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UN ANCIEN CAPITAINE DE LA FAMILLE BONANNO CONDAMNE A HUIT ANS DE PRISON POUR SIX MEURTRES

28 Avril 2014 , Rédigé par Xav + A.S Publié dans #Bonanno

UN ANCIEN CAPITAINE DE LA FAMILLE BONANNO CONDAMNE A HUIT ANS DE PRISON POUR SIX MEURTRES

En 2003, Frank Lino (voir photo), un Capitaine réputé de la famille Bonanno, se trouvait dans un sacré dilemme. Que faire ? Collaborer avec la justice Américaine et rompre son serment d’allégeance à la Cosa Nostra, prononcé le jour de son quarantième anniversaire, le 30 Octobre 1977? ou se préparer à terminer le reste de sa vie derrière les barreaux. Un choix des plus difficiles, car la famille de Frank Lino à un long passé avec la Cosa Nostra. Robert Lino Sr, son père, a eu son mariage organisé par Vito Genovese en personne. Son fils, Joseph est un Soldat dans la famille Bonanno. Ses cousins, Eddie et Robert, ainsi que son Oncle Bobby ont tous été des membres initiés de la Cosa Nostra. Le premier était un soldat réputé de la famille Gambino qui fut assassiné en Novembre 1990. Le deuxième, Robert, fut pendant longtemps un Capitaine des Bonanno, avant sa condamnation à 27 ans de prison, une peine qu’il accepta sans broncher. Le dernier, son oncle Bobby, était lui aussi un membre de la famille Bonanno et sur son lit de mort, il demanda à ce que son fils, Bobby Jr soit intronisé dans la Cosa Nostra, une dernière faveur avant de mourir. Près de 40 ans de carrière dans une organisation criminelle qui s’écroula tout simplement en quelques mois. Cette année là, en 2003, la famille Bonanno était au bord de l’implosion, plusieurs de ses membres, dont Salvatore Vitale (voir photo), l’Underboss en titre, décidèrent de collaborer. La famille était tellement au bord du gouffre, que les rares membres qui étaient encore en liberté, dont Anthony « Tony Green » Urso qui venait d'être nommé Acting Boss, avaient pour idée de faire comme Cosa Nostra en Sicile, s’en prendre aux familles des membres qui avaient décidé de « tourner leur veste ». Avec la défection de Salvatore Vitale, Frank Lino savait très bien qu’il allait terminer sa vie derrière les barreaux. L’ancien Underboss, gérait tous les « contrats » ordonné par Joseph Massino (voir photo), Parrain de la famille à cette époque (Cf : Joseph Massino – The Last Don) et il faut dire que Frank Lino en avait participé à plusieurs. Le plus célèbre d’entre eux, restera celui de Dominick « Sonny Black » Napolitano, connu pour avoir « travaillé » sans le vouloir, avec l’agent du FBI, Joseph D. Pistonne (Cf : Joseph Pistonne Aka Donnie Brasco). Quand le FBI révéla son identité, les jours de Dominick Napolitano étaient comptés et Frank Lino devait participer à ce contrat. Son travail, consistait à aller chercher « Sonny Black » pour l’emmener « officiellement » à une réunion qui devait se dérouler dans la maison d’un Associé de la famille Bonanno à Staten Island, Ron Filocomo. C’est Frank Lino qui poussa Dominick Napolitano dans les escaliers menant à la cave, avant que ce dernier ne soit exécuté. C’est le même Frank Lino qui se sauva par peur de se faire tuer, le jour de l’exécution des trois capitaines rebelles de la famille Bonanno (Alphonse Indelicato, Dominick Trinchera et Philip Giaconne) le 05 Mai 1981. C’est toujours ce dernier qui aida dans la préparation du meurtre de Louis Tuzzio un Associé réputé des Bonanno. Au total, la justice Américaine accusa Frank Lino d’avoir participé de près ou de loin à pas loin de six meurtres et son témoignage permit de mieux comprendre l’organisation pyramidale de la famille Bonanno qui encore à cette époque était un des familles les plus puissantes de New-York à côté la famille Genovese. Sans scrupule et sans aucun état d’âme, il dénonça les activités criminelles de son propre fils, Joseph et de plusieurs de ses cousins, sans compter les nombreux membres de la famille Bonanno. Il décrivit son fils comme étant un « usurier », qui aurait participé au meurtre de Dominick Napolitano. Il déclara que la compagnie que détenait son fils « Streetsmart Transportation » était lié très fortement à la famille Bonanno, qui se servait de cette société et de son syndicat pour jouer sur des appels d’offres. Il affirma par ailleurs, que son fils était un « joueur dégénéré, qui perdait énormément d’argent ». Malgré les attaques verbales des différents avocats des membres de la famille Bonanno durant les plusieurs procès fédéraux, accusant Frank Lino d’être un « drogué, un buveur et un tueur en série », son témoignage permit de faire condamner plusieurs membres de la famille Bonanno. Petite anecdote intéressante, lors d’une des premières présentations de Frank Lino lors d’un procès fédéral en 2003, la famille Bonanno avait demandé à son frère de venir assister au procès, histoire de le déstabiliser. Cette façon de procéder, rappel une scène de « The Godfather Part 2 », ou Michael Corleone, fait venir le frère de Frank Pentangeli, un très vieil ami de la famille Corleone, lors d’une audition de ce dernier devant une commission du Sénat. Il fallu attendre plus de dix ans après son arrestation, pour que Frank Lino ne reçoit enfin son verdict. L’ancien mafieux qui est aujourd’hui âgé de 76 ans, a été condamné à 8 ans de prison pour sa participation dans près de six meurtres. Emprisonné depuis 2003, il est sorti en homme libre du tribunal : « Il a trouvé Dieu, et grâce à Dieu, il va devenir un bon grand-père » déclara son avocat Barry Rhodes. Frank Lino présenta ses excuses aux familles des victimes dont aucune n’étaient présentes, serra la main du juge fédéral Nicholas Garaufis et quitta la salle d’audience.

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