jours, Vincent Asaro a eu le « privilège » de faire le trajet seul avec quelques gardes, dans un véhicule de police du Métropolitan Center, lieu ou il est incarcéré actuellement, au tribunal fédéral, alors que normalement, la procédure veut qu'il aurait fasse le déplacement avec d’autres prisonniers. Cet « avantage », va pouvoir permettre à Vincent Asaro de pouvoir se reposer entre les séances et de rester en forme. Le butin de la Lufthansa était plus important que prévu, près de six millions de dollars en liquide et en bijoux, de quoi faire des heureux auprès des autres gangsters de New-York. Par exemple, Joseph Massino, qui à cette époque était une étoile montante de la famille Bonanno et Capitaine de Vincent Asaro, reçu pas loin de 100 000 dollars. Joseph Massino régissa de la même façon que son Soldat, en gardant la totalité de l’argent et en ne reversant même pas un seul dollar à son beau-frère, Salvatore Vitale dont il a toujours été proche et qui deviendra par la suite son Underboss. Good Looking Sal comme il était surnommé par le passé, fait aussi reparler de lui dans le procès de Vincent Asaro. En effet après avoir décidé de collaborer avec la justice au début des années 2000, il est devenu l’un des témoins les plus importants de la justice Américaine, une encyclopédie vivante, qui connait la Cosa Nostra et son fonctionnement dans les moindre recoins et son témoignage va servir aux procureurs fédéraux pour essayer de faire condamner Vincent Asaro. Pour l'un des avocats de la défense, Diane Ferrone, les témoins qui vont venir à la barre ne sont que des « assassins et des menteurs » : « Quand on ment une fois, on continue à mentir pour pouvoir s'en sortir » déclara t’elle. Diane Ferrone a aussi fustigé Gaspare Valenti, déclarant que c'était un « escrocs » qui avait été « payé » par le gouvernement pour enregistrer son propre cousin.

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